1936-2016 : la honteuse comparaison de Valls

Cela aurait pu être un jeu, du genre « Qui a dit ? ». Mais il est certain que personne, parmi vous,  n’aurait trouvé l’auteur de cette citation : « Les réformes que nous menons s’inscrivent dans la continuité des avancées que le pays a connu en 1936. ». Devinez…C’EST VALLSSSSSS !!!! Je ne blague pas !

Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est bien lui. Et ce n’est pas plus tard que le 7 juin 2016, jour du 80ième anniversaire des Accords de Matignon que cet exterminateur du Code du travail a eu l’aplomb de prononcer ces mots : «Les réformes que nous menons s’inscrivent dans la continuité des avancées que le pays a connu en 1936. ».  Outre son audace, cette comparaison est une insulte envers toutes celles et tous ceux qui ont lutté durant des semaines en mai et juin 1936 pour arracher les plus grandes conquêtes sociales du 20ème siècle.

front-populaire_603x380Le Front populaire, Monsieur Valls, mais ce fut tout le contraire de votre politique ! Il n’y a pas la comparaison de l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre Blum-Thorez et Hollande-Valls. Un exemple, un seul ! Les conventions collectives ? En 1936, les accords de Matignon instauraient « le principe de faveur » : lorsque deux normes s’appliquent à la relation de travail, la plus profitable au salarié est conservée. Or, le gouvernement socialiste met à bas un des acquis de 1936, celui de la négociation et de l’accord par branche, des conventions collectives. Dans le projet de loi Travail la négociation devra se faire par entreprise, en fonction de l’article 2 de la nouvelle loi.

blumthorezsalengroviolettecotC’est donc aujourd’hui le trio infernal Hollande-Valls-Macron qui ose se revendiquer de 1936 alors qu’il a pour objectif d’en supprimer certains acquis, avec comme principal adversaire la CGT, seul syndicat en 1936 signataire des accords de Matignon. Mais ce n’est pas tout, l’hôte de Matignon a poursuivi la comparaison en inventoriant d’autres secteurs favorisés par la politique du gouvernement socialiste  « Pour l’éducation. Pour la reconnaissance des droits des salariés. Pour le pouvoir d’achat des familles modestes. Pour l’accès à la santé. Contre la précarité. Pour la solidarité avec les plus fragiles ». Et cerise sur le gâteau il a conclu en ayant l’audace de dire : « « Réformer implique toujours d’être à l’écoute des forces vives, de savoir bâtir des compromis. C’était vrai il y a 80 ans jour pour jour (…), c’est vrai aujourd’hui ». Peut-être est-ce la raison pour laquelle aucun syndicaliste n’était invité à ce cours de réécriture d’histoire ? 

ob_5be458_160428-manif-khomri

Mars, avril, mai, juin 2016, des millions de manifestants contre le projet de loi Travail de Hollande-Valls-Macron. Elle est où la comparaison avec 1936 ????

Le mois dernier, au théâtre du Rond-Point, c’était le président de la République en personne qui se permettait d’escamoter quelque peu aussi l’histoire en  remettant au goût du jour la célèbre citation de Maurice Thorez, secrétaire général Parti communiste en 1936, « Il faut savoir terminer une grève.. ». On peut être certain que c’est sciemment que François Hollande oublie la deuxième partie de la phrase prononcée par l’ancien leader du PCF : « …dès que la satisfaction a été obtenue ». Après les promesses non tenues, ce gouvernement en est donc rendu à altérer l’histoire pour tenter de justifier sa politique désastreuse.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s