L’austérité aussi pour le logement !

Un rapport remis au gouvernement entend apporter des propositions afin de réformer la politique du logement, jugée peu efficace au regard des résultats produits. Au lieu de chercher des pistes pour sortir le secteur de la construction de l’impasse, le rapport ne suit qu’une logique: l’austérité.

Le constat est cruel, la France manque de logements. Cela permettrait de ménager les prix des loyers et de baisser un peu la barre d’accessibilité à la propriété, tout en développant un secteur économique, favorisant la création de nombreux emplois. 500.000 logementspar an seraient à construire selon les objectifs du gouvernement, dont la moitié en logement social. Sans compter la rénovation du bâti pour réduire la consommation énergétique. Avec 266 544 mises en chantier en 2014, on est très loin des objectifs affichés, malgré un budget qui atteint 46 milliards d’euros. Face à ce triste bilan, le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale des finances (IGF) ont donc reçu pour mission de passer la politique du logement au crible et de faire des propositions, publiées vendredi 30 janvier dans les Echos. Les auteurs estiment sans surprise que les résultats « ne sont pas à la hauteur des attentes », soumettent plusieurs mesures concrètes pour les réformer.

Plus d’austérité, plus de pénurie de logements

Toutes les propositions vont dans le même sens : coupe dans les aides. Et pas en priorité les aides aux spéculateurs immobiliers, on s’attaque aux financements à destination de la classe moyenne et des plus fragiles… Le rapport préconise ainsi la fin des APL (aides personnelles au logement) pour les étudiants encore rattachés au foyer fiscal de leur parent. Une proposition qui a déjà fait bondir l’Unef, qui explique que le maintient des APL « est une condition indispensable pour le financement des études » de la majorité des étudiants. Le rapport propose aussi la suppression totale des aides à la pierre, à destination de la construction de logements sociaux neufs. Au programme également, la suppression des aides fiscales visant à soutenir les travaux de rénovation énergétiques, ou encore la fin du coup de pouce gouvernementale à l’ouverture des PEL. « Un très mauvais coup porté au pouvoir d’achat des locataires modestes » a réagit l’Union sociale pour l’habitat qui représente quelque 755 organismes HLM.

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5 000 projets de logements sont bloqués, essentiellement à l’initiative de maire UMP, suite aux changements de majorité lors des élections municipales.

Le rapport propose d’abandonner l’objectif de construction de 500.000 logements

A l’inverse, le rapport ne s’attaque pas aux plus fortunés, aux abus de défiscalisation des spéculateurs immobiliers via la loi Pinel (34.000 euros par logement), aux donations de logements pour les descendants (défiscalisées à hauteur de 100.000 euros), à l’abattement de 30 % sur les plus values immobilières… Bien entendu, le rapport s’oppose à l’encadrement des loyers. Mais surtout, rien n’est proposé pour résorber la pénurie de logement, qui serait aggravée si les ces préconisations. Conscient de cela, les auteurs du rapport proposent carrément d’abandonner l’objectif de construction de 500.000 logements. Pas bête, car sans objectif, on ne verra plus que la politique du logement est encore moins efficace qu’avant ! La ministre du Logement Sylvia Pinel s’est vite désolidarisée du rapport. C’est seulement « un document de travail ». « Il n’exprime pas la position du gouvernement mais il vient contribuer à sa réflexion. » Elle rappelle que « la priorité du gouvernement c’est la relance de la construction de logements pour répondre aux besoins des Français et le redémarrage d’un secteur essentiel de notre économie. » Malheureusement, le gouvernement n’a pas attendu le rapport pour adopter plusieurs préconisations qui y figurent, renforçant le privé dans la chaîne de production du logement, et réduisant à zéro les aides à la construction des HLM de type Plus.

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500.000 logements , dont la moitié en logement social, auraient du être mis en chantier en 2014. 266 544 seulement l’ont été !!!

Chute de la construction : du jamais vu depuis 1997 !

Moins de 300 000 logements neufs sont sortis de terre l’an passé. La courbe des mises en chantier suit la même pente que celle des investissements publics en la matière, en chute libre. Jamais les chiffres n’avaient été aussi bas depuis 1997. La France vient de vivre l’une des pires années en matière de construction, avec 266 544 mises en chantier en 2014, passant sous la barre symbolique des 300 000 constructions. Un désaveu cinglant pour le gouvernement, qui n’a cessé de claironner son « Objectifs 500 000 ». Presque trois ans après l’élection de François Hollande, il sera difficile de se cacher derrière les délais de réalisation des projets immobiliers. Les prochains mois risquent d’être aussi peu reluisants que l’année écoulée. Le nombre de permis de construire déposés a baissé de 12 % en un an. Les 5 000 projets de logements bloqués suite aux changements de majorité lors des élections municipales n’expliquent pas tout. Bercy et Matignon, véritables décideurs en la matière, ont multiplié les choix contre-productifs, pour ne pas dire coupables.

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