7 janvier 2015…7 janvier 2016…

« La communion générale autour de l’autel de la liberté d’expression s’est vite dispersée et, tandis que des magnats mettaient la main sur l’essentiel de la presse d’information générale, l’audiovisuel se réinstallait dans la censure sourde des idées contestatrices dont témoigne par exemple la quasi-exclusion des responsables du PCF et du journal l’Humanité des antennes du service public ». En ce jour anniversaire de l’assassinat de 17 personnes dont nos amis de Charlie-Hebdo, ces mots sont ceux écrits par Patrick Apel-Muller dans l’édito qu’il signe dans l’Humanité, qui consacre aujourd’hui un numéro spécial à Charlie et que je vous invite à lire ci-dessous.

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« Ils ne sont plus Charlie. Oubliés les protestations de fraternité, le refus des amalgames, l’exaltation de l’arme démocratique. On voyait, ce 11 janvier 2015, des responsables politiques jouer des coudes pour apparaître au premier rang des chefs d’État. Aujourd’hui, les mêmes se bousculent pour grimper l’escalier sécuritaire, surenchérir sur les mesures policières ou les symboles ravageurs comme la déchéance de la nationalité ou l’apatridie. Les voilà qui font mine de déplorer l’essor du Front national tandis qu’ils en justifient les thèmes les plus brutaux. « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes », écrivait Bossuet… La communion générale autour de l’autel de la liberté d’expression s’est vite dispersée et, tandis que des magnats mettaient la main sur l’essentiel de la presse d’information générale, l’audiovisuel se réinstallait dans la censure sourde des idées contestatrices dont témoigne par exemple la quasi-exclusion de notre titre des antennes du service public.

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Et pourtant, Charlie n’est pas mort. Si la lueur du journal satirique luit encore malgré les rafales meurtrières, c’est aussi que court toujours, en mille ruisselets, l’esprit de liberté, d’égalité et de fraternité qui s’était alors rassemblé. En témoignent les protestations contre les discriminations portées par la déchéance de nationalité pour les binationaux, les mobilisations naissantes contre l’éternisation de l’état d’urgence dans la Constitution, la réticence de nombreux progressistes d’emboîter le pas cadencé de l’état de guerre que proclame matin, midi et soir le premier ministre. La sidération et le réflexe d’autodéfense induits par les sanglants attentats du 13 novembre ou la confusion entre besoin de sécurité et ordre sécuritaire ne perdureront sans doute pas. Et seront alors mieux entendues les voix qui réclament plus de république, plus de démocratie, plus de solidarité et de partage. Celles de ceux qui sont toujours Charlie ».

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