Simone Veil, une grande dame s’en va !

J’apprends à l’instant même le décès de Simone Veil, cette grande Dame, qui incarnait pour les Français la mémoire de la Shoah et la ministre de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse adoptée en 1974. Elle était âgée de 89 ans.

Simone Veil restera , par son parcours personnel et professionnel,  comme un exemple de courage et de dignité. Une femme qui n’a jamais transigé avec la vérité ou avec ses convictions, au risque d’apparaître parfois cassante et de susciter au passage quelques inimitiés politiques. Elle restera avant tout la ministre de la Santé qui en 1974 fit  passer la loi sur l’interruption volontaire de grossesse, imperturbable, sous les huées et les injures de ses collègues de la majorité de droite.

Déportée à Auschwitz-Birkenau puis Bergen-Belsen à l’âge de 16 ans, elle y perdra son père, sa mère et son frère. Elle en gardera dans sa vie publique une gravité et une réserve qui caractérisait de l’extérieur cette femme d’un abord sévère, les cheveux toujours impeccablement tirés en chignon et sanglée de tailleurs Chanel. « On ne sort pas de la Shoah le sourire aux lèvres », avait lancé Jean d’Ormesson lors de sa réception à l’Académie Française en 2010 pour évoquer un caractère que tout le monde disait difficile. « Une armée de bourreaux, les crimes du national-socialisme et 2 500 survivants sur 76 000 juifs déportés vous ont contrainte à vous durcir ».

Juive, Simone Veil est déportée à Auschwitz-Birkenau puis Bergen-Belsen à l’âge de 16 ans, elle y perdra son père, sa mère et son frère.

Magistrate elle est fortement recommandée par  l’influente Marie-France Garraud à  Jacques Chirac qui la  propulse au ministère de la santé où où elle mènera la bataille la plus importante de sa vie, celle sur la légalisation de l’avortement. Ce combat, engagé des années auparavant par les mouvements féministes,  elle le conduira cependant avec toute la ténacité et la mesure qu’on lui connaissait. Elle le fera en pensant aux souffrances de celles qui étaient condamnées aux avortements clandestins, tout en défendant une position d’équilibre qui fait et continue de faire de l’IVG, une exception et un dernier recours. À la demande de Valéry Giscard d’Estaing, elle conduit la liste UDF aux élections européennes en 1979 et se fera élire, malgré l’absence de soutien des élus RPR, à la présidence du Parlement européen qu’elle occupera jusqu’en 1982.

C’est en 1974 que Simone Veil fait adopter la loi sur l’interruption volontaire de grossesse, sous les huées et les injures de ses collègues de la majorité de droite.

Tête de liste d’Union de la droite en 1984 puis président du groupe libéral au Parlement européen, elle se fera réélire en 1989 à la tête d’une liste, centriste cette fois.  C’est Édouard Balladur, premier ministre de cohabitation, qui la fera revenir au gouvernement en 1993 comme super-ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville.  Nommée membre du Conseil constitutionnel en 1998, elle y restera jusqu’en 2007. Son autobiographie intitulée « Une vie », publiée cette année-là lui vaudra ensuite d’être élue en novembre 2008 à l’Académie française au fauteuil de Pierre Messmer.

Magistrate elle est fortement recommandée par l’influente Marie-France Garraud à Jacques Chirac qui la propulse au ministère de la santé. Et c’est Édouard Balladur, premier ministre de cohabitation, qui la fera revenir au gouvernement en 1993 comme super-ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville.

À l’élection présidentielle de 2007 elle choisira, sans état d’âme, d’apporter son soutien à Nicolas Sarkozy, plutôt qu’à François Bayrou qu’elle accuse de ne « représenter plus que lui-même ». Elle s’opposera néanmoins au projet malvenu de Sarkozy de confier la mémoire d’un enfant juif mort dans la Shoah à chaque élève de CM2.  Lors de sa réception à l’Académie française, Jean d’Ormesson soulignera de Simone Veil lors de sa réception à l’Académie Français : « Vous avez dominé ce malheur avec une fermeté d’âme exemplaire, déclarait-il. Ce que vous êtes d’abord, c’est courageuse – et les Français aiment le courage ». Elle était marié à l’énarque et chef d’entreprise Antoine Veil, mariage qui dura  67 ans.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s