Étouffer la contestation chez les Républicains en Marche !

« Qu’est-ce qui marche le mieux à la République en marche ? La commission des conflits. » C’est la nouvelle blague à la mode dans l’opposition interne du parti du souverain Macron. Mardi 9 janvier l’organisme chargé de régler les discordes du mouvement s’est en effet réuni pour traiter plusieurs cas qui témoignent d’une volonté d’étouffer la contestation de la base. La « révolution de velours », ainsi qualifiée par le Cevipof (*)… avec un gant de fer.

Rayan Nezzar, lui, ne sera pas plus inquiété : il a démissionné, lundi, du porte-parole de LREM qu’il occupait depuis… cinq jours !, après la révélation d’anciens tweets injurieux mettant en cause des membres de la majorité précédente (PS). La secrétaire d’État Marlène Schiappa non plus ne passera pas devant la commission. Moquée pour un prix de la laïcité reçu alors que, selon les Sarthois qui la connaissent bien (elle a été adjointe à la mairie du Mans), elle scolarise ses enfants dans le privé confessionnel, elle aurait rétorqué à l’ex-députée PS Sylvie Tolmont, qui a relayé sa réponse sur Facebook : « Tu n’as jamais été capable d’en avoir toi-même (des enfants – NDLR). » Pourtant, c’est une seule des dix signataires LREM de la lettre ouverte dénonçant ces propos qui devra répondre devant la commission. « On veut faire un exemple », lâche Clarisse Maignan, responsable d’un comité LREM.

 

Ce « serrage de vis » ne concerne pas seulement les Sarthois. Certains adhérents du Gers aussi sont convoqués pour avoir émis « doutes et critiques » sur la stratégie nationale. Lors des élections législatives, ils avaient refusé d’appuyer Christopher Soccio, candidat investi dans la 2e circonscription contre l’avis des militants locaux. Ils auraient, en outre, selon un courrier dévoilé par le blog politique de France 3 Occitanie, « instillé la discorde au sein du mouvement en dénonçant son organisation et en remettant en cause de façon répétitive et appuyée son fonctionnement ». « C’est un mouvement qui ne laisse plus de place à l’initiative », déclare à l’Humanité Philippe Cattuzato. Le vice-président de la Confédération des marcheurs de la République est « en accord » avec la politique menée par Macron, pas avec « le modèle de fonctionnement autoritaire, encore plus sous Castaner qui se conduit comme un adjudant ». Et comme d’autres déplorant la « verticalité » de LREM, il regarde avec attention l’émergence de courants à LREM qui pourraient se concrétiser, comme l’a laissé entendre ce mardi 9 janvier à Centre Presse le député LREM (ex-PS) de la Vienne, Jean-Michel Clément, par « la constitution d’un groupe et même de plusieurs » à l’Assemblée nationale.

(*) Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF) analyse les grands courants politiques qui façonnent les forces et les institutions politiques, ainsi que les facteurs qui contribuent à orienter les comportements et les attitudes politiques de nos concitoyens.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s