L’extrême droite salit l’hommage à Mireille Knoll

Des milliers de Parisiens ont rendu hommage à Mireille Knoll, mercredi soir. Une démarche salie par l’intervention du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France(Crif) qui n’a fait qu’encourager et libérer l’action des extrémistes de la Ligue de Défense Juive (LDJ).

Des milliers de personnes ont marché mercredi de la place de la Nation à Paris jusqu’au domicile où vivait l’octogénaire de confession juive Mireille Knoll, avant d’être assassinée. Une marche blanche où son visage est épinglé partout, sur les torses et les petites pancartes, où le mot « ensemble » côtoie le combat contre l’antisémitisme. En  tête de cortège d’Anne Hidalgo (PS) Laurent Wauquiez (LR) en passant par Christophe Castaner (LREM) ou Pierre Laurent (PCF). Une émotion très forte au sein de la société parisienne, et plus largement au sein de la société française s’incarnait dans les nombreuses roses blanches déposées par les anonymes.

La veille et le matin même, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, avait estimé que « ni Jean-Luc Mélenchon et les insoumis, ni Marine Le Pen et le FN (n’étaient) les bienvenus », parlant pour le premier d’une « délégitimation d’un État, dans la haine d’Israël (qui) véhicule en réalité la haine des juifs ». Beaucoup ont rappelé, comme Olivier Dartigolles, membre d’un parti, le PCF, également victime de ces amalgames, que « le fait de critiquer la politique du gouvernement israélien, qui ne respecte pas le droit international, n’est en rien l’expression d’un antisémitisme ». Mais l’amalgame odieux a fendu la foule et donné le feu vert à une frange des plus extrêmes, à contre-courant de la motivation des participants à la marche. Résultat : les médias ont retenu deux images, celle d’abord d’un Jean-Luc Mélenchon, accompagné par des députés insoumis, exfiltré sous les cris de « enculés », « collabos » et « pédés ». Puis une autre, où l’on voit Marine Le Pen, arrivée de son côté sous des « Le Pen dehors ! ».

Mais les deux scènes ont bien eu un point commun : la Ligue de défense juive (LDJ). C’est en réalité elle qui a pris à partie les insoumis, avant de se métamorphoser en garde rapprochée de la frontiste pour qu’elle poursuive sa marche sous les sifflets des passants. Et ses militants, solidaires de l’extrême droite française ne s’en cachent pas. C’est pour « éviter des heurts » que la LDJ s’est vue « dans l’obligation de sortir du rassemblement Jean-Luc Mélenchon (sic) », écrit-elle dans un communiqué, accolant son nom aux « terroristes palestiniens ayant du sang juif sur les mains ». La manœuvre est une fois encore cousue de fil blanc : en confondant antisionisme et antisémitisme, les inconditionnels français du gouvernement israélien et les fervents supporters de la politique d’apartheid menée en  Palestine entendent interdire ainsi toute critique de la politique de Tel-Aviv. Ils nous faut donc mettre de l’ordre dans les concepts utilisés, faire les rappels historiques nécessaires ainsi qu’éclairer les coulisses de la manœuvre.

 

 

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