7 juin 1936, signature des accords de Matignon

Il y a quatre-vingts ans, l’alliance de gauche dite Front populaire remportait les élections législatives.  le 7 juin 1936 étaient signés les accords de Matignon  par la CGT et le patronat. Ces accords mettaient en place une série de mesures sociales considérables. Autres temps autres mœurs ! Aujourd’hui les salariés sont  dans la rue et le gouvernement socialiste reste sourd à ses revendications.

m5oxQGzZ6V4bFVPdDNQtNyq2Le 3 mai 1936, le Front populaire remportait les élections législatives. Le parti communistes compte 72 députés, la SFIO, 147 et les radicaux 167. Aucun parti, et en particulier la SFIO, n’obtient une majorité absolue. Appuyé par le mouvement social, les combats de la classe ouvrière et le soutien du PCF, le Front populaire permet,  par les accords de Matignon, la généralisation des conventions collectives, la reconnaissance de la liberté syndicale, l’encadrement du licenciement, l’augmentation générale des salaires ou encore la création des premiers congés payés qui ont peu à peu révolutionné l’accès aux loisirs et à la culture. 80 ans jour pour jour après cette victoire, le Gouvernement socialiste de Manuel Valls et François Hollande propose de revenir sur plusieurs de ces acquis via la loi travail. 80 ans après la victoire du Front Populaire, c’est la gauche au pouvoir qui propose au MEDEF et aux puissants de prendre leur revanche sur le monde du travail, cela est inadmissible !

frontLes avancées du Front populaire arrachées par les grèves

Le succès électoral du 3 Mai 1936 a éveillé chez l’ensemble des travailleurs un immense espoir. Ainsi, un mouvement de grève et d’occupation d’usines se mit en place, gagnant toute la France. Plus de trois millions de travailleurs débrayèrent, paralysant le pays.

Le 7 juin 1936, les accords de Matignon furent signés par la CGT et le patronat, à l’initiative du gouvernement. Ces accords mettaient en place, entre autres, le droit syndical, et prévoyaient une hausse des salaires de 7 à 15 % selon les branches professionnelles, soit environ 12 % en moyenne sur toute la France. Quelques jours plus tard, bien que ces mesures ne figurent pas dans le programme du Front populaire, par deux lois votées par le Parlement, les premiers congés payés (2 semaines) furent instaurés, et la semaine de travail passa de 48 à 40 heures. Pour les ouvriers et employés partant en vacances, le jeune ministre Léo Lagrange créa des billets de train avec 40 % de réduction, qui existent toujours. Ces accords n’empêchèrent pas les grèves et les occupations de se poursuivre, souvent jusqu’en juillet 1936.

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En 1936, la droite, son extrême et la bourgeoisie n’ont pas de mots assez durs pour critiquer les conquêtes sociales de 1936 dont les premiers congés payés et surnomment les ouvriers, les « salopards »

Le 29 juillet fut votée la retraite des mineurs et, le 28 août, une loi sur les allocations chômage. Une politique de nationalisations fut mise sur pied, dans l’industrie aéronautique, d’armement (7 août), puis dans les chemins de fer (naissance de la SNCF en 1937). La Banque de France ne fut pas nationalisée, mais la tutelle de l’État s’accrut et le droit de vote s’étendit à tous les actionnaires (il était jusqu’alors réservé aux 200 plus gros). Le 28 août fut adopté un budget de 20 milliards de francs pour de grands travaux. 

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Dans toute la France, plus de trois millions de travailleurs sont en grève. Le Front populaire reste un élément majeur de l’histoire du mouvement ouvrier et des conquêtes sociales.

Une partie du programme du Front populaire touchait également l’éducation et loisirs. La scolarité obligatoire fut portée dès 1936 à quatorze ans, les passerelles entre l’enseignement primaire et les lycées furent multipliées. Le gouvernement socialiste de 2016 propose, quant à lui, de brader les programmes scolaires, de supprimer certaines matières et ouvre la boîte de Pandore à la municipalisation et à la régionalisation des enseignements. Enfin, notons que le CNRS est une création du Front populaire, tout comme les Festival de Cannes.

Greve a%A0 la Meta (1936)Le Front populaire, l’engagement massif du monde du travail dans les grèves, les avancées sociales considérables obtenues constituent un moment majeur de l’histoire du XXème siècle. La France d’aujourd’hui en porte encore une empreinte profonde. Et il est essentiel, surtout aujourd’hui, de rappeler les conditions et les conséquences de cet immense mouvement. On comprend mieux ainsi pourquoi la mémoire de 1936 gêne à ce point l’actuel gouvernement socialiste, qui mène l’assaut contre le Code du travail. Ce qui n’empêche pas le démagogique déplacement du ministre Macron à Montreuil pour le lancement d’un timbre sur le Front populaire. Emmanuel Macron, exterminateur des conventions collectives, justement acquises lors des grèves de 1936. Décidément dans ce gouvernement, on ni crédit ni décence mais que de l’insolence et de l’arrogance !

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