Une bonne nouvelle : Les salariés du BHV disent NON au travail du dimanche

Consulté par référendum, le personnel du magasin BHV de la rue de Rivoli à Paris (groupe Galeries Lafayette) a rejeté le projet d’accord 
sur le travail du dimanche. La direction est bloquée dans sa volonté de systématiser l’ouverture dominicale.

La généralisation du travail dominical a du plomb dans l’aile dans les grands magasins de la capitale. Consultés ce week-end par référendum, à l’initiative de la direction de l’établissement, les salariés travaillant dans le magasin BHV du Marais, rue de Rivoli à Paris, ont rejeté, à une courte majorité, l’accord sur les contreparties au travail dominical qui aurait ouvert la voie à une ouverture du grand magasin 52 dimanches par an. Sur les 1 750 inscrits à cette consultation, qui concernait aussi certains salariés « démonstrateurs » employés par d’autres sociétés, 1 267 se sont exprimés entre vendredi et dimanche : 640 (contre 627) ont dit non à la généralisation du travail du dimanche. « On ne crie pas à la grande victoire, c’est passé à 13 voix près et la bataille ne fait que commencer, mais cela montre que, non, les gens ne veulent pas travailler 52 dimanches par an », se félicite Florine Biais, déléguée syndicale centrale CGT du BHV, qui ne cache pas que le résultat était loin d’être acquis.

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À Paris, les « dimanches du maire » sont imposés par le préfet

L’enjeu était de taille, puisque le BHV (groupe Galeries Lafayette) aurait pu être le premier grand magasin de la capitale à ouvrir ses portes tous les dimanches, dans le cadre de la loi Macron. Celle-ci permet cette ouverture et le travail jusqu’à minuit dans les zones touristiques internationales (ZTI) nouvellement créées, mais cette possibilité est conditionnée à la signature d’un accord d’établissement, d’entreprise, de branche ou territorial. Dans la plupart des grandes enseignes (Galeries Lafayette, Printemps), la majorité des syndicats est contre l’extension du travail dominical, la signature d’un accord est donc compromise. Au niveau de la branche des grands magasins, l’Union du grand commerce de centre-ville (UCV) – organisation patronale – a ouvert des négociations en juin, mais là aussi elle se heurte à l’opposition de quatre syndicats sur cinq, la CFDT elle-même n’étant pas acquise à la signature. L’UCV a annulé la dernière réunion de négociation, qui devait se tenir aujourd’hui. Le BHV, situé en ZTI, était le talon d’Achille de la résistance, puisque le syndicat SUD BHV, en principe opposé au travail dominical, a créé la surprise à la rentrée en demandant l’ouverture de négociations d’établissement, avec l’argument de prendre les devants et d’obtenir de meilleures compensations qu’un accord de branche « au rabais ». Les négociations entamées début octobre ont débouché sur un projet d’accord, soutenu par SUD (33 % des voix) et la CFE-CGC (8 %), et contesté par la CGT (34 %) et la CFTC (25 %).

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L’accord prévoyait une majoration dégressive des dimanches travaillés, à 100 % du premier au quinzième dimanche avec un repos compensateur (un jour de repos par dimanche travaillé), puis à 100 % du sixième au quinzième dimanche sans repos compensateur, puis à 50 % pour les autres. Pour les salariés en CDI, un plafond de 15 dimanches travaillés par an était prévu. La direction promettait aussi 150 embauches pour renforcer les effectifs le week-end. Dès le début des discussions, elle avait annoncé que le texte serait soumis à ce référendum, qui a finalement débouché sur un rejet. Dimanche soir, le syndicat SUD a annoncé qu’il ne signerait pas l’accord, qui ne pourra plus atteindre le seuil de validité de 30 %. Le projet du BHV capote donc, mais le magasin pourra tout de même ouvrir 12 dimanches par an, dans le cadre des « dimanches du maire » qui sont passés de 5 à 12 avec la loi Macron et qui, à Paris, sont décidés par le préfet.

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« Ce qu’on retient, c’est qu’un salarié sur deux est pour l’ouverture du dimanche », a tenté de minimiser, dimanche, le groupe Galeries Lafayette. Mais « vu la force de frappe de ce groupe, qui a déterminé lui-même les conditions du scrutin et qui pensait l’emporter, c’est un très beau résultat », souligne Céline Carlen, de la CGT commerce de Paris. « Nous sommes satisfaits de ce non, appuie Laurent Degousée au nom du syndicat SUD commerce de Paris qui ne partageait pas la position de SUD BHV. Au-delà du BHV, les patrons qui croyaient que le référendum est la voie magique sont aujourd’hui en difficulté. Cela montre qu’on peut faire obstacle à l’application de la loi Macron. »

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