Mumia, notre ami, en danger de mort !

Mumia Abu-Jamal, journaliste, écrivain et militant afro-américain, a été condamné en 1982 à la peine de mort pour le meurtre de Daniel Faulkner, un policier de Philadelphie. Une mobilisation internationale a eu lieu en faveur de sa libération et pour l’organisation d’un nouveau procès. Cette mobilisation a permis de le sortir du couloir de la mort. Mais la justice américaine entend le tuer autrement. Aujourd’hui, la justice de Pennsylvanie refuse de prodiguer des soins à l’ex-condamné à mort. Vendredi, une juge a estimé que l’hépatite C n’était pas dangereuse. Je vous invite à signer la pétition (en bas de cet article) en faveur de Mumia. D’avance MERCI !

En 1982, le sinistre magistrat Albert Sabo, mort aujourd’hui, chargé de juger Mumia Abu-Jamal, avait décrété, avant même le procès du plus célèbre prisonnier politique des États-Unis : « Je vais les aider à griller ce Nègre. » Car en 1982, quand il est jugé, Mumia n’est pas n’importe qui. Journaliste radio, militant des droits des Noirs américains, il est membre des Panthères noires (Black Panthers). Il est connu à Philadelphie, pour sa couverture du bombardement de Mouv, une communauté noire autogérée. Celui qui était surnommé la Voix des sans-voix était l’homme à faire taire. Alors, quand le policier William Faulkner est trouvé mort le 9 décembre 1981, tué par balle avec à proximité un Mumia blessé par balle lui aussi et inconscient, l’occasion est trop bonne. La machine policière s’emballe. Le procès est conduit en dépit des règles : les jurés noirs sont récusés, à l’exception de deux d’entre eux. Les analyses balistiques sont bâclées. Et le fait que certains témoins sont revenus depuis 1981 sur leurs dires n’aura jamais depuis atteint la justice de Pennsylvanie, inébranlable comme un roc. En 2011, la justice fédérale reconnaît que Mumia n’a pas eu droit à une procédure équitable, mais, faute d’ouverture d’un nouveau procès, la peine de mort est commuée en prison à vie. Un succès relatif, mais arraché au prix d’une mobilisation internationale à chaque étape judiciaire, à chaque programmation d’une exécution.

mumia_4

En 2011, soit 30 ans après le procès, la justice fédérale reconnaît enfin que Mumia n’a pas eu droit à une procédure équitable, mais, faute d’ouverture d’un nouveau procès, la peine de mort est commuée en prison à vie.

Depuis le printemps, l’état de santé de Mumia s’est aggravé, d’abord avec une crise aiguë d’eczéma et de diabète, ce qui lui vaudra en mai dernier d’être hospitalisé, et enchaîné à son lit. Ainsi va la justice quand elle rime avec vengeance. Mumia a perdu 40 kilos. Les médecins ont maintenant diagnostiqué une hépatite C. Or, en Pennsylvanie, on refuse de soigner les prisonniers affectés par cette maladie. Ils sont des milliers dans le cas de Mumia Abu-Jamal. Le remède contre l’hépatite C existe, produit par le laboratoire Gilead. Le coût de fabrication des pilules est faible : de 3 euros seulement. Mais elles sont vendues 700 euros, un tarif jugé exorbitant par de nombreux pays. La durée du traitement est de trois mois. La somme à débourser serait donc de 70 000 euros. Trop cher pour la Pennsylvanie. D’autres États, pourtant, consentent à mettre la main à la poche. Même le Texas, champion toutes catégories des exécutions, soigne ses prisonniers. Ainsi, le condamné à mort Hank Skinner a pu bénéficier d’un traitement contre l’hépatite C et j grâce à celui-ci, guérir, rapporte Jacky Hortaut, co-animateur du collectif français de soutien à Mumia Abu-Jamal.

img_2624-604x270

Partout dans le monde, des collectifs de soutien à Mumia Abu-Jamal se sont constitués

Il faut dire que la Pennsylvanie n’est pas n’importe quel État aux États-Unis, avec ses 52 000 détenus pour 12 millions d’habitants. Hors de question de déroger à l’option sécuritaire dans cette région où l’influence de l’Ordre fraternel de la police, syndicat mafieux auquel appartenaient le policier Faulkner et le juge Sabo, est forte. Même le nouveau gouverneur, Tom Wolf, en fait les frais. En poste depuis janvier, il a eu l’audace de décréter un moratoire sur les exécutions de condamnés… Le procureur a déposé un recours contre la décision de son gouverneur, alors que 182 personnes attendent dans le couloir de la mort !

51237a33856ec1cad21dbf218901e07a

Mumia est incarcéré dans un pénitencier de Pennsylvanie, un État aux États-Unis qui compte52 000 détenus pour 12 millions d’habitants.

Même affaibli, Mumia est un résistant. En début d’année, il était au centre d’une bataille pour la liberté d’expression. Après un de ses discours enregistrés, écouté par une assemblée d’étudiants, une loi avait été votée en Pennsylvanie, pour priver les prisonniers du droit de s’exprimer sur les faits pour lesquels ils ont été condamnés. La loi a été retirée depuis. Il est ces jours-ci au centre d’une bataille pour le droit à la santé. Vendredi, Karoline Mehalchick, juge au Middle District de Pennsylvanie, a refusé d’examiner la plainte de sa défense pour « négligence médicale » afin qu’il ait accès aux soins dont il a besoin. « Être infecté par l’hépatite C n’assure pas qu’un dommage sérieux et irréparable va advenir », estime la juge.

Mumia-Abu-Jamal-Scott-Slager

Voilà maintenant 33 ans que Mumia croupis en prison pour un crime qu’il n’a pas commis. Dès sa 1ère élection, Obama avait promis qu’il interviendrai en sa faveur. Il n’a en réalité jamais bougé un petit doigt !!

« Le fait que sa cellule a été vidée est peut-être une mesure de rétorsion » face à cette résistance, dénonce Jacky Hortaut. Les soutiens de Mumia, eux, ne désarment pas. À la Fête de l’Humanité, ce sont pas loin de 1 000 cartes-pétitions pour que Mumia obtienne les moyens de se soigner qui ont été recueillies, en plus des 20 000 déjà reçues en provenance de France par Tom Wolf. Une collecte de fonds est organisée « pour les moyens de la défense, mais aussi pour l’éventualité où Mumia serait amené à supporter lui-même l’entièreté de ses soins de santé », explique Jacky Hortaut. Dans un pays civilisé, Mumia aurait déjà été libéré pour raisons de santé. Aujourd’hui dans sa prison américaine, notre ami est en danger de mort !

(1) Retrouvez la carte-pétition sur le site mumiabujamal.com et envoyez vos dons par chèque (ordre : MRAP solidarité Mumia) à l’adresse : MRAP, 43, boulevard Magenta, 75010 Paris, ou par Internet http://secure.mrap.fr/Soutien-a-Mumia-Abu-Jamal.html

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s