GILETS JAUNES, MACRON MANQUE DE CARBURANT !

Le souverain Macron ne veut pas jeter de l’huile sur le feu d’une mobilisation dont personne ne sait quelle peut être l’issue. Opération déminage, ce mercredi-matin, avec l’annonce de mesures isolées et une interview du président ce soir. En attendant, la France se couvre de jaune en préparation de la grande journée de colère du 17 novembre.

«Pas de condescendance. » L’Élysée a décidé de ne pas en rajouter à la veille de la mobilisation dite des « gilets jaunes » samedi, tandis que ce soir le chef de l’État veut reprendre la main dans une passe difficile avec une interview au 20 heures de TF1. La fébrilité se lit entre les lignes, quand après avoir assuré de la « vigilance envers la sécurité des Français » sur les barrages, un conseiller se demande ce qu’il se passerait « s’ils ne retournent pas au travail lundi ». Vendredi, lors de son périple mémoriel, le président Emmanuel Macron avait lui-même souligné le risque d’une coagulation des mécontentements pouvant déboucher sur un mouvement plus large. « Je me méfie toujours de ces mouvements où on mélange tout », avait-il lancé aux clients d’un bar PMU où il avait fait une étape populiste.Une fois encore, la séquence politique pour le président Macron tourne au casse-tête. Si l’Élysée, sans ironie aucune, a félicité les médias pour leur couverture de « l’itinérance » mêlant commémorations du 11 Novembre et rencontres avec les Français, satisfait du « continuum médiatique » qu’a donné l’opération, destinée à être renouvelée, la parole donnée aux « gilets jaunes » séduit moins. Angle d’attaque de l’Élysée – qui peut faire mouche –, les invitations répétées des médias à Jacline Mouraud, la médium farfelue devenue incarnation virale du mouvement. Mais, maintenant que l’ampleur du mouvement se dessine, l’Élysée incrimine plus la couverture médias que sa propre action. Tout juste un proche du président, à l’occasion d’une rencontre avec des journalistes, concède que « l’attention a été peut-être trop vive sur les réformes structurelles, pas assez sur le quotidien des Français ». C’est ce que devrait faire Emmanuel Macron ce soir, répondant en duplex depuis le porte-avions Charles-de-Gaulle qui vient d’être rénové. Sur le choix curieux du lieu pour parler quotidien des Français, l’Élysée botte en touche, préférant mettre l’accent sur les mesures que devrait annoncer ce matin Édouard Philippe et que commentera Emmanuel Macron.L’idée d’un chèque carburant, réclamée par la droite, apparaît écartée par Matignon. À la place, des mesures moins coûteuses ; la prime à la conversion des vieux véhicules, l’ex-« prime à la casse », pourrait être renforcée et l’exécutif pourrait s’engager à en financer jusqu’à près d’un million d’ici à 2022, au lieu des 500 000 actuellement prévus. La prime à la conversion pourrait également être facilitée pour les « gros rouleurs », même quand leurs voitures ne sont pas aussi vieilles que l’exige le dispositif. Quant aux aides pour les carburants, comme dans les Hauts-de-France, elles seraient défiscalisées. Le chèque énergie, une aide de 150 et bientôt 200 euros pour payer les factures d’énergie, devrait être élargi à 6 millions de foyers modestes, soit environ 20 % des Français, contre 4 millions actuellement.

Enfin, le gouvernement pourrait avancer à janvier 2019 la mise en place prévue du forfait versé par l’employeur à ceux qui se rendent sur leur lieu de travail en covoiturage (200 euros). « On s’occupe des Français pour qui c’est difficile d’aller bosser le matin et auxquels nous allons proposer des solutions dès cette semaine », a expliqué sans même frémir lundi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, toutou élyséen grand habitué des rétropédalages. Pour autant, l’Élysée se rassure en estimant que, dans ce contexte où Emmanuel Macron a pris le toboggan de l’impopularité, « les réformes ne sont pas entravées ; sur les retraites par exemple, il n’y a pas de contestation structurée ». Des réformes qui se font, un coup de pouce au pouvoir d’achat, la taxation accrue des carburants en échange d’une aide peu coûteuse aux plus modestes : l’Élysée renoue avec le « en même temps ». Parfois, les zigzags mènent dans le mur.

 

 

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