La loi « Asile et immigration », une loi qui souille l’histoire de notre pays !

Alliance inattendue ou tout simplement logique idéologique?  Car c’est sous les applaudissements conjugués de  88 députés LREM et ceux du Rassemblement national, ex-FN, que la loi « Asile et immigration » a été adoptée à l’assemblée nationale. Huit élus LREM sauvent l’honneur de leur groupe  en choisissant l’abstention sur cette loi qualifié de  « Loi de la Honte » par de très nombreuses associations de solidarité.  Fiona Lazard, « absente » lors d’un précédent vote était cette fois présente pour voter pour.

Mais comment peu-on rester insensible à la situation dramatique que vivent ces êtres humains fuyant la guerre et la misère.

Plus de cinq mois après des vifs débats dans les deux chambres, un rejet en dernière lecture du texte par le Sénat et des menaces d’exclusion à l’encontre des députés LREM opposés au texte, la loi votée par la majorité présidentielle au parlement n’a pratiquement pas bougé depuis la copie remise par Gérard Collomb en conseil des ministres. En question, notamment, le doublement de la durée maximale du séjour en centre de rétention, qui passe de 45 à 90 jours et facilite ainsi la reconduite à la frontière. « Hormis de rares mesures protectrices, cette loi instaure principalement des mesures renforcées de restrictions, de contrôles et de “tris”, à des fins d’empêchement d’entrée ou d’expulsion et de bannissement du territoire », a réagi au lendemain du vote la Cimade ( Comité Inter-Mouvements Auprès Des Évacués).  

Le 3 septembre 2015, le cliché du corps sans vie du petit Syrien, Ayland Kurdi, âgé de trois ans, retrouvé sur une plage turque, faisait le tour du monde. Aylan devenait le symbole du drame quotidien des migrants.

Pour l’association, ce « code de la honte » amplifie « la politique migratoire actuelle, déjà fortement attentatoire à la dignité et au respect des droits fondamentaux des personnes ». Même son de cloche du côté des députés de gauche. Pour le socialiste Alain David, le texte est « mis au service d’une politique du chiffre au détriment de la possibilité réelle pour certains migrants de faire valoir leurs droits ». « Même sous Nicolas Sarkozy, la France n’était pas allée aussi loin », tance quant à elle l’élue FI Clémentine Autain. Et Elsa Faucillon (PCF) d’y voir un texte « extrêmement grave et dangereux  et même nauséabond » pendant que Stéphane Peu (PCF) soulignait que  » La France aurait du se montrer fidèle à sa tradition de terre d’asile en Europe et prendre toute sa part dans l’accueil des réfugiés. C’était une exigence morale au regard de l’histoire et des valeurs de notre République ; c’est une obligation juridique au regard du droit international et des traités et conventions sur lesquels notre pays avait engagé sa signature officielle. »

En août 1914, près de deux millions de Belges fuient l’avance allemande. Ils se retrouvent principalement a en France. 340 000 y resteront après la guerre. Ils seront encore une million et demi à fuir leur pays lors de la seconde guerre mondiale.

Après l’acte fort du Conseil constitutionnel, qui consacrait le 6 juillet « le principe de fraternité », l’adoption de la loi asile et immigration a permis un assouplissement, et non une suppression, du « délit de solidarité ». Reste le statu quo du gouvernement sur la rétention des mineurs. S’opposant à son interdiction demandée par la gauche, il l’a renvoyée à une future proposition de loi, élaborée par la majorité LREM et déposée d’ici à la fin de l’année. Socialistes, communistes et iFrance-insoumis ont déposé un recours devant le Conseil constitutionnel pour s’opposer au projet de loi, qui porte atteinte à des principes fondamentaux. En effet, il est écrit dans notre constitution de 1946 que «Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République. ».

3 119 migrants sont morts noyés l’année dernière en tentant de passer en Europe. Et plus de 1.500 sont morts en Méditerranée depuis le début de l’année dont 850 entre juin et juillet.  

Les députés LREM n’aiment pas la Fraternité !

Pire, ils la condamnent ! A l’image de la députée LREM Naïma Moutchou qui, au nom de son groupe, apris la parole pour saluer l’amendement visant à « assouplir » le délit de solidarité. Un assouplissement et non une suppression. Ironie de l’histoire, il y a quelques mois, des députés du souverain Macron se vantaient eux de l’avoir aboli… encore une fois à tort.

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