Réorganisation de la sécurité publique dans le Val d’Oise : le Préfet utilise (aussi) le 49-3

Mardi 23 juin, le Préfet du Val d’Oise avait convié les maires des villes concernées à une présentation de la réorganisation des services de sécurité publique du département. Sauf qu’il n’avait pas précisé dans son invitation que les élus étaient invités pour entendre et non critiquer. Et pour cela le Préfet a utilisé le 49-3, interdisant Sidikatou Geraldo, conseillère municipale de Bezons, en charge des questions de sécurité, de lire l’intervention qu’elle s’apprêtait à faire (document joint en bas de l’article). Doit-on y voir une cause à effet ? Notre département étant en effet la terre où Monsieur Valls, grand consommateur de 49-3, a accompli ses premières armes politiques.

Convoqué à 16h en préfecture…une demi plus tard, la messe était dite ! Après la présentation de la réorganisation territoriale des services de sécurité publique du Val d’Oise (RTSSPVO) par Mm Pascale Dubois, directrice départementale de la sécurité, on se demandait si elle-même pouvait croire en son objectivité et en son efficacité. Reste qu’une nouvelle fois, les pouvoirs publics ont essayé de convaincre que l’on fera mieux avec moins ! Dans le domaine de la sécurité, cette philosophie avait déjà été avancée, fin 2013, lors de la première tentative de fermeture de notre commissariat. Les pouvoirs publics avaient été alors contraints de reculer face à la forte mobilisation des Bezonnais, de leurs élus et des syndicats de policiers Alliance et SGP police FO.

FLIC SOLDEMUTUALISATION et RATIONALISATION !

Deux ans plus tard, l’Etat remet le couvert mais cette fois en tapant encore plus fort. Le nombre de circonscriptions de sécurité passant de 11 à….6 ! Conséquences directes : des fermetures de commissariat ici et là, des fermetures de postes de police ici et là et des transformations de commissariats en poste de police ici et là. Dans le vocabulaire des pouvoirs publics cela s’appelle MUTUALISATION et RATIONALISATION ! Ce qui donne donc 6 circonscription d’agglomération complétement déséquilibrées tant en terme de structures, d’effectifs et de population. Exemple : Cergy devient centre d’une circonscription de 234 476 habitants, Gonesse d’une autre de 72 932 habitants et Argenteuil d’une autre encore de 163 301 habitants. Résultat, à partir du 1er septembre 2015, le commissariat de Bezons est transformé en commissariat de secteur avec un effectif de policiers passant de 44 actuellement à…10 ! soit une réduction de 75%, des horaires d’ouverture considérablement diminués, et une fermeture les week-ends et la nuit. Auront-ils encore un véhicule pour se déplacer ? Mystère !
Dans sa réponse au courrier du maire de Bezons, Monsieur le Préfet confirme que nous ne partageons pas du tout sa définition et sa conception d’une présence policière renforcée et de proximité. Il écrit, « Cette évolution est conduite par une logique de cohérence territoriale (…) le commissariat de secteur de Bezons conservera un accueil de proximité, composé de : un dizaine de policiers de secteur, une large plage d’ouverture de 8h30 à 12h30 et de 14h à 18h, un accueil pour le dépôt de plaintes ». Avouez, qu’en matière de « large plage d’ouverture » on peut faire mieux ! ÉVOLUTION NEGATIVE lorsque notre commissariat qui recensait jusqu’à 80 policiers dans les années 2000 ne va plus en compter que 10 !

SOLDEUNE RÉVOLUTION : LE DÉPÔT DE PLAINTE EN LIGNE

Quant à L’EVOLUTION, comprenne qui pourra surtout lorsqu’un commissariat ouvert 24h sur 24 le sera désormais 3 fois moins. Lorsque les Bezonnais seront contraints de se rendre à Argenteuil après 18h et le WE ? Et lorsque ce même verra ses effectifs divisés par 8 en l’espace d’une décennie ! Enfin nous prenons note que la logique de territoire prend le pas sur la logique de sécuriser les citoyen et de faciliter aussi les dépôts de plainte. Car les Bezonnais, comme des milliers d’autres habitants du Val d’Oise devront dorénavant se rendre dans d’autres communes pour pouvoir déposer plainte (au commissariat de leur choix a précisé la directrice de DDSP). Mais s’était sans compter sur le sens du service public qui prévaut aujourd’hui au sein des pouvoirs publics…la directrice de la DDSP nous a donc rappelés qu’il existait un dispositif permettant de « gagner du temps »…le pré-dépôt en ligne par Internet. Sauf que en terme de gain de temps tout est dans l’intitulé. Et qu’après ce pré-dépôt vous serez contacter par le commissariat de votre lieu de résidence (s’il y en encore un) pour la signature et la validation de votre plainte. Pratique non ! Tellement pratique qu’en 2014, 2% des plaintes ont été ainsi enregistrées.

2013-11-05-ManuelsVallsBezons

En novembre 2013, Monsieur Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, en visite dans notre ville avait confirmé, au cours d’une réunion en préfecture le maintien de notre commissariat. « L’avenir, c’est la trahison des promesses’ » , écrit Daniel Pennac dans l’un de ses romans.

LE 30 JUIN, LES POLICIERS MANIFESTENT !
Et pour conclure, soulignons que contrairement à ce qu’a tenté de faire croire la directrice de la DDSP, Bezons n’est pas la seule ville réfractaire à cette réorganisation qui aura aussi de lourdes conséquences sur les conditions de travail des personnels. La presse s’est faite l’écho du mécontentement de nombreux maires dont ceux d’Herblay et de St Brice sous Foret, par exemple.
Cette mutualisation-rationalisation, synonyme de réduction des moyens de sécurité publique, se prend au moment même où la question de la sécurité reste une des premières préoccupations des citoyens. A qui veut-on faire croire que l’on réorganise la police pour plus d’efficacité et plus de présence avec moins d’effectifs ? En vérité, l’État déserte un peu plus les villes en réduisant ses services publics et notamment ceux de la sécurité. Mais la raison de cette nouvelle régression est peut-être ailleurs. Et comme le Préfet a refusé une élue de la République le droit de s’exprimer aussi sur ce point, nous posons notre question ici. L’objectif non avoué de cette « réorganisation » ne serait-il pas de convaincre, si ce n’est pas contraindre, les communes à se doter d’une police municipale, alors qu’elles sont financièrement étranglées par les baisses de dotations ? Le 30 juin, les policiers, à l’appel de leur syndicat SGP-FO seront sous les fenêtres du Préfet pour « s’opposer au démantèlement du service public de police de proximité et réclamer un renfort conséquent d’effectifs pour le Val d’Oise ». Car, notez-le 130 départs de policiers en 2014 n’ont pas été remplacés dans notre département. Mais tout va bien dans le meilleur des mondes pour votre sécurité. Dormez tranquille, à l’heure des soldes, l’État mutualise !

INTERVENTION PREFECTURE 23 juin 2015 2

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