Loup Bureau, journaliste français, doit sortir de prison

Dans son reportage, diffusé par TV5 Monde, Loup Bureau donne la parole à des combattants kurdes de l’YPG,

Une pétition destinée au gouvernement français, afin qu’il intervienne en faveur de Loup Bureau, emprisonné en Turquie,  a déjà recueilli plus de 20 000 signatures sur Internet, en quelques jours. Le journaliste français, arrêté fin juillet, est accusé de « participation à un groupe terroriste ». Sa situation, inédite, traduit un nouveau pas d’Erdogan contre la liberté d’informer.

Après avoir muselé la presse turque, Erdogan chercherait-il à intimider la presse étrangère ? Le 26 juillet dernier, un journaliste français, Loup Bureau, 27 ans, a été arrêté dans le sud-est du pays au poste frontière de Habur, situé entre l’Irak et la Turquie. Il a été incarcéré à Sirnak, le 1er août, et est sous le coup d’une accusation grave : participation à un groupe terroriste. En cause, dans l’ordinateur du jeune homme, un reportage, pourtant diffusé par TV5 Monde en 2013, où il donne la parole à des combattants kurdes de l’YPG, considérés comme « terroristes » par le pouvoir. La situation de Loup Bureau est inédite et dangereuse : il risque des années de prison. Pis : cette semaine, les autorités ont annoncé leur décision de l’envoyer dans une prison à Van, à neuf heures de route de Sirnak, ce qui rendrait sa défense difficile, voire impossible à préparer. Le tout dans un silence (très) prudent mais intolérable des autorités françaises.

Quelques mois après avoir comparé les Allemands aux nazis, le Président turc accuse l’Allemagne de «soutenir le terrorisme». Des accusations et injures répétées, reflets d’un divorce politique entre la Turquie et l’UE, mais également du revirement de la politique intérieure et extérieure du Président turc dans une région du monde déchirée par la guerre.

Il a été arrêté lors d’un contrôle de routine

Caméra en main, il voulait  raconter l’histoire des populations oubliées, opprimées, qui n’intéressent plus grand monde. Il a été arrêté lors d’un contrôle de routine.  « Manifestement, le simple fait de parler de cette situation, même sans critique, revient aux yeux de la Turquie à faire l’apologie du terrorisme, s’agace l’avocat. Ce qui, au passage, laisse comprendre à quel point les journalistes turcs aujourd’hui emprisonnés sont en très grand danger. ». Grâce à son père, qui s’est directement inquiété de son silence sur les réseaux sociaux et de l’absence de mouvements sur son compte bancaire, le Quai d’Orsay a été vite alerté.

Erdogan, ici avec Emmanuel Macron, impose une véritable dictature en Turquie. la chasse à tous les opposants est quotidienne et la presse est totalement muselée.

Au cœur de l’été, un comité de soutien, composé d’amis très proches  et de camarades s’est constitué, raconte Clémentine, qui en est membre. Le collectif a mis en ligne deux pages sur Facebook.  Depuis l’annonce de son transfert, le comité a lancé sur Twitter une action « destinée aux ministres et aux députés français, qui n’ont fait aucune communication officielle à ce sujet », grâce au #FreeLoupTurkey. Dix députés et huit personnalités ont répondu. La pétition en ligne (1) a recueilli plus de 20 000 signatures à la date d’aujourd’hui. Elle sera remise en temps voulu aux autorités turques, au ministre de l’Intérieur turc, Süleyman Soylu, et au ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian.

Comme les femmes polonaises il y a quelques mois, les femmes turques sont dans la rue pour défendre leurs droits. Après avoir contraint le régime à renoncer à la réforme du droit à l’avortement, elles manifestent pour réclamer la liberté de s’habiller comme elles l’entendent.

Le comité souligne et regrette le silence du gouvernement français, et dénonce « une espèce de timidité vis-à-vis de la Turquie. Il n’est pas question de tourner le dos à ce pays, qui reste un partenaire commercial, diplomatique, militaire, géopolitique de la France. Mais nous n’avons pas à renoncer à nos propres valeurs. Pour le moment, nous sommes otages de nos accords commerciaux ». Ce vendredi, s’achève la seconde semaine de détention de Loup Bureau.

POUR SIGNER LA PÉTITION, CLIQUEZ SUR CE LIEN : https://www.change.org/p/les-autorités-turques-liberté-pour-le-journaliste-loup-bureau-incarcéré-en-turquie-depuis-le-26-juillet-2017?utm_medium=email&utm_source=petition_signer_receipt&utm_campaign=triggered&share_context=signature_receipt&recruiter=57961612

 

 

 

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