MACRON CHAMPION DE L’ARROGANCE

Alors que le fonds de pension américain est accusé d’influencer le gouvernement pour sa réforme des retraites, son patron français, Jean-François Cirelli, vient d’être promu officier de la Légion d’honneur par le président des riches et des très riches. Cela en dit long sur le mépris, l’arrogance et la provocation qui l’animent. Écœurant ! Je ne trouve pas d’autre mot !

Après le scandale de l’affaire Delevoye, le pouvoir n’a, semble-t-il, pas tiré quelques leçons élémentaires de communication… Parmi la cohorte des décorés de la Légion d’honneur du 1er janvier figure un nom qui ne peut que provoquer des remous en plein mouvement de grève contre la réforme des retraites : Jean-François Cirelli. Avec cette décoration, au-delà de la faute politique au milieu d’une mobilisation sociale, c’est un nouvel indice qui vient se cumuler aux précédents sur la finalité véritable de la réforme des retraites : créer les conditions pour que les gestionnaires d’actifs puissent s’emparer du pactole des pensions françaises.

Cet homme d’affaires de 61 ans n’est en effet pas n’importe qui dans les arcanes du pouvoir. Conseiller économique de Jacques Chirac, directeur de cabinet d’Édouard Balladur, il était devenu patron de Gaz de France, puis numéro 2 du groupe après sa fusion avec Suez. Surtout, il est aujourd’hui à la tête de la branche française du plus puissant fonds de pension mondial, BlackRock, qui a déjà fait parler de lui au moment de l’affaire Delevoye. BlackRock est le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, avec un portefeuille de 7 000 milliards d’euros. Ce groupe est également considéré, de par ses activités financières, comme ayant un intérêt tout particulier à la réforme des retraites élaborée par Emmanuel Macron.

Pour rappel, le journal l’Humanité avait publié, le 11 décembre dernier, un document du fonds de pension dans lequel BlackRock dispensait une quinzaine de « recommandations » au gouvernement français pour inciter les citoyens à se constituer une épargne retraite en dehors du régime par répartition. Ce document, daté du mois de juin 2019, s’appuyait alors sur la loi Pacte, votée deux mois plus tôt, qui instaurait des mesures d’incitation fiscale pour les salariés désireux de confier leur retraite à des groupes comme BlackRock… À la suite de ces révélations, le fonds de pension américain s’est donc trouvé accusé d’avoir influencé le projet de réforme des retraites élaboré par le gouvernement. La proximité de son PDG, Larry Fink, n’est pas un secret : il avait été l’un des premiers milliardaires à être reçu à l’Élysée en juin 2017. En outre, BlackRock n’est pas seul intéressé par la réforme des retraites. En pleine tourmente, Jean-Paul Delevoye avait été contraint de se justifier sur ses liens avec le monde des assurances avant de démissionner de son poste de haut-commissaire. La décoration de Jean-François Cirelli n’est donc qu’un avatar supplémentaire de ce scandale.

Article de Diego CHAUVET – L’Humanité du 3 janvier 2020

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