Attentats à Bruxelles : la BD, symbole de solidarité avec la Belgique

La Belgique et la Bande Dessinée, c’est une histoire d’amour qui dure depuis des décennies. Tintin et Spirou, parmi les plus célèbres, y ont vu le jour. A Bruxelles, qui compte quatre musées entièrement dédiés à cet art majeur, vous respirerez, vous mangerez, vous vivrez au rythme des albums. Des rues portent les noms de héros de Bande Dessinée. Des festivals sont organisés. Partout dans la ville, vous pourrez vous procurer ces livres, en édition limitée ou classique. Aussi, après les lâches et cruels attaques terroristes qui ont frappé la capitale belge, de nombreux artistes, connus ou non, ont pris leurs crayons afin d’exprimer leur émotion en mettant en scène les grands héros de la BD belge. Qu’ils soient moqueurs, tristes ou révoltés, ces dizaines de dessins rendent hommage aux victimes des attentats de l’aéroport et du métro de Bruxelles. L’un deux, Philippe Geluk, a symbolisé sa solidarité et sa colère à travers son célèbre Chat. Il a également donné une interview au magazine Télérama. Vous en trouverez ci-dessous un extrait, accompagné d’un diaporama d’une sélection de ses dessins et de beaucoup d’autres dessinateurs. Cette interview résume parfaitement le rôle et la place de l’art et de la culture dans la lutte contre toutes les formes d’obscurantisme.

geluck2Philippe Geluck : “«L’art est notre bien commun et une «arme» de distinction par rapport à la barbarie»

Je suis évidemment horrifié, anéanti, par ce qui s’est passé ce matin à Bruxelles, de la même manière que je l’étais au moment des attaques de Paris en novembre dernier ou pour Charlie Hebdo. On ne peut pas supporter de voir des innocents payer de leur vie, et cela soulève, à chaque fois, les mêmes questions, la même incompréhension : au nom de qui, de quoi, peut-on perpétrer de tels actes? Je vis ces évènements comme un citoyen ordinaire, dans la compassion et la solidarité la plus totale (…)

XVM060dbb06-f0e4-11e5-ab0a-95d0a6bf1112-805x550Pour un artiste, la meilleure réponse à donner à ces actes violents est de continuer à pratiquer son art, coûte que coûte. Contre cet obscurantisme, il faut évidemment valoriser l’échange, la transmission, le dialogue… Ces mots revêtent une importance majeure dans des périodes comme celle que nous vivons depuis de nombreux mois. L’art est notre bien commun et une « arme » de distinction par rapport à la barbarie. C’est grâce à lui, – et vous allez trouver ça naïf et un peu bête – mais aussi à l’amour, que l’on peut surmonter de tels traumatismes.(…)

XVM07029cd4-f0e4-11e5-ab0a-95d0a6bf1112-805x550Il est évidemment impossible de ne pas se sentir touché par une telle tragédie humaine, comme d’une manière générale par les conflits, les discordes. L’art est une manière d’exprimer ce que l’on vit, mais aussi de résister : en tant qu’artiste, nous nous devons de réfléchir, de nous élever contre la barbarie. On ne peut pas faire comme si de rien n’était. En même temps, je ne crois pas que l’art doive basculer dans la revendication ou le militantisme, fusse-t-il le plus pacifiste. Nous sommes là pour réfléchir, faire réfléchir même, mais aussi pour distraire. C’est important de ne pas l’oublier, les gens ont parfois besoin de penser à autre chose.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s