A droite, Valls y va franco

Les poids lourds de l’équipe Valls 2 sont à l’image du commando libéral : Michel Sapin en zélé serviteur du pacte de responsabilité prend les Finances et, surtout, Emmanuel Macron, le financier énarque, instigateur de la rigueur et d’une baisse drastique des dépenses publique, devient ministre de l’Économie.

Après le gouvernement de « combat » et son retentissant fiasco, voici donc venu, sur la demande expresse de François Hollande, le gouvernement « de clarté ». On a beau chercher la lueur, l’horizon est désespérément sombre. La politique au nom de laquelle les ministres non convaincus par l’austérité ont été écartés a déjà produit ses effets dévastateurs pour l’économie. Résultat, l’échec est à nouveau tellement prévisible que Manuel Valls a fait chou blanc à trouver des « cautions de gauche ». Il n’y a pas de ministre Europe Écologie-les Verts. Jean-Michel Baylet, président du Parti radical, si souvent embarqué dans le train du PS, a fini par décliner. Seule Christiane Taubira s’accroche à son poste. En toute logique, donc, les poids lourds de l’équipe sont à l’image du commando libéral : Michel Sapin en zélé serviteur du pacte de responsabilité prend les Finances et, surtout, Emmanuel Macron, le financier énarque, instigateur de la rigueur et d’une baisse drastique des dépenses publique, devient ministre de l’Économie. À croire que Manuel Valls a attendu la faute de trop de ses ministres bavards pour avancer un pion de plus dans son projet de social-libéralisme à la française. « Le mot socialiste ne veut plus rien dire ! » avait-il lancé mi-juin. Ce faisant, il ne jetait pas une bouteille à la mer mais affichait la conviction que la régulation sociale du capitalisme, valeur fondatrice du PS, n’est plus d’époque. Sa « gauche » à lui est libérale. Elle est de droite. Mais il pourrait bien cette fois avoir lui-même franchi la ligne jaune. L’effet de basculement est brutal et de nature à réveiller des valeurs ensevelies sous la discipline de parti. On a vu se rassembler, ces derniers mois, des députés PS frondeurs. Hier, 26 août, un des leurs, Laurent Baumel, assurait qu’il s’agit « d’un mouvement qui commence ». Espérons qu’il construise des convictions plutôt que des ambitions. Car la gravité de la situation ouvre de réels espaces de rassemblement.

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Toute l’aile droite du PS !

Manuel Valls a présenté, hier soir, son nouveau gouvernement. La nomination, au ministère de l’Économie d’Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires, pour succéder à Arnaud Montebourg, brutalement remercié pour avoir dit tout haut ce que des dizaines de députés PS pensent tout bas, sonne comme une provocation.

Manuel Valls a confirmé, ce mardi soir, le cap austéritaire de son nouveau gouvernement, composé des hollandistes les plus fidèles et de l’aile droite du Parti socialiste. Dans la soirée, le secrétaire général de l’Élysée, Jean-Pierre Jouyet, ex-ministre de Nicolas Sarkozy, a donc annoncé les nominations significatives de Najat Vallaud-Belkacem au ministère de l’Éducation nationale et de la technocrate Fleur Pellerin à la Culture. C’est Emmanuel Macron, l’ ex-banquier d’affaires passé chez Rothschild, qui succède à Arnaud Montebourg comme ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique. Un symbole provocateur du commando austéritaire de choc que le premier ministre a souhaité mettre en place à quelques jours d’un Conseil européen crucial et de l’université d’été du PS, désormais au bord de l’implosion. Car la plupart des personnalités de gauche qui avaient contribué à la victoire de François Hollande en 2012 s’opposent désormais ouvertement aux fondamentaux des choix politiques de l’exécutif. La majorité, qui s’était déjà rétrécie en mars avec le départ des ministres écologistes, est aujourd’hui réduite à peau de chagrin. Les candidats ne se sont pas bousculés au portillon de Matignon et, en dépit de ses efforts, Manuel Valls n’est pas parvenu à débaucher des personnalités de gauche. « Mettre un financier à l’Industrie alors que notre pays a souffert de la mainmise de la finance n’est pas un bon signe », a réagi le député PS Jean-Marc Germain, quand Pierre Laurent s’inquiète que « l’exécutif s’enfonce dans une impasse dangereuse pour la France »
La nomination de l’ancien banquier d’affaires, grand serviteur des intérêts de Rotschild, Emmanuel Macron à la place d’Arnaud Montebourg au poste de ministre de l’Économie constitue un signe clair d’allégeance en direction des milieux d’affaires et des marchés financiers.

Ceux qui ont refusé : La journée avait été rythmée par les rumeurs et surtout les refus de personnalités, probablement approchées, tels Jean-Vincent Placé, Robert Hue, Jean-Michel Baylet qui ont annoncés qu’ils ne participeraient pas au gouvernement. Quant à l’ex secrétaire d’État aux Transports, Frédéric Cuvillier, il a annoncé dans un communiqué publié peu avant l’annonce officielle de la nouvelle équipe de Manuel Valls, qu’on lui a proposé de rester à son poste mais qu’il  » estime ne pas disposer de la capacité d’action et de l’autonomie nécessaire à la réussite d’une politique cohérente porteuse d’espoir pour nos territoires et nos concitoyens, confrontés à une crise profonde »

Et la confiance ? : Après avoir confirmé ce soir sur France 2 que la dissolution du précédent gouvernement était bel et bien « un acte d’autorité », Manuel Valls a indiqué qu’il solliciterait la confiance de l’Assemblée nationale « en septembre ou en octobre » et a affirmé qu’il n’avait « aucun doute » sur le fait qu’elle allait lui être accordée.

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Les 34 godillots de l’austérité

Le secrétaire général de l’Elysée, Jean-Pierre Jouyet, ancien ministre de Sarkozy, a annoncé, mardi 26 août, la composition du gouvernement Valls 2. Voici la liste complète des 34 membres de cette nouvelle équipe libérale : 

– Manuel Valls : Premier ministre

– Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international

– Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie.

– Michel Sapin, ministre des Finances et des comptes publics

– Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, qui remplace Benoit Hamon

– Christiane Taubira, ministre de la Justice.

– Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense.

– Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé. et des droits des femmes

– François Rebsamen, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.

– Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur.

– Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, ainsi que porte-parole du gouvernement.

– Emmanuel Macron, l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, qui récupère le poste de Montebourg

– Sylvia Pinel, ministre du Logement et de l’Egalité des territoires et de la ruralité

– Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique.

– Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, qui remplace Aurélie Philippetti

– George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer.

– Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.

– Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement.

– Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de la réforme de l’État et de la simplification.

– Annick Girardin, secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie.

– Harlem Désir, secrétaire d’État aux Affaires européennes.

– Thomas Thévenoud, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du Tourisme et des Français de l’étranger.

– Alain Vidalies, secrétaire d’État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche.

– Geneviève Fioraso, secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche.

– Christian Eckert, secrétaire d’État au Budget.

– Kader Arif, secrétaire d’État aux Anciens combattants et à la Mémoire.

– Laurence Rossignol, secrétaire d’État chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie.

– Ségolène Neuville, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion.

– Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes.

– Carole Delga, secrétaire d’État chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation, et de l’Économie sociale et solidaire.

– Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du Numérique.

– André Vallini, secrétaire d’État à la Réforme territoriale

– Myriam El Khomri, secrétaire d’Etat à la Ville.

– Thierry Braillard, secrétaire d’Etat chargé des Sports

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