EN DESSINS, SAMEDI, PARIS JAUNE ET ROUGE DE COLERE

Samedi 1er décembre, les Gilets jaunes appellent à une nouvelle manifestation dans la capitale, alors que d’autres mouvements – étudiants, CGT, collectif Adama, collectif antiraciste Rosa Parks – ont eux aussi programmé de manifester à Paris. C’est toute la question du pouvoir d’achat qui va défiler au-delà de la légitime action contre la seule hausse des taxes sur les carburants. Dans le même temps, le pyromane social, Macron 1er, annonce depuis le G20  que ses décisions à venir « ne seront jamais des reculs ».

C’est le caractère imprévisible des commencements qui fait le politique. Nous y sommes. Qui aurait pu prévoir il y a encore quinze jours qu’un coup de gueule à la pompe réussirait à faire redescendre Jupiter sur terre et à replacer la question sociale au centre du jeu politique ? La chute est brutale pour le pouvoir macroniste, proportionnelle à la violence infligée aux classes populaires depuis le début du quinquennat. Les travailleurs pauvres, les chômeurs de longue durée, les galériens de l’ubérisation, les classes moyennes déclassées, tous les humiliés par le mépris des puissants sortent de l’invisibilité en jaune fluo.

La « start-up nation » voulait les réduire au silence de la servitude volontaire. Ils envahissent les rues pour dire stop. Une question de survie. Bien qu’inclassable et composite, et donc imprévisible, ce mouvement ne peut laisser indifférent ceux qui ont la justice sociale au cœur, au risque de le pousser dans les bras de l’extrême droite, dont le gouvernement assure opportunément la promotion permanente. Les rendez-vous parisiens de samedi, où pourraient s’additionner les colères isolées et les revendications collectives, seront décisifs pour la suite. Celles envoyées hier à la presse et aux députés démontrent qu’il ne s’agit pas d’une simple « jacquerie », ou autre « ligue factieuse ». Augmentation des salaires, services publics, répartition des richesses, retraites, démocratie… les cahiers de doléances s’écrivent à l’encre rouge, témoignant d’une politisation bien plus forte que présumée. Pourtant celle-ci échappe jusqu’à présent aux structures collectives, ce qui en a fait sa force, mais aussi sa fragilité. Car les gilets jaunes sont également le produit d’un macronisme qui s’est acharné à dépolitiser le débat public, confisqué par une poignée de technocrates, à délégitimer partis et syndicats, à nier les clivages de classes. Un boomerang qu’il se prend aujourd’hui en pleine figure, et qui pourrait ébranler sévèrement la suite du quinquennat.

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