Cynique entrée en 2016 pour l’Arabie saoudite

L’Arabie saoudite a exécuté samedi 2 janvier 47 personnes condamnées pour « terrorisme ». Parmi elles figurent des jihadistes sunnites d’Al-Qaïda, des « impurs » mais aussi des opposants au régime, dont le chef chiite Nimr Baqer al-Nimr, figure de la contestation contre le régime.

47 personnes décapitées au sabre ou fusillées… !!! Pour les États-Unis et la France, cela ne change en rien les relations qu’ils entretiennent avec ce pays au régime semi-féodal. L’Arabie Saoudite reste, au même titre qu’Israël, un allié stratégique au Moyen-Orient. Tout comme l’Israël, l’Arabie saoudite jouirait donc d’une totale impunité ? Il semble bien. Toujours est-il que l’exécution le même jour de 47 personnes, (après le triste record de 2015 – 153 personnes dont des femmes décapitées publiquement parfois sur les parkings de supermarché) n’a pas été condamnée avec la fermeté nécessaire par Washington et Paris. Face à ce qui n’est rien d’autre qu’un crime de masse, sur fond de montée des tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran, les États-Unis, la France et l’UE se sont contentés du service minimum.

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Ni les Américains, ni les Français n’ont condamné l’Arabie saoudite. Ils n’ont rien tenté pour empêcher en amont cette infâme exécution massive

Washington, grand protecteur du régime wahhabite, a fait part, après coup, de ses inquiétudes. Ni plus ni moins. Quant à la France, ce n’est que 24 heures après qu’elle est intervenue, en se bornant à déplorer ces exécutions, avant d’appeler, elle aussi, « les responsables de la région à tout faire pour éviter l’exacerbation des tensions sectaires et religieuses. L’UE, par la voix de son chef de la diplomatie européenne, n’a pas dit plus, se contentant d’observer que « le cas spécifique du cheikh Nimr Al Nimr soulève de sérieuses inquiétudes sur la liberté d’expression et le respect des droits civils et politiques de base, qui doivent être préservés dans tous les cas, y compris dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ».

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Dans un pays comme l’Arabie saoudite, où la liberté d’expression n’existe pas, où les partis politiques et les syndicats sont interdits et où la charia (loi religieuse) et les châtiments qui vont avec – décapitation, flagellation, amputation – tiennent lieu de droit et de constitution, évoquer le respect des libertés et des droits civils fait doucement sourire le Saoudien lambda. Et, plus que les contrats commerciaux et autres intérêts économico-financiers, le fait qu’Américains et Français n’aient pas condamné l’Arabie saoudite et n’aient pas tenté d’empêcher en amont cette infâme exécution massive, porteuse de risques de tensions communautaires et régionales tient au fait que ce pays, au même titre d’ailleurs qu’Israël, est un allié stratégique dans cette partie du monde. Et d’ailleurs, preuve en est. Le 2 janvier, l’Arabie Saoudite rappelait son bourreau pour décapiter au sabre un jeune Saoudien condamné de droit commun. Dans les goeles saoudienne des milliers d’opposants attendent d’être exécutés, tels Ali Mohammed al-Nimr, âgé de 17 ans ou bien encore Fayad Ashraf, poète palestinien, condamné à mort pour blasphème.

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