Secrétaire général «historique» de la CGT, Georges Séguy est mort

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Georges Séguy, secrétaire général de la CGT de 1967 à 1982, vient de s’éteindre à l’âge de 89 ans. En 1982, il avait cédé sa place à Henri Krasucki et quitté le bureau politique du PCF, parti dont il était membre depuis 1947. Officier de la Légion d’honneur, il avait publié « Le Mai de la CGT » (1972), « Lutter » (1975), et « Résister, de Mauthausen à Mai 68 » (2008). Jusqu’au bout, il aura été le principal animateur de l’Institut d’histoire sociale.

C’est une des grandes figures du syndicalisme français qui vient de disparaître avec Georges Séguy, mort à 89 ans. L’ancien ouvrier typographe de Toulouse, Résistant et déporté, avait fait partie des signataires des fameux accords de Grenelles en 1968. Sa petite voix légère et son accent toulousain, son visage rond et avenant ne l’empêchaient pas d’être un lutteur redoutable et redouté. Et c’est toujours avec la foi communiste chevillée au corps que Georges Séguy, secrétaire général de la CGT de 1967 à 1982, vient de s’éteindre à l’âge de 89 ans.

« Aujourd’hui, les cégétistes mais aussi les communistes perdent un camarade, un dirigeant qui aura marqué son temps, un homme rempli d’humanité, de dignité, un combattant du genre humain » a immédiatement déclaré Pierre Laurent, secrétaire général du PCF.  En effet, toutes celes et tous ceux qui l’ont côtoyé de près perdent un ami d’une grande fraternité.  Jeune communiste avant-guerre, il adhère au Parti communiste français en 1942 à l’annonce de la mort de Pierre Sémard et rejoint avec son cercle de la JC la résistance active au sein des Francs-Tireurs et Partisans français (FTPF). Il est arrêté deux ans plus tard par la Gestapo alors qu’il imprimait le journal clandestin de la JC, « l’Avant Garde ». Il est déporté au camp de concentration de Mauthausen. Il est le plus jeune déporté résistant de France, selon les historiens. L’horreur n’a pas de mots et pourtant Georges va s’évertuer en toute occasion à transmettre aux jeunes générations ce qu’il a vécu et ce que furent ses combats.

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Georges Séguy avec Georges Pompidou, alors président de la République et son 1er ministre, Jacques Chirac.

A la libération du camp, et son retour en France, il entre à la SNCF. Il y prend des responsabilités au syndicat cheminot de la CGT et est élu secrétaire général de la fédération en 1961. Parallèlement, il est élu au comité central du PCF en 1954 et devient membre du bureau politique à partir de 1956. Pour lui, ces deux engagements étaient une nécessité pour marcher sur ses deux jambes : défendre les droits des travailleurs et changer la société. Avec ses cheveux roux qui lui vaudront le surnom de « Rigi », sa rondeur débonnaire, parfois même joviale, il parle peu, avec son accent chantant de la Garonne, et rit fort. Le regard malicieux, il aime les bons mots et les formules acérées. Il n’a rien d’un idéologue et apparaît plutôt pragmatique. C’est un lutteur qui s’est peu frotté aux négociations avec un patronat qu’il refuse de traiter de « partenaire ». Intransigeant sur ses convictions, il n’a rien d’un sectaire. D’une intelligence vive, il impose progressivement son autorité. C’est qu’il n’est pas facile de succéder au charismatique Benoît Frachon auquel il succède comme secrétaire général de la CGT.

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1968, Georges Seguy lors d’un meeting aux usines Renault de Billancourt.

Il  est un des acteurs connus et reconnus des grèves de mai 1968. Il est aussi à l’aise parmi les travailleurs en lutte, comme lors du grand meeting devant Renault-Billancourt que respecté pour négocier et signer les accords de Grenelle. Après 1968, il joue un rôle actif dans les évolutions politiques du PCF dont il restera un acteur vigilant. Depuis sa retraite en 1982, il poursuivait ses activités militantes. Au sein de la CGT, il animait l’Institut d’histoire sociale. Au sein de son parti, fidèle à ses idéaux de jeunesse, il donnait son avis, aidait par des conseils précieux. Il travaillait sans relâche à chercher des perspectives de rassemblement des forces transformatrices à gauche. Georges a toujours été un acteur des combats de son temps : pour le droit des salariés (y compris dernièrement contre la loi El Khomri), pour la paix (en Algérie, au Vietnam, en Irak, en Palestine…), pour le désarmement nucléaire au nom duquel il anima l’Appel des Cent, contre le racisme, le fascisme et l’apartheid, pour la dignité humaine, pour l’égalité femme-homme, contre le capitalisme, pour une société du commun, du partage des richesses et des savoirs.

Manifestation de la Gauche Unie et de sympathisants pour le droit de la liberté. Henri Krasucki, Georges Séguy, Georges Marchais et Michel Rocard. Paris, 1973-1974.

Manifestation de la Gauche Unie et de sympathisants pour le droit de la liberté. Henri Krasucki, Georges Séguy, Georges Marchais, Jacques Duclos et Michel Rocard.

Georges a toujours été bienveillant envers les femmes et les hommes qui luttent. Quand il donnait son avis,  il le faisait toujours dans le respect et l’attention à l’autre. Pour lui, militer à la CGT et au PCF sont les deux facettes d’un même combat, compte tenu des « convergences qui peuvent exister entre une organisation syndicale indépendante et une formation politique qui fondent leur orientation, chacune selon leur spécificité et leur vocation propre, sur des principes de classe ». Nous pleurons un ami, un camarade, un être cher dont la vie restera pour nous un message plein d’avenir.

 

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