20 000 nouveaux retraités d’Ile-de-France privés de pension

La caisse d’assurance vieillesse comprime les effectifs et ce sont les retraités qui trinquent ! Les dossiers en souffrance s’empilent. Des dizaines de milliers de dossiers de demandes de retraite s’accumulent, les agents, de moins en moins nombreux à la suite des restrictions budgétaires, sont débordés. Et ce sont les personnes âgées les plus fragiles qui en pâtissent et se retrouvent plusieurs mois sans aucune ressource.

Des dizaines de milliers de dossiers s’accumulent à la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieillesse). Les retards à l’ouverture des droits à la retraite laissent parfois ses assurés plusieurs mois sans ressource. Un scandale qui avait éclaté dès 2014 dans le Nord et en Picardie et qui s’étend, aujourd’hui, sur toute la région parisienne. Et les personnes âgées les plus fragiles sont les plus exposées. « On a un certain nombre de caisses, dont celle d’Île-de-France, en tension forte depuis le mois de janvier, reconnaît Pascal Émile, directeur délégué de la Cnav. On est ainsi passé sur la région de 8 500 dossiers d’ouverture de droits à 10 000 par mois. On a du mal à s’expliquer pourquoi, peut-être est-ce l’annonce de nouvelles réformes des retraites qui a généré des inquiétudes et poussé les gens à déposer le plus tôt possible leur demande ? ».Les baisses d’effectifs constantes, renégociées tous les quatre ans, aggravent le problème. 730 postes ont ainsi été supprimés depuis 2014. « En dix ans, on a calculé qu’on avait perdu l’équivalent de deux caisses régionales complètes, assure Jean-Luc Choisel, secrétaire CGT des employés de la Cnav d’Île-de-France. Il y a vingt ans, on avait 170 points d’accueil dans la région. Aujourd’hui, il ne reste que 31 agences où l’on instruit des dossiers, et on ferme progressivement tous les points d’accueil spontané du public. ». « Pour la majorité des gens, la retraite de la Sécurité sociale n’est pas faramineuse, explique Jean-Luc Choisel. Mais sans elle, tant qu’on n’a pas validé le dossier, il est impossible pour l’assuré de débloquer ses droits à la retraite complémentaire. » Et des dizaines de milliers de personnes âgées se retrouvent sans ressource lorsque leur dossier est pris dans un engorgement et que les retards s’accumulent.

Il y a vingt ans, l’Ile-de-France comptait 170 points d’accueil. Aujourd’hui, il ne reste que 31 agences où l’on instruit des dossiers qui sont passés de 8500 par mois à 10 000 !

En 2014 en Picardie et dans le Nord, 6 000 retards s’étaient ainsi accumulés, bloquant l’ouverture des droits à la retraite d’autant de personnes. Certains assurés avaient dû vendre leur maison ou vivre au crochet de leur famille. Il avait fallu une forte mobilisation et l’intersession de Michelle Demessine pour que la caisse régionale reçoive du renfort. « On a dévoilé le scandale et fini par alerter le président de la République, car les alertes auprès de la ministre de la Santé de l’époque et de la direction de la Cnav n’avaient rien donné, raconte la sénatrice PCF du Nord. Plus de 40 % des dossiers étaient arrêtés. Par exemple, dès qu’un prénom était orthographié de manière atypique, cela déclenchait un contrôle et donc six mois de retard. On a obtenu une brève reprise des embauches sur la région, mais le problème de fond n’est pas réglé. » Et depuis plusieurs mois l’Île-de-France est particulièrement touchée. « Au 7 août, on avait 8 113 dossiers d’ouverture de retraite personnelle en stock au contrôle, précise Pascal Émile. Cela ne comprend pas les pensions de réversion ni le minimum vieillesse. On a des tensions similaires sur Rouen et Marseille, où les volumes de dossiers à traiter sont supérieurs aux prévisions. »

Des dizaines de milliers de personnes âgées se retrouvent sans ressource parce que leur dossier est pris dans un engorgement et d’autres retards continuent de s’accumuler

Appliquer la loi sur la garantie de versement des retraites

Conséquence du scandale de 2014, le droit opposable à la retraite, voté en août 2015, entend garantir que toute personne déposant un dossier complet touchera sa retraite quatre mois après. Cela marche très bien dans 97 % des cas, assure la Cnav. Mais, au moindre manque ou réclamation, le dossier passe en procédure du contrôle humain et les mois de retard s’accumulent. Cela concerne en priorité les populations maîtrisant mal la langue, au parcours professionnel compliqué. Le système informatique étant obtus, des personnes au nom atypique ou avec des homonymes sont également touchées. Dans 10 % des cas, pour aller plus vite et il manque un justificatif, la Cnav propose « une liquidation des droits » pour débloquer une retraite temporairement sous-évaluée.

 

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