5 DÉCEMBRE : MANIFS A TAUX PLEINS !

 

Un million et demi de personnes ont manifesté partout en France dont 280000 à Paris. Secteurs publics et privés confondus, le nombre de grévistes dépasse les prévisions. Emmanuel Macron aura-t-il la sagesse ou l’intelligence de suspendre son projet de régression et d’entendre les propositions alternatives ? Pas sûr. Mais, déjà très impopulaire, parfois même dans ses propres rang s, il prend le risque d’un conflit majeur et durable, susceptible d’agréger de multiples colères. Il n’en sortirait pas vainqueur à moyen terme.

 

 

Chose suffisamment rare pour être soulignée, la presse de ce matin, tant nationale que régionale souligne l’ampleur de la mobilisation, y compris Le Figaro, pourtant très très à droite. A Bezons, deux autocars ont été affrétés par la CGT. Il y avait longtemps que cela était arrivé. Le pouvoir ne peut donc plus tabler sur une mobilisation en demi-teinte. Les grèves ont été massives, frôlant ou dépassant les records des deux dernières décennies à la SNCF, la RATP, l’éducation nationale ou EDF. Elles ne se sont pas cantonnées aux services publics : sept des huit raffineries étaient à l’arrêt hier et dans 2 000 entreprises privées des salariés ont cessé le travail. Les manifestations, sur le thème « Retraite par points, tous perdants, retraite à 60 ans, tous gagnants, Macron retire ton plan », ont fait le plein dans les TOUTES les villes où elles se sont déroulées dont les 45 plus importantes. Le refus de la réforme des retraites ourdie par le gouvernement est d’ailleurs appuyé très majoritairement par l’opinion publique, comme en attestent les récents sondages. Près de 70% des Français se déclarent solidaires du mouvement. La paralysie des transports a d’ailleurs rencontré la compréhension des usagers et nul chaos ne s’est ensuivi, malgré l’huile sur le feu qu’y a renversé le pouvoir macroniste.

Le président de la République ne peut plus croire que, l’orage passé, il a les mains libres. Des grèves sont reconduites, d’autres programmées, aucun syndicat important ne le soutient plus et les électeurs se souviennent de sa promesse de campagne : « Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions. » Les décisions avaient été repoussées à la semaine prochaine… Emmanuel Macron aura-t-il la sagesse ou l’intelligence de suspendre son projet de régression et d’entendre les propositions alternatives ? Pas sûr. Mais, déjà impopulaire, il prend le risque d’un conflit majeur et durable, susceptible d’agréger de multiples colères. Il n’en sortirait pas vainqueur à moyen terme.

La régression dont cette réforme est porteuse appelle à débattre de ce que pourrait être un progrès partagé. Les partis de gauche ont décidé de s’y mettre le 11 décembre. Mais tous les citoyens sont concernés, et en premier lieu les jeunes, qui seraient les plus violemment frappés par le système à points. Le sociologue Pierre Bourdieu rappelait : « L’histoire sociale enseigne qu’il n’y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l’imposer. » Nous y sommes.

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