LA MACRONIE : LE NAVIRE SOMBRE !

C’était inimaginable il y a encore deux semaines. Mais le rétablissement de l’ISF est bien en train de se frayer un chemin. Une pirouette du gouvernement de la droite macroniste pour gagner du temps, mais qui crédibilise cette revendication phare des gilets jaunes pour la justice fiscale. Est joint à cet article la vidéo de l’intervention hier à l’Assemblée nationale de Fabien Roussel, député communiste et secrétaire national du PCF.

 

Interrogé hier sur ce cadeau aux plus riches, qui concentre une part de la colère des gilets jaunes, Benjamin Griveaux explique d’abord que « ce sujet-là n’est pas sur la table ». Avant de finir par lâcher : « Il faudra évaluer. Il faudra voir si l’argent, qui a été supprimé dans cette part de l’ISF sur les valeurs mobilières, revient bien dans l’économie réelle. » Le porte-parole du gouvernement ira jusqu’à préciser : « Et de faire en sorte que, si ce n’est pas le cas, on modifie ce système, qu’on puisse permettre à chacun d’avoir de l’argent réinvesti dans nos territoires pour l’emploi. » C’est la première fois que la majorité met en doute l’efficacité de la suppression de cet impôt sur l’économie réelle. Et par là même remet en cause le fondement même de toute sa politique économique, le fameux « ruissellement ». Quelques heures plus tard, la ministre Marlène Schiappa fait savoir dans un communiqué qu’elle est prête à proposer de « rétablir l’ISF » si « les évaluations du nouveau dispositif qui le remplace ne sont pas concluantes ». Rétablir l’ISF ? « Non, cela n’a été dit par personne », répond de son côté la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, témoignant de la confusion qui règne dans les rangs de la majorité. « Nous ne craignons pas le débat sur la réforme de l’ISF », finira par trancher par une pirouette Édouard Philippe dans l’Hémicycle. Prémices d’un recul ou simple opération de communication ? En tout cas ça part dans tous les sens…

Les cent plus fortunés y ont gagné 1,5 million d’euros chacun

Alors que l’ISF a rapporté 5 milliards d’euros en 2016, l’IFI (impôt sur la fortune immobilière) ne représentera que 1,53 milliard d’euros en 2019. Soit un manque à gagner pour l’État de 3,5 milliards d’euros. Les cent premiers contribuables les plus fortunés, eux, auront gagné 1,5 million d’euros chacun. Pourtant, les godillots de la macronie l’assurent : non, ce n’est pas un cadeau aux plus riches, mais bien le meilleur moyen de relancer l’investissement. Les mêmes justifient  le Cice (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). Mardi, les députés du souverain n’ont pas hésité à adopter le versement de 20 milliards d’euros de Cice et de CITS (crédit d’impôt sur la taxe sur les salaires), mais également la transformation de ces avantages en allégements pérennes de cotisations patronales. Une autre facture salée pour un dispositif qui est loin d’avoir démontré, lui aussi, son efficacité. Pour mémoire, cette mesure phare du quinquennat Hollande n’aurait créé ou sauvegardé que 100 000 emplois pour 50 milliards d’aides versées, très loin du million promis par l’ex-patron du Medef Pierre Gattaz. Le groupe Carrefour, par exemple, a encaissé le jackpot avec 744 millions versés par l’État, au moment même où il annonçait la suppression de 3 500 postes. Mais « c’est bon pour l’emploi et l’investissement », continuent de marteler les valets de Macron qui savent  pertinemment que la suppression de l’ISF est uniquement destinée à gaver les plus grandes fortunes.C’est bien cette indécente concentration des richesses entre quelques mains, quand la majorité des Français voit ses conditions de vie se dégrader, que porte au grand jour les gilets jaunes. « Cela va leur coller à la peau ! » prédisait il y a un an Fabien Roussel, lors du vote de la suppression de l’ISF. « Paye ton ISF ! » criaient les manifestants des Champs-Élysées le 17 novembre. Un slogan repris massivement dans les barrages et mobilisations des gilets jaunes sur tout le territoire.

Cette revendication a également le mérite de remettre quelques pendules politiques à l’heure. Car si la droite de Laurent Wauquiez tente se refaire une santé sur ce mouvement, elle peine à être crédible. Interrogé hier, le président du Sénat, Gérard Larcher, a avoué ne pas être favorable au rétablissement de l’ISF. Et pour cause : sa suppression était l’une des propositions phares du candidat Fillon. L’injustice fiscale est la ligne de conduite adoptée depuis le début par la planète Macron. Lui et ses sbires ont réussi à mettre la France dans une colère jaune et rouge moins d’un an et demi après l’élection. Un exploit.    Et ce qui coûte le plus cher aux fiances publics,  ce sont les cadeaux que qu’ils ont fait aux plus riches, au capital, à la finance ! Une raison qui donne raison aux gilets jaunes ne pas lâcher. La macronie est aujourd’hui un bateau ivre qui prend l’eau de toute parts. Et rien ne nous dit qu’il n’est pas menacé de sombrer, sous une forme ou sous une autre, tôt ou tard.

Hier, au nom des députés communistes, Fabien ROUSSEL s’adresse au 1er ministre à l’Assemblée nationale.

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