Rythmes scolaires : il faut revoir la copie

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Je tenais à vous partager aujourd’hui 2 articles traitant de la réforme des rythmes scolaires, un de Marine Roussillon, responsable de la Commission éducation du PCF, et une interview de Sébastien Sihr, du SNUipp-FSU, publiée dans l’Huma. Si elle part d’une intention louable, que nous ne pouvons que soutenir, à savoir la réduction des inégalités entre les élèves, reste que la méthode doit être revue. Bonne lecture !

« La réforme des rythmes scolaires suscite des craintes légitimes. La mise en oeuvre à la va-vite imposée dans certaines communes est lourde de risques : accroissement des inégalités territoriales, dégradation des conditions de travail des enseignants, désorganisation de la journée des élèves…

Mais lorsque la droite s’en indigne, la ficelle est un peu grosse. Il y a lieu quand même de rappeler que c’est le gouvernement de Sarkozy qui a d’une part supprimé des dizaines de milliers de postes d’enseignants et retiré aux élèves 2 heures de classe par semaine. Ce même gouvernement s’est attaqué durant 5 ans aux collectivités locales par la baisse des dotations d’Etat et une réforme de la fiscalité qui prive les territoires de ressources nouvelles.

Pour que la réforme des rythmes soit au service d’une réduction réelle des inégalités, le temps de la concertation entre municipalités, enseignants et parents d’élèves est nécessaire y compris dans les communes ou la réforme est mise en oeuvre lors de cette rentrée. L’Etat doit jouer pleinement son rôle. Il ne faut donc pas moins d’école mais plus et mieux d’école en s’attaquant à la difficulté scolaire. Il faut l’égalité territoriale et l’Etat doit donc donner les moyens à chaque commune de mettre en oeuvre un accueil periscolaire de qualité et aller vers un service public de l’animation.

En matière d’animation, monsieur Copé a l’air de s’y entendre. Mais ce n’est effectivement pas avec un numéro de claquettes qu’on relèvera le défi de la difficulté scolaire.

Marine Roussillon, Responsable de la commission Education au PCF »

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« Mis en place dans seulement 20 % des communes, les nouveaux rythmes scolaires peinent à convaincre. Sébastien Sihr, du SNUipp-FSU, propose des améliorations concrètes. Premier syndicat du primaire, le Snuipp-FSU a lancé une pétition pour « réécrire » le décret sur les rythmes scolaires. Sébastien Sihr, son secrétaire général, s’en explique.

Pourquoi cette pétition ?

Sébastien Sihr. Parce que la réforme ne répond pas à plusieurs objectifs essentiels : l’égalité de l’offre périscolaire, aujourd’hui fortement malmenée ; l’adhésion des parents et des enseignants, visiblement absente ; la possibilité de s’adapter aux réalités locales, encore insuffisante. Résultat : seulement 20 % des communes ont choisi de se lancer dès 2013. C’est très peu. Les premières semaines d’application montrent aussi des difficultés réelles. Il faut donc se remettre autour de la table.

Des ajustements seront-ils suffisants ou la question d’une suspension de la réforme se pose-t-elle ?

Sébastien Sihr. Non, ce n’est pas d’actualité. Il faut penser aux parents qui se sont organisés pour ce passage à quatre jours et demi d’école. On ne peut pas leur dire maintenant qu’on arrête tout. Idem pour les communes qui ont embauché des animateurs pour l’année.

Alors comment l’améliorer ?

Sébastien Sihr. Il y a trois axes forts. D’abord, l’adhésion. Nous plaidons pour que l’avis du conseil d’école soit obligatoirement pris en compte. Cela permettra de trouver un consensus entre élus, parents et enseignants sur les horaires d’ouverture, la durée de la pause du midi ou le contenu des activités périscolaires. Deuxième point, les possibilités de dérogation. Les neuf demi-journées d’école nous semblent plus être une charge qu’une opportunité d’avancer. Pourquoi ne pas développer des modèles qui fonctionnent, comme à Poitiers ou à Toulouse, où on a libéré un mercredi matin sur trois ? Les enseignants y utilisent ce temps pour travailler en équipe et cela permet de ne pas trop surcharger les communes avec le périscolaire. Autre possibilité : concentrer ces activités sur une après-midi par semaine, ce qui évite un morcellement préjudiciable à leur qualité. Troisième point : l’égalité. Elle n’était guère assurée avant la réforme, elle l’est encore moins après. Surtout parce qu’on ne sait pas si les fonds censés accompagner la réforme seront pérennisés après 2014. Le gouvernement doit clarifier sa position.

Comment expliquez-vous qu’une réforme que tout le monde réclamait suscite autant d’insatisfactions ?

Sébastien Sihr. Le problème, c’est qu’elle repose sur la seule capacité des collectivités locales à la financer. Or le contexte budgétaire est très compliqué. Autre souci : on a présenté ces nouveaux rythmes comme la recette miracle pour améliorer les résultats de l’école, reléguant la pédagogie au second plan. Pas étonnant dès lors qu’elle suscite impatiences et crispations.

La situation semble très compliquée en maternelle…

Sébastien Sihr. C’est vrai. La maternelle a souvent été pensée de concert avec l’élémentaire. Or les besoins des enfants de quatre ans diffèrent de ceux de onze ans. Résultat : des organisations souvent très décevantes en maternelle, avec des enfants qui passent parfois autant de temps dans la classe qu’avant et une multiplication des intervenants, ce qui amène de la confusion pour eux. C’est une donnée à modifier.

Jean-François Copé ou Nathalie Kosciusko-Morizet sont montés au créneau sur le sujet. Comment l’accueillez-vous ?

Sébastien Sihr. Personne n’est dupe de ces calculs politiciens que je trouve assez irresponsables. L’école ne doit pas être instrumentalisée, même à l’approche d’élections municipales. »

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