LE DERNIER DES « MANOUCHIAN »

Le dernier des « Manouchian » s’est éteint. Avec la mort d’Arsène Tchakarian, le samedi 4 août à l’âge de 101 ans, disparaît en effet le dernier survivant du groupe Missak Manouchian, dont 22 membres, composé d’immigrés italiens, arméniens, juifs polonais, la plupart communistes, furent exécutés par les nazis le 21 février 1944 au Mont-Valérien. Olga Bancic, seule femme du groupe, sera décapitée dans une prison en Allemagne. Arsène habitait Vitry et en février et juin dernier, il rendait encore hommage à ses 22 frères et camarades.  Frères et camarades immortalisés par le poème d’Aragon, Strophes pour se souvenir, chanté ensuite par Léo Ferré sous le titre de l’Affiche rouge.

Arsène Tchakarian est un résistant français d’origine arménienne, membre des Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée( FTP-MOI) dirigé par Missak Manouchian et qui comptera aussi parmi ses membres, Henri Krasucki, alors âgé de 18 ans et futur secrétaire général de la CGT.  Né en Turquie d’une famille arménienne qui fuit  le génocide arménien, ArsèneTchakarian  arrive en France en 1930.  À la suite de sa participation aux manifestations du Front populaire en 1936, il adhère à la CGT et au PCF. Il rencontre Missak Manouchian en participant avec lui au début des années 1930 à une campagne d’aide aux enfants de l’Arménie soviétique. Engagé dans l’armée française en 1937, il participe aux combats des Ardennes et de la Meuse puis est démobilisé à Nîmes en 1940. Lorsque Manouchian le contacte, il répond présent et entre dans la Résistance, en 1942, au sein du Groupe des FTP MOI, créé par les dirigeants du PCF.

Le premier coup d’éclat date du 17 mars 1943 : Arsène, Missak et Marcel Rayman attaquent une formation de gendarmes allemands à Levallois-Perret. Il participe les mois suivants à des distributions de tracts, actions militaires ou de sabotage. On doit mettre à leur  actif l’exécution en plein Paris, le 28 septembre 1943, du général Julius Ritter, adjoint pour la France de Fritz Sauckel, responsable de la mobilisation de la main-d’œuvre (STO) dans l’Europe occupée par les nazis. Le groupe de Manouchian harcèle l’occupant dans Paris et en banlieue.  « En quelques mois nous avons fait à peu près 120 attentats, tué trois généraux, une vingtaine de colonels, et plusieurs soldats dans Paris. Nous avons anéanti pas mal, et surtout démoralisé l’armée hitlérienne », développait Arsène, y a encore peu de temps, dans les classes de collèges et de lycées qu’il n’a cessé d’arpenter, pour le devoir de mémoire. Après l’arrestation de Missak Manouchian, Arsène va rejoindre le maquis du Loiret et participe à la libération de Montargis. Et toute sa vie durant il mènera une autre bataille : faire entrer  Missak Manouchian au Panthéon. Cette bataille n’est pas finie !  

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