DÉNONCER, CONDAMNER ET COMBATTRE L’ANTISÉMITISME : OUI ! L’INSTRUMENTALISER : NON !

Après l’annonce d’une augmentation des actes antisémites et les violences récentes, Il était juste que la nation se lève. Une cinquantaine d’organisations politiques, associations et mouvements, plus de 70 manifestations … le rassemblement contre l’antisémitisme, devant la gravité des faits, mercredi, se devait d’être un moment d’ampleur, il le fut et tant mieux ! Mais il serait extrêmement dangereux, d’instrumentaliser la lutte contre l’antisémitisme et assimiler antisémitisme et antisionisme.

Aujourd’hui 6 millions de juifs vivent en Israël et dans les colonies en Palestine. 10 millions vivent ailleurs. Tous ceux qui ne veulent pas aller en Israël sont-ils des antisémites ?

Malheureusement des députés de droite, relayés par certains de LREM s’y vautrent. Et hier soir, pour la seconde fois, le souverain Macron en personne, lors du dîner du CRIF,  a notamment annoncé que la France allait adopter dans ses textes de référence une définition de l’antisémitisme élargie à l’antisionisme. «L’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme», a-t-il déclaré, reprenant ses propos tenus déjà lors de la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv’ en juillet dernier. Des propos déjà tenus par un certain Manuel Valls, alors premier ministre socialiste, qui défile aujourd’hui avec la droite et l’extrême-droite à Barcelone. Cette enchaînement de manipulation, qui vise à faire taire les critiques parfaitement fondées de la politique coloniale de l’Israël est très dangereuse, totalement irrationnel et entre dans le domaine de la confusion puisque le sionisme est une idéologie.  Sur cette importante question, vous trouverez ci-dessous deux déclarations. Celle de l’Union Juive  Française pour la Paix (UJFP)  et celle de l’association France-Palestine Solidarité.

L’UJFP : Nous sommes antisionistes parce que nous sommes anticolonialistes, par ce que nous sommes antiracistes et parce que nous refusons l’apartheid qui vient d’être officialisé en Israël.

Nous sommes juifs et nous sommes antisionistes

La Coordination nationale de l’UJFP, le 18 février 2019 :  Nous sommes juifs, héritiers d’une longue période où la grande majorité des Juifs ont estimé que leur émancipation comme minorité opprimée, passait par l’émancipation de toute l’humanité. Nous sommes antisionistes parce que nous refusons la séparation des Juifs du reste de l’humanité. Nous sommes antisionistes parce la Nakba, le nettoyage ethnique prémédité de la majorité des Palestiniens en 1948-49 est un crime qu’il faut réparer. Nous sommes antisionistes parce que nous sommes anticolonialistes. Nous sommes antisionistes par ce que nous sommes antiracistes et parce que nous refusons l’apartheid qui vient d’être officialisé en Israël. Nous sommes antisionistes parce que nous défendons partout le « vivre ensemble dans l’égalité des droits ». Au moment où ceux qui défendent inconditionnellement la politique israélienne malgré l’occupation, la colonisation, le blocus de Gaza, les enfants arrêtés, les emprisonnements massifs, la torture officialisée dans la loi …préparent une loi liberticide assimilant l’antisémitisme qui est notre histoire intime à l’antisionisme, Nous ne nous tairons pas !

VOILA 70 ANS QUE LA PALESTINE EST ILLÉGALEMENT OCCUPÉE PAR L’ISRAËL. LE DIRE L’ÉCRIRE N’EST PAS FAIRE ACTE D’ANTISÉMITISME

Non à la haine, non au racisme, non aux amalgames

Le Bureau national de l’AFPS 17 février 2019 : Un petit groupe de personnes s’en est pris personnellement à Alain Finkielkraut en marge d’une manifestation à Paris le samedi 16 février. Les vidéos mettent en évidence des propos racistes et d’une extrême violence qu’il appartiendra à la justice de qualifier.  L’Association France Palestine Solidarité condamne ces faits inacceptables, comme elle condamne toute manifestation de haine ainsi que le racisme sous toutes ses formes, notamment l’antisémitisme et le racisme anti-arabe. Elle condamne également les provocations et amalgames et notamment ceux dont Alain Finkielkraut est coutumier. Tout en rappelant son opposition au sionisme en tant qu’idéologie dont les Palestiniens sont les premières victimes, l’AFPS réfute catégoriquement l’utilisation du terme « sioniste » associé à des propos injurieux visant des personnes. Elle réfute de la même manière tous les amalgames, notamment ceux qui sont portés par le gouvernement israélien et ses soutiens inconditionnels pour tenter de faire taire celles et ceux qui dénoncent ses crimes. Toute tentative d’instrumentalisation des derniers événements pour assimiler l’antisionisme, qui est une opinion politique, à l’antisémitisme qui est un délit, serait une grave atteinte à la liberté d’expression et irait à l’exact opposé d’une lutte sincère contre l’antisémitisme. Le combat que nous menons pour les droits du peuple palestinien, avec de nombreuses autres organisations de la société civile en France et dans le monde, n’a rien à voir avec ces discours de haine. C’est un combat qui a vocation à nous unir sur les valeurs communes que sont le droit, la justice, la reconnaissance de l’Autre et le refus de la loi du plus fort.

 

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