31 JUILLET 1914, JEAN JAURÈS EST ASSASSINE

Le 31 juillet 1914, le leader socialiste Jean Jaurès, créateur du journal L’Humanité,  est assassiné par un fanatique de la mouvance fasciste d’Action française. Pourquoi ? Parce qu’il intervient sans cesse auprès du gouvernement français et auprès des mouvements syndicalistes ouvriers d’Europe  pour éviter la guerre.

Jaurès était en sursis depuis vingt ans en raison de ses efforts pour la paix qui lui attiraient une haine incommensurable des conservateurs imbéciles et assassins. La presse bourgeoise au service du grand patronat, pressé de spéculer sur la guerre, se déchaîne contre lui, l’accuse de collusion avec l’Allemagne. On l’appelle « Herr Jaurès ». A la Chambre, il est hué par les députés de la droite et de l’extrême-droite. L’écrivain Charles Péguy écrit : « Dès la déclaration de la guerre, la première chose que nous ferons sera de fusiller Jaurès. Nous ne laisserons pas derrière nous ces traîtres pour nous poignarder dans le dos ». Paul Déroulède titre un de ses articles dans le journal L’Action française : « TUER JAURES ». Quant à Léon Daudet, le 23 juillet 1914, une semaine avant l’assassinat de Jaurès, il écrit : « Nous ne voudrions déterminer personne à l’assassinat politique, mais que Jean Jaurès soit pris de tremblements ! ».

Son assassin, Raoul Villain, sera jugé en 1919 et acquitté. C’est même l’épouse de Jaurès qui sera condamnée aux dépens pour payer les frais du procès. Anatole France proteste : « Travailleurs ! Un verdict monstrueux proclame que l’assassinat de Jean Jaurès n’est pas un crime… ». Raoul Villain s’exile en toute liberté à Santa Eulalia sur l’île d’Ibiza dans les Baléares. Peu après le début de la guerre d’Espagne, le 17 septembre 1936, les Républicains l’exécutent pour espionnage au profit de l’armée franquiste.  Quant au fils de Jaurès, Louis,  il est  tué dans l’Aisne le 3 juin 1918. Il avait vingt ans, son corps ne sera jamais  retrouvé.

La Première Guerre mondiale provoquera 18,6 millions de morts dont 8,9 millions de civils.

Figure majeure du socialisme français, combattant acharné pour la justice, l’égalité et la paix. Mais dans une France qui entretient le souvenir de la défaite de 1870, l’abandon de l’Alsace et la Lorraine, ce pacifisme lui vaut la haine des nationalistes qui ne pense qu’à la revanche. Jaurès est assassiné le 31 juillet 1914. Le 3 août, jour de son inhumation,  le gouvernement français proclame la mobilisation générale.  Le 4 août 1914, le groupe des députés socialistes vote à l’unanimité avec la droite les crédits de guerre. Le même jour, les députés sociaux-démocrates allemands en font autant (sauf Rosa Luxembourg). La guerre  va faire près de 20 millions de morts et enrichir de nombreux grands patrons.  « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » écrivait Jean Jaurès. Il  la porte toujours en lui aujourd’hui.

 

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