MAIS OU EST LA RÉPUBLIQUE EXEMPLAIRE DE MACRON ?

Les étés d’Emmanuel Macron ont beau être pourris par les affaires, le chef de l’État ne semble en tirer aucune leçon. Présent lors du défilé du 14 Juillet, le ministre de la Transition écologique et solidaire est pour l’instant soutenu par Emmanuel Macron. Il considère n’avoir rien fait « en dehors des clous ». Mais pourquoi Macron reprocherait-il des méthodes qu’il a lui-même utilisées lorsqu’il était ministre de François Hollande, à Bercy ?

Emmanuel Macron avait promis une « République exemplaire ». Mais où est-elle ?  Le défenseur du « nouveau monde » a d’ailleurs très vite fait preuve de son goût pour les pratiques d’Ancien Régime. L’an dernier Benalla, cette année Rugy, les étés d’Emmanuel Macron ont beau être pourris par les affaires, le chef de l’État ne semble en tirer aucune leçon. Hier, dans l’apparat très visuel d’un défilé militaire réglé au cordeau pour le 14 Juillet, on ne voyait que lui, calé juste derrière le président de la République, un François de Rugy comme si de rien n’était. Présent comme tous les membres du gouvernement. Et encore membre du gouvernement. Convaincu du complot ourdi contre lui, le ministre pris les doigts dans le caviar ne se pense pas coupable mais victime, une victime encore soutenue pas le clan. Pour le moment.

« Je n’ai rien fait qui soit en dehors des clous ! » assène le ministre de la Transition écologique et solidaire. Mais le débat n’est déjà plus de savoir ce qui est légal ou pas. Les dîners mondains du couple seront peut-être raccords avec quelque 400 000 euros de frais de bouche accordés au président de l’Assemblée nationale. 400 000 euros tout de même ! Mais l’étalage de l’opulence, du faste, du luxe, le mépris d’une caste qui affiche ses privilèges et dépense un « pognon de dingue » alors que le pays s’enfonce dans une pauvreté durable ne passent plus. Légal, certes, mais immoral et injuste. Les gilets jaunes ne se sont pas gênés, ce week-end, d’ironiser sur l’épisode, un de plus. « Homards partout, justice nulle part! » ont-ils crié, sifflant copieusement le président d’une République corruptible.

Les élites sont aujourd’hui à ce point déconnectées de la réalité qu’elles ne comprennent même pas qu’on puisse s’indigner devant le spectacle de leur vie de château. Il ne faut pas s’en réjouir, tant les populismes savent se nourrir du ressentiment. Mais dans le gouffre du discrédit d’un système naissent aussi des alternatives. Il y a 230 ans, un certain 14 juillet 1789, Louis XVI, minimisant l’impact de la prise de la Bastille, questionnait : « C’est une révolte ? » Le duc de Liancourt répondit : « Non, Sire, c’est une révolution ! » Espérons que l’exaspération sociale choisira plutôt ce chemin-là.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s