Congrès de Versailles : une dérive d’inspiration bonapartiste

Révélateur de la pensée macroniste , les propos tenus par le président de la république à l’inauguration de la Station F : « Une gare c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien ». Ces propos indignes ne sont pas un dérapage. Ils sont une HONTE !!!

Le chef de l’État s’adresse aujourd’hui au Congrès pour tracer les perspectives de son quinquennat.  Le chef de l’État, qui se conduit en véritable monarque,  prendra la parole à 15 heures. Les députés communistes, ainsi que ceux de la France Insoumise et d’autres tendances aussi, ne participeront pas à cette mascarade souverainiste. André Chassaigne, député du Puy de Dôme, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale nous explique pourquoi.  

Élu député depuis 2002, André Chassaigne a été réélu le 18 juin dernier avec 64% des suffrages.

Pourquoi les parlementaires communistes ont-ils décidé de boycotter le Congrès convoqué aujourd’hui par Emmanuel Macron ?

ANDRÉ CHASSAIGNE : La décision prise par le président de la République de proposer au Parlement un rendez-vous «à l’américaine» traduit non seulement une forme de mépris de nos institutions républicaines et des équilibres démocratiques, mais aussi la volonté de leur remise en cause dans la durée. C’est l’amorce d’une dangereuse entreprise de pouvoir personnel. Il ne nous était évidemment pas possible de cautionner cette dérive d’inspiration bonapartiste en nous rendant à Versailles. En boycottant le Congrès, nous exprimons le refus de l’humiliation du Parlement, et par là même du premier ministre, relégué au rang de porteur d’eau. Nous sommes devant une manœuvre grossière d’intimidation des élus du peuple.

Vous vous êtes ému dans l’Hémicycle des « petits traficotages » de la majorité pour obtenir tous les postes de vice-présidents des commissions. Comment analysez-vous les premiers pas du groupe LREM au Palais-Bourbon ?

ANDRÉ CHASSAIGNE : L’inexpérience de la  majorité des députés d’En marche ! est l’assurance pour l’exécutif, en ce début de législature, de disposer d’une majorité docile. Le président du groupe En marche! est de toute façon là pour veiller au grain. Les petits arrangements avec les «constructifs», la répartition autoritaire et conflictuelle des postes au bureau ou dans les commissions, la brutalité de Richard Ferrand pour imposer les oukases de la caste néolibérale au pouvoir, tout cela augure bien mal du respect des droits de l’opposition, qu’il s’agit de bâillonner au nom d’une politique qui se veut novatrice en balayant les équilibres démocratiques. Une ligne de conduite revendiquée sans vergogne au nom d’une nouvelle ère politique.

Cette dérive bonapartiste du pouvoir va être amplifiée par plusieurs réformes destinées à ligoter l’opposition. Comment réagissez-vous au projet de supprimer un tiers des députés et de limiter le temps législatif à trois mois ?

ANDRÉ CHASSAIGNE : Ces réformes sont symptomatiques de la volonté d’accentuer la prééminence de l’exécutif. Avoir unminimum de députés, quelques opposants folkloriques ou aux accents populistes pour donner le change, et le tour est joué pour conforter l’opinion dans l’idée de l’impuissance et de l’inutilité de toute assemblée démocratique, libre et vraiment délibérante. Quant à la réduction du temps législatif, mâtinée de la limitation du droit d’amendement, c’est retirer au Parlement le pouvoir de voter la loi. La systématisation des ordonnances et la mise en place de ce simulacre démocratique sont en phase avec cette forme de radicalisation autoritaire du néolibéralisme à laquelle nous assistons un peu partout en Europe.

Comment comptez-vous vous opposer, malgré les ordonnances, à la « réforme » du Code du travail ?

ANDRÉ CHASSAIGNE : Emmanuel Macron et son premier ministre ont opté pour la stratégie du choc et veulent faire passer pendant l’été la réforme du Code du travail, par ordonnances, en privant donc le Parlement d’un débat de fond. Le but de la manœuvre est de tuer dans l’œuf toute contestation sociale. Nous allons évidemment tout mettre en œuvre pour nous opposer pied à pied à ce texte dangereux pour les salariés et les petites et moyennes entreprises. Mais nous ne pourrons tirer notre force que de la mobilisation populaire. Rien ne pourra se faire sans créer les conditions d’un renversement du rapport de forces.

Vous avez pris la présidence du groupe GDR, qui compte neuf nouveaux députés communistes. Comment envisagez-vous le rôle de votre groupe pour cette nouvelle législature ?

ANDRÉ CHASSAIGNE : La victoire des libéraux place la gauche devant la nécessité de se reconstruire et de bâtir un vrai projet de transformation sociale. C’est indispensable de faire reculer le rouleau compresseur qui écrase depuis des années toutes les aspirations populaires. Les députés communistes peuvent et doivent jouer dans cette reconstruction un rôle charnière, un rôle de catalyseur, en facilitant le dialogue entre toutes les forces de gauche, loin de toute visée hégémonique et dans le respect des sensibilités de chacun. Autant que possible, nous travaillerons main dans la main avec la France insoumise, par une concertation que nous souhaitons formaliser. Nous avons pour cela une seule boussole : l’intérêt du peuple.

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