LE GRAND DÉBAT SERA LA GRANDE DÉSILLUSION

Depuis la prestation du 1er ministre hier, l’horizon s’éclaircit ou plutôt s’assombrit. Le Grand Débat National n’aura donc été qu’un semblant de dialogue entre le pouvoir exécutif et une certaine catégorie de gens (maires, militant.e.s LREM, électeurs-électrices de M.Macron, curieux, …). S’il y a eu un semblant de libération de la parole, cela s’est fait plus autour des rond-points que dans ces assemblées normées et encadrées. Le tout pour n’être que de la poudre aux yeux. Rien a attendre en effet de la mise en scène de la restitution, à venir, de Macron.

Depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, les cadeaux fiscaux se sont multipliés pour les plus riches dont le plus symbolique :  la suppression de l’ISF tandis qu’on demandait au reste de la population de faire encore plus d’efforts. Et cela ne va pas s’arrêter. D’où le surgissement et le prolongement du mouvement des Gilets Jaunes. Le gouvernement pense pouvoir y répondre en réprimant toujours plus les manifestations et en organisant un simulacre de grand débat, entre questionnaire biaisé et campagne électorale des européennes déguisée de LREM.

De fait, les conclusions du grand débat étaient déjà contenues dans la « lettre aux français » d’Emmanuel Macron : « Nous ne pouvons, quoi qu’il en soit, poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique. » Restait aux français à choisir quels impôts ils voulaient baisser et en conséquence quels services publics et quels pans de la protection sociale détruire. Emmanuel Macron avait également prévenu : « Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises ». C’est ainsi que le questionnaire du grand débat ne demandait pas aux français s’ils voulaient rétablir l’ISF, quand bien même cette revendication est au cœur des revendications des gilets jaunes et des autres mouvements de contestations.

Ceux-ci réclamaient aussi,  la lutte contre l’évasion fiscale, une taxe sur les transactions financières, la suppression des niches fiscales, une TVA à taux zéro sur les produits de première nécessité, une taxe écologique sur les entreprises les plus polluantes, le renforcement de la progressivité de l’impôt sur le revenu et sur le capital… Ces mesures étant largement plébiscitées par les français. Comme on pouvait s’y attendre, aucune d’entre elles, même quand elles sont apparues dans le grand débat, n’a été mentionnée hier par Edouard Philippe, laissant ainsi entendre qu’elles ne seraient pas mises en œuvre. La France est divisée en deux et il n’y aura pas de grande réconciliation entre le ras-le-bol général et très majoritaire et les supporters, de moins en moins nombreux, de la politique libérale de M. Macron.

Selon ce sondage publié dimanche 7 avril par le JDD 90% des sondés favorables à un taux zéro de TVA sur les produits de 1e nécessité, 77% pour le rétablissement de l’ISF, 76% pour un impôt sur le revenu plus progressif.

Et les député.es LREM ont beau essayer de nous faire croire que leur leader va écouter la contestation, il n’en sera rien ! « En s’engageant massivement dans le grand débat national, nos concitoyens ont, en effet, exprimé leur souhait de voir émerger des solutions (…) Il est important, aujourd’hui, de mettre sur la table des constats justes, qui restituent fidèlement la parole des Français et nous permettent de définir les orientations d’une action nouvelle à même de répondre à ces enjeux » récitait de la tribune de l’Assemblée nationale Fiona Lazaar, député macroniste d’Argenteuil, jouant à la candide. Un sondage paru le 7 avril dans le Journal du Dimanche (voir ci-dessus)  affiche les priorités données par les Français. Madame Lazaar, laquelle va recevoir l’aval de votre mentor ? Le grand débat finira grande désillusion. De quoi attiser d’autres colères dont vous  et vos collègues parlementaires porteront encore l’entière responsabilité. Votre gouvernement compte à son actif  plusieurs records : celui du nombre de départs de membres du gouvernement (14 en moins de 2 ans), celui de l’impopularité, celui de la fracture sociale, celui du mépris et enfin celui de la démagogie. Voici venue l’heure de celui de l’imposture !

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