Il y a 70 ans, l’enfer atomique s’abat sur Hiroshima

En ce 6 août 1945, le soleil brillait sur Hiroshima, au Japon. La seconde guerre mondiale s’essoufflait. Les armées nazies avaient déjà été anéanties. le Japon était sur le point de capituler mais les habitants de Hiroshima étaient  loin d’imaginer que l’enfer atomique allait leur tomber dessus. A jamais gravé dans la conscience et la mémoire humaine, ce 6 août 1945 ouvrait l’ère du chantage et de la terreur avec la l’utilisation pour la première fois de la bombe atomique sur des populations civiles.

Après plusieurs vols de reconnaissance par des avions B52, l’Enola Gay, le bombardier qui avait reçu la bombe atomique, survola Hiroshima et largua la bombe sur la ville à 8 h 16 min 02 s. Le pilote aux commande, un certain Paul Tibbets, qui avait donné le nom de sa mère au bombardier, décrira avoir vu le fameux champignon qui s’élevait au-dessus de la ville. Le souffle de la bombe rasa Hiroshima et fit en quelques secondes 250 000 morts. Pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité la bombe atomique était lancée contre des populations civiles.

Il est indispensable et urgent d’arrêter la prolifération de l’arme nucléaire

Hiroshima restera dans l’histoire de l’Humanité comme le plus grand crime de guerre jamais puni et l’auteur de cet acte inhumain s’appelle les Etats-Unis. Depuis, plusieurs autres nations ont acquis l’arme infernale : la Russie, la Chine, la France, l’Inde, le Pakistan, Israël, la Corée du Nord. En tout, un arsenal nucléaire capable de pulvériser en quelques secondes notre bonne vieille terre. S’il est indispensable et urgent d’arrêter la prolifération de l’arme nucléaire, il est tout aussi important que ceux qui la possèdent s’engagent devant l’Humanité à la supprimer. La France devrait donner l’exemple – notamment en revisitant le concept de dissuasion – et faire preuve d’initiative, d’audace pour que le monde soit à jamais libéré de la menace de l’hiver nucléaire. Que cette journée anniversaire puisse être utile à toutes les forces qui à travers le monde agissent en ce sens.

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Hiroshima et Nagasaki ont été le siège d’un désastre humanitaire et environnemental à nul autre pareil ; de crimes contre l’humanité pour lesquels les dirigeants nord-américains n’ont toujours pas présenté d’excuses.

Hiroshima reste un crime contre l’Humanité

Le monde entier devra se souvenir de ce 6 août où le monde bascula dans l’horreur et la peur de l’arme atomique. Tous les pacifistes devront se recueillir, en ce 6 août 2015, à 08 heures 16mn 02 secondes, en hommage aux 250 000 japonais qui ont péri en 1945 du fait de la cruauté humaine. Hiroshima est un crime contre l’Humanité, les États-Unis en sont les seuls responsables. Il reste aux États-Unis de demander officiellement pardon au Japon, en particulier, et à l’Humanité, en général, pour cet acte inqualifiable perpétré contre elle en ce 06 août 1945 et qui sera réitéré le 09 août à Nagasaki. Car 70 ans après, les effets de la bombe se font toujours sentir à Hiroshima avec la naissance d’enfants ayant des malformations de toutes sortes. Dans un monde où renaissent des tensions militaires, où la guerre économique peut dégénérer, où l’Otan intervient partout, souvent au mépris du droit international, où on observe la montée de fanatismes criminels, l’heure est à remettre sur le métier le grand chantier humaniste du 
désarmement et de la paix. Le quarantième anniversaire de la conférence d’Helsinki, aussi cette année, ne doit pas être l’occasion de son enterrement.

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Cet acte inqualifiable perpétré par les États-Unis sera réitéré 3 jours après Hiroshima sur Nagasaki. 88 000 civiles y trouveront le mort.

« On ne peut continuer à disserter à perte de vue sur la paix tout en fabriquant dans les laboratoires et les ateliers les conditions de l’apocalypse. Les pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies devraient saisir ce triste jour anniversaire pour proclamer la fin de l’ère des armes nucléaires ».

Le choix entre « l’enfer et la raison »

Article de Paul Quilès, ancien ministre de la Défense (1985-1986), président de l’association Arrêtez 
la bombe !
L’Humanité du 6 août 2015

Au surlendemain du bombardement 
atomique d’Hiroshima et à la veille de celui de Nagasaki, Combat publia un remarquable éditorial d’Albert Camus, dont certains passages méritent d’être médités, alors que nous commémorons le 70e anniversaire de cette terrible destruction, qui causa plus de 200 000 morts. « (…) La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. En attendant, il est permis de penser qu’il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d’abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l’homme ait fait preuve depuis des siècles. Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence, incapable d’aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d’idéalisme impénitent, ne songera à s’en étonner. » Un peu plus loin, Camus essayait en quelque sorte de se consoler en suggérant que ce bombardement pourrait pousser les Japonais à capituler. On sait aujourd’hui que la capitulation du Japon a eu d’autres raisons. Il n’en demeure pas moins, soixante-dix ans plus tard, après la folle course aux armements qui a conduit le monde à accumuler 70 000 armes nucléaires en quarante-cinq ans, que les fausses vérités ont toujours cours. C’est ainsi que cette arme est présentée comme notre « assurance-vie » ou comme « la garantie de notre sécurité et de notre indépendance ». Il n’en est rien. Il suffit d’observer l’état du monde, des menaces et des relations internationales pour s’en convaincre. Le récent accord avec l’Iran laisse espérer que la prolifération nucléaire pourra être endiguée, mais force est de constater que les 16 000 ogives nucléaires possédées par 9 pays constituent un arsenal toujours aussi dangereux pour la sécurité mondiale. Plus que jamais, la conclusion de l’éditorial d’Albert Camus devrait s’imposer : « Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir (…) entre l’enfer et la raison. »

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