Un sens de l’humanité

La nation a célébré hier le courage du gendarme tué vendredi. Ils étaient des milliers, hier, à être venus braver, dans les rues de la capitale, la pluie pour rendre hommage à Arnaud Beltrame. Un hommage national, orchestré par l’Élysée. Mais un hommage pour saluer comme il se doit l’immense courage du lieutenant-colonel de gendarmerie sauvagement assassiné un djihadiste, dans le Super U de Trèbes (Aude). Vous trouverez ci-dessous l’éditorial signé de Patrick Apel-Muller, et paru dans l’édition du journal l’Humanité ce matin. Un édito dont je partage bien évidement et intégralement le contenu.

« Arnaud Beltrame n’incarnera pas la «  république du sabre » que détestait Victor Hugo mais celle du don, de l’altruisme et du dépassement de soi. Son sacrifice s’élève loin des opérations de récupération, des surenchères à courte vue ou des rodomontades de comptoir. Sa trajectoire, aussi tragique soit-elle, peut dessiller des yeux parmi ceux qui voient du courage dans les suicides ravageurs des fanatiques, dans leur mépris de la vie, dans leur refus de toute différence. Elle témoigne aussi d’un sens de l’humanité qui fait plus sûrement nation que les déchéances de nationalité, les replis identitaires ou les atteintes aux libertés qui fortifient les tueurs.

La mère d’Arnaud Beltrame, à la question « Comment rendre hommage à votre fils ? », répond : « En étant davantage citoyen, faire le bien autour de soi, ne pas avoir peur, continuer de vivre, apprécier la vie, aimer la vie, s’émerveiller devant une fleur qui s’ouvre, devant la mer, la montagne ». Ce sont les suites à donner à l’hommage national hier aux Invalides. La menace persiste et persistera encore des années, nos concitoyens le savent. Pour faire refluer la haine et le fanatisme de Daech, les services de renseignement et de sécurité comme notre justice sont mobilisés, mais ils n’y suffiront pas.

La société tout entière doit prendre à bras-le-corps les injustices, les discriminations, les violences du monde, qui constituent le terreau de ces mouvements. Il va falloir aussi combattre les pensées réactionnaires et obscurantistes, raviver les espérances, permettre à notre pays de renouer pleinement avec sa promesse de liberté, d’égalité et de fraternité, instaurer une République sociale où chacun dispose d’une belle place. Le chantier pour faire reculer les fantômes armés est immense mais il commence dans une lutte d’entreprise, un militantisme de quartier ou les rencontres qu’on noue. Il n’est pas hors de portée et il est le seul chemin ».

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