EN DESSINS, POGNON DE DINGUE POUR NOTRE-DAME

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Ce lundi 15 avril, la sidération l’a d’abord emporté. Notre-Dame posée au cœur de Paris  semblait de toute éternité. Ni les guerres, ni les incendies ne l’avaient atteinte. Le brasier qui a abattu la flèche et dévoré la toiture s’en est pris à ce patrimoine et à cet imaginaire, qui a nourri tant d’écrivains. À n’y pas croire… Pourtant, Notre-Dame reste campée sur son squelette de pierre, fichée derrière ses tours.  Mais ironie de l’histoire, la surenchère dès mardi entre milliardaires et multinationales, de Pinault à Arnault, d’Apple à Total, pour apporter des millions à la reconstruction, remet au centre la question de l’argent et sa répartition.

En vingt-quatre heures, les  héritiers des 200 familles les plus riches récoltaient 845 millions, ces quelques ultra-riches contributeurs ont rassemblé trois fois plus que ce que l’État consacre au patrimoine : 326 millions d’euros. Un budget en baisse constante depuis 2010 d’ailleurs, au point que la restauration de la flèche de Notre-Dame n’avait pu être engagée que par la contribution de mécènes privés dont les plus nombreux, les américains. « Le plus simple pour ces entreprises serait déjà de payer leurs impôts ». S’il est difficile de mesurer pour les ultrariches le gain du passage de l’ISF à l’IFI, tant les stratégies de défiscalisation permises sont complexes, force est de constater qu’aucun ne s’en est plaint. « J’aimerais autant de mobilisation pour les personnes que pour les pierres », a renchéri Ian Brossat, tête de liste PCF aux élections européennes. La Fondation Abbé-Pierre, rappelant que Notre-Dame avait accueilli les funérailles de son fondateur, a demandé aux milliardaires : « Si vous pouviez abonder 1 % pour les démunis, nous serions comblés. »

Les dons aux associations ont baissé en 2018 de 4,2 %, selon une enquête de France Générosités, baisse imputée en grande partie à la hausse de la CSG – qui a tari les dons modestes – ainsi qu’à la suppression de l’ISF – car les assujettis donnaient volontiers pour réduire leur facture fiscale. N’est-il pas juste d’être  un peu étonnés tout de même, voire sidérés de voir que de telles sommes pouvaient être mises sur la table, par quelques grandes fortunes. Comment toutes celles et ceux qui, bouleversés, étaient déjà résolus à verser leurs dix, cinquante ou cent euros ne seraient pas, comment dire, un peu humiliés quand il semble si facile à d’autres de parler en centaines de millions ? Pour celles et ceux du CAC 40, verser l’obole c’est comme jeter quelques jetons sur une table de baccara d’un casino.  Incapables d’augmenter les salaires, convoyeurs de licenciements,  , « obligés » d’aller au Luxembourg pour ne pas payer leurs impôts, vivant des cadeaux fiscaux de l’État, ils peuvent trouver des centaines de millions en un claquement de doigts.  Reste la prouesse des sapeurs-pompiers qui ont réalisé l’exploit d’éteindre un tel incendie en 9 heures. C’est eux qu’il nous faut saluer.

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