A MARDI !

Après la spectaculaire mobilisation du 5 décembre, plusieurs syndicats et organisations étudiantes et lycéennes appellent à nouveau à manifester et à prendre part à une grève générale et nationale le mardi 10 décembre 2019.

Ils avaient parié sur la mort des syndicats, ils ont eu les gilets jaunes. Un an plus tard, alors qu’ils ont échoué à écraser la France des ronds-points, les gens du « nouveau monde » aux commandes font désormais face à la résurgence d’un front syndical uni, dont ils n’imaginaient pas, il y a quelques semaines encore, que les mots d’ordre et les modes d’action rencontreraient à ce point l’aspiration majoritaire des Français.

Aujourd’hui dans le journal l’Humanité, 33 personnalités expliquent pourquoi ils s’opposent à la réforme des retraites et pourquoi ils soutiennent la mobilisation.

Un spectre, désormais, hante le pouvoir : celui d’un mouvement social qui, en faisant le plein de confiance, unisse dans son giron toutes les forces de bonne volonté, jusqu’alors éparpillées par le sentiment d’impuissance et de désespoir. Il deviendrait alors irrésistible. Pas de système de retraites dignes sans recettes dynamiques. Pas de cotisations sans emplois ni salaires. Et qui dit plus d’emplois et de salaires dit autres modes de production et de répartition des richesses, et nouveaux pouvoirs pour en décider. Salariés, étudiants, chômeurs, retraités, femmes et hommes, cadres des villes ou ouvriers des campagnes : tous concernés.

Ce n’est pas une simple réforme qui est en jeu, c’est un projet de société. Celui du gouvernement repose sur deux piliers : la destruction des repères collectifs – les notions de durée de cotisation, de salaire de référence ou de taux plein sont obsolètes, chacun étant renvoyé à son compte individuel de points – et l’ajustement permanent du niveau des retraites par une technostructure – réglage de la valeur du point, de « l’âge pivot », etc. Le but : adapter, dans le sillage de ce qui s’est fait pour le droit du travail, le système de protection sociale aux standards d’emploi de la mondialisation, à base de précarisation des statuts et des salaires et de chômage élevé. Un modèle pauvre en cotisations, incompatible avec des retraites de bon niveau, mais à l’économie suffisamment flexible pour épouser, sans déficit ni repartage des richesses, les crises du capitalisme de demain. Ce projet, et avec lui la société qu’il dessine, est rejeté. Un autre cherche sa voie dans le chaudron de la mobilisation.

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