Bezons, infatigablement pour Gaza

La vie et les idées vont ainsi…La vie, à chacun la sienne, forge nos idées, nos convictions. Elle façonne et établi nos valeurs. Alors ainsi on est  d’un camp ou de l’autre. A Bezons, mairie communiste séculaire, on s’est affiché contre la guerre d’Algérie, pour la liberté des peuples, contre la guerre du Vietnam, contre l’apartheid. Et depuis 47 ans, parce que ce génocide dure depuis 47 ans, communistes et progressistes y ont pris infatigablement faits et causes pour la Palestine.

 

Gaza, immense prison à ciel ouvert,  est, en cet été 2014 centenaire d’une autre guerre, sous la grêle de bombes des maléfiques militaires et politicards israéliens. Chaque jour, par dizaine, des femmes, des hommes des enfants sont broyés, déchiquetés. Les chiffres de cet infâme massacre  s’égrènent comme les minutes d’une horloge macabre. Et si à Bezons, dès le 17 juillet, à  mon appel , et à ceux de mon ami Raymond Ayivi , en charge de la Paix et de la solidarité, de la municipalité, de l’association WestBani Zaïd et du PCF, la solidarité aux Palestiniens s’est exprimée par un rassemblement, de l’Élysée à Matignon en passant par le quai d’Orsay,  on se fondit dans un alignement préalable à la droite israélienne, à l’interdiction de manifestations de solidarité avec le peuple palestinien, sans compter l’assimilation de cette solidarité à de l’antisémitisme. Notre gouvernement cautionnant ainsi le discours du gouvernement hébreu qui consiste à justifier les injustices et les crimes qu’il perpètre sur Gaza. Car à Gaza, c’est bien encore de crimes dont il s’agit ! D’une abominable  injustice  faite aux palestiniens, par le déni de leur droit à vivre librement dans un État libre et indépendant, aux frontières sûres et reconnues, aux côtés d’une autre nation similaire : Israël ! Mais la SFIO, l’ancêtre du  Parti socialiste d’aujourd’hui,  n’avait-elle pas déjà  perdu son âme dans la guerre d’Algérie. Décidément oui, l’histoire bégaie !

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A Paris, comme dans de très nombreuses villes de France, les manifestations en solidarité au peuple palestinien et pour la paix au Proche-Orient se sont multipliées,

Et ce énième épisode guerrier et criminel  provoqué par l’entêtement du pouvoir israélien à ne pas reconnaître l’État palestinien en est une accablante et violente preuve. Depuis, de Liège (1er août 2014) où il commémore le centenaire d’une autre boucherie,  notre Président tente de modérer cet alignement néoconservateur par des communiqués invitant à l’apaisement, à la retenue de la force israélienne et au soulagement des souffrances palestiniennes. Dommage que cela ressemble trop à de la fausse compassion. D’autant que, comme dans la plupart des médias, il n’est rien dit, voir mieux, dénoncer, sur l’origine de cette situation. Car Israël et Palestine ne sont pas ici, et une fois encore à égalité. Non seulement en rapport de force militaire mais selon le droit international. En violation de résolutions des Nations unies, Israël maintient en effet depuis 1967 une situation d’occupation, de domination et de colonisation de territoires conquis lors de la guerre des Six Jours, et jamais rendus à la souveraineté pleine et entière d’un État palestinien en devenir. C’est cette situation d’injustice prolongée qui provoque en retour des refus, résistances et révoltes, et ceci d’autant plus que le pouvoir palestinien issu du Fatah en Cisjordanie n’a pas réussi à faire plier l’intransigeance israélienne, laquelle, du coup, légitime les actions guerrières de son rival, le Hamas. Historiquement, la différence entre progressistes et conservateurs, c’est que les premiers cherchent à réduire l’injustice qui est à l’origine d’un désordre tandis que les seconds sont résolus à l’injustice pour faire cesser le désordre. Notre gouvernement a spontanément choisi le second camp.

Depuis le début des bombardements israéliens sur Gaza,  1 814 Palestiniens ont été tués dont 408 enfants et 9 500 blessées. Côtés israéliens, 64 soldats ont péri ainsi que 3 civils

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Ne pas confondre antisionisme et antisémitisme

Et même si la cause palestinienne compte dans ses rangs quelques égarés antisémites, tout comme la cause israélienne a ses extrémistes, professant un racisme anti-arabe ou anti musulman, assimiler l’ensemble des manifestations de solidarité avec la Palestine à une résurgence de l’antisémitisme, c’est se faire le relais de la propagande d’État israélienne.  Au gouvernement, tout comme sous la plume acide certains journalistes, on semble confondre antisionisme et antisémitisme.
D’ailleurs, comme l’écrit  Edwy PLENEL dans un long article publié sur le site Médiapart : « Confondre antisionisme et antisémitisme, c’est installer un interdit politique au service d’une oppression. C’est instrumentaliser le génocide dont l’Europe fut coupable envers les Juifs au service de discriminations envers les Palestiniens dont, dès lors, nous devenons complices. C’est, de plus, enfermer les Juifs de France dans un soutien obligé à la politique d’un État étranger, quels que soient ses actes, selon la même logique suiviste et binaire qui obligeait les communistes de France à soutenir l’Union soviétique, leur autre patrie, quels que soient ses crimes. Alors qu’évidemment, on peut être juif et antisioniste, juif et résolument diasporique plutôt qu’aveuglément nationaliste, tout comme il y a des citoyens israéliens, hélas trop minoritaires, opposés à la colonisation et solidaires des Palestiniens. Brandir cet argument comme l’a fait votre premier ministre aux cérémonies commémoratives de la rafle du Vél’ d’Hiv’, symbole de la collaboration de l’État français au génocide commis par les nazis, est aussi indigne que ridicule. Protester contre les violations répétées du droit international par l’État d’Israël, ce serait donc préparer la voie au crime contre l’humanité ! Exiger que justice soit enfin rendue au peuple palestinien, pour qu’il puisse vivre, habiter, travailler, circuler, etc., normalement, en paix et en sécurité, ce serait en appeler de nouveau au massacre, ici même ! Que ce propos soit officiellement tenu, alors même que les seuls massacres que nous avons sous les yeux sont ceux qui frappent les civils de Gaza, montre combien cette équivalence entre antisémitisme et antisionisme est brandie pour fabriquer de l’indifférence. Pour nous rendre aveugles et sourds. « L’indifférence, la pire des attitudes », disait Stéphane Hessel dans Indignez-vous !, ce livre qui lui a valu tant de mépris des indifférents de tous bords, notamment parce qu’il y affirmait qu’aujourd’hui, sa « principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie ». Et comme j’ai pu aussi le souligner lors de notre rassemblement du 17 juillet : « Tant que l’Etat palestinien n’ira pas mieux, le monde n’ira pas mieux ». Alors, à nous tous, héritiers de Jaurès et de Hessel de persister, de signer, et de proclamer : « Nous aimons les peuples palestiniens et israéliens, la Paix et la justice ». Et tant qu’on suffoquera à Gaza, on ne pourra pas, non plus, respirer en Israël. Car à l’image de ce qu’écrivait Henri-Barbusse du fond d’une tranchée en rédigeant Le Feu en 1915 : « Dans toute guerre, il n’y a que des perdants ».

En pièce jointe, l’article rendant compte de la manifestation de soutien à Bezons: CLIQUEZ ICI : ARTICLE L’ECHO

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