Le service public SNCF démantelé avant l’été ?

La privatisation du rail ne fera qu’aggraver les conditions de déplacement des usagers

Dégoupillée par le rapport Spinetta, la grenade de l’exécutif a été lancée le 26 février contre la SNCF. Flanqué de sa ministre des Transports, Élisabeth Borne,  le premier ministre de Macron a détaillé le contenu et la méthode retenus par le gouvernement pour réformer – à nouveau – l’entreprise publique. Et c’est une nouvelle fois la méthode des ordonnances qui est mise sur la table, au mépris de la démocratie, du débat parlementaire et de la concertation avec les syndicats de cheminots, les élus et les représentants des usagers. Au sein du pouvoir de la République en marche, on prend goût au passage en force. Le gouvernement veut aller vite et finaliser sa réforme « avant l’été », a d’ailleurs annoncé Édouard Philippe. C’est vrai qu’il faut faire vite. Spéculateurs et actionnaires ont FAIM !!!

Des drames comme celui de Brétigny-sur-Orge le 12 juillet 2013 entraînant la mort de sept personnes et en blessant soixante-dix, sont à mettre à l’actif du mauvais entretien des voies faute de manque de personnel. Des écoutes judiciaires montreraient comment la direction de la SNCF a, pendant plusieurs mois après l’accident, refusé de réduire la vitesse sur des tronçons dangereux, ceci afin de cacher sa connaissance du mauvais état des voies en question.

Casse du statut des cheminots, ouverture à la concurrence des lignes de chemin de fer et des installations ferroviaires, privatisation du fret, le premier ministre a validé la plupart des préconisations du rapport Spinetta tout en mettant de la brume sur le projet de fermeture de 9 000 kilomètres de voies ferrées dites « secondaires ». La CGT se prépare à un mois de grève. Les autres organisations syndicales, dont l’UNSA et SUD-Rail, devraient être dans le mouvement aussi. Les syndicats de cheminots préparent donc une réponse au nouveau cours magistral de libéralisme auquel se livre une fois de plus ce gouvernement de droite. Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots, prévient dans le Parisien : « Pour faire plier le gouvernement, il va sans doute falloir un mois de grève. Nous allons relever le défi. On est sûrement parti pour l’un des plus importants mouvements sociaux de l’histoire de la SNCF. » Et ça commence le 22 mars prochain. La méthode Macron-Philippe appliquée à la SNCF, après le Code du travail et avant les hôpitaux publics et les autres chantiers « sociaux », indique l’ampleur du traitement de choc que ce pouvoir entré « par effraction » à l’Élysée fait subir au pays au profit des forces de l’argent. Le chantier de rassemblement et de résistance à y opposer lui est proportionnel.

En 1990 les effectifs de la SNCF atteignaient 207 000 agents, en 2002 ils étaient 178 000 et en 2017 144 400 !

Question sur les rails !

En France, qu’est-ce qui rend la situation de la SNCF « intenable », pour reprendre le mot du premier ministre ? Le statut des cheminots ou les logiques financières qui corrompent le service public de l’intérieur depuis des années  et que le pouvoir entend amplifier par ordonnances ? En quoi supprimer le statut des cheminots fera-t-il arriver les trains à l’heure ? En quoi ne plus reconnaître la pénibilité d’un service à assurer de nuit et le week-end aidera-t-il à moderniser les transports ? En quoi rendre les cheminots aussi précaires que les autres salariés augmentera-t-il la sécurité ? Qui n’a pas mis un centime dans l’entretien des infrastructures durant des décennies ? Qui a décidé de la suppression de milliers d’emplois à la SNCF depuis des décennies ? Et qui répare un centre d’aiguillage en panne du fait du recours à la sous-traitance à outrance, en pleine transhumance estivale, et ne rechigne pas à sortir dans la neige et le froid quand il le faut ? Répondez donc Monsieur le président de la République !

 

FICTION ou REALITE ?

58 % des personnes interrogées souhaitent la renationalisation du rail. Le prix du billet a été multiplié par 3,5. 80 % des trains sont en retard, quand ils ne sont pas annulés sans préavis. Quant aux comptes publics, l’État a été sollicité par les compagnies privées pour mettre au pot près de 5 milliards d’euros. Ceci n’est pas de la politique-fiction mais la Grande-Bretagne d’aujourd’hui après la privatisation du rail. Une privatisation magistralement dénoncé par Ken Loach  dans son film The Navigators.

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