L’INACCEPTABLE 49-3 : LE COUP D’ÉTAT SOCIAL !!

En mettant abruptement un terme au débat à l’Assemblée avec l’utilisation du célèbre article de la Constitution, Édouard Philippe espère bâillonner l’opposition à son projet de système par points. Pour l’heure, il n’a fait que raviver le mouvement social et politique contre son texte. Je vous invite à lire l’éditorial que signe mon ami Patrick Le Hyaric, ce matin dans le journal l’Humanité.

Quelle farce ! Quel irrespect ! Quelle morgue ! Décidément, rien n’arrête plus ce pouvoir ! Se croyant protégé par la progression du coronavirus qui inquiète beaucoup, le premier ministre, au crépuscule d’un samedi, organise un coup de force contre le Parlement. Même les députés de sa majorité furent surpris. Pour détruire l’élément essentiel du pacte social français que sont les retraites solidaires par répartition, une camisole de force veut tenir silencieuse l’Assemblée nationale. Sans vote, en escamotant purement et simplement le débat, une part constitutive de la République sociale conquise après plus d’un siècle de luttes et inventée par un gouvernement dans lequel siégeaient communistes et gaullistes serait sur le point de partir en fumée. Les conséquences négatives en seront lourdes pour tous nos concitoyens de toutes catégories comme pour les générations à venir.

Loin d’être un signe de force, l’utilisation de ce couperet – l’article 49.3 – vient prolonger et « parfaire » encore un fiasco gouvernemental à nul autre pareil. Celui d’un pouvoir incapable de répondre aux questions que posent les citoyens, relayées par les oppositions parlementaires ; qu’il s’agisse de la valeur du point au moment de toucher sa pension, de l’égalité femmes-hommes, de la reconnaissance de la pénibilité, comme de la date de départ en retraite ou de l’invention d’une retraite basée non plus sur les salaires mais sur un prétendu « revenu moyen » inexistant. Le bâillon vient compléter la fermeture de la commission spéciale de l’Assemblée, une étude d’impact plus que douteuse et un dispositif qui demandait aux députés à la fois de se prononcer en ignorant les résultats de la conférence de financement et de se dessaisir de leurs prérogatives sur un texte d’une importance capitale comportant 29 ordonnances ! Ordonnances que M. Macron critiquait avant de les décider lui-même, puisqu’il déclarait le 25 novembre 2016 qu’il ne croyait pas «  une seule seconde à la réforme par ordonnances » ; mais, ça, c’était… avant… !

Aujourd’hui, depuis son palais, loin des clameurs de rejet, il frappe doublement. D’abord, il dénie au Parlement son rôle de législateur. Ensuite, il fait fi du peuple. Une majorité de nos concitoyens s’oppose au texte, aucun syndicat n’approuve, plus de 70 % des Français se prononcent contre l’utilisation de cette machette antiparlementaire et 67 % réclament une consultation populaire. Le Conseil d’État avait pourtant mis en garde contre le recours aux ordonnances, qui «  fait perdre la visibilité d’ensemble qui est nécessaire à l’appréciation des conséquences de la réforme et, partant, de sa constitutionnalité et de sa conventionnalité ». Rappel à l’ordre on ne peut plus sévère. Il s’agit, indéniablement, d’un coup d’État social. Ses auteurs le paieront très cher.

Au-delà, la démocratie elle-même va durement en souffrir. Il n’y a pas d’unité véritable de notre République sans le ciment de la Sécurité sociale, sans le liant de la solidarité et de la juste répartition des fruits du travail, contre son accaparement par les rapaces de la finance. Les seuls à soutenir le pouvoir dans sa vaste entreprise de guerre sociale. Le combat pour l’intérêt général n’est pas terminé. La mobilisation s’organise. Des motions de censure seront présentées au vote du Parlement. La loi « organique » de ce projet ne pourra plus être adoptée selon l’ordre constitutionnel du 49.3. Le pouvoir n’en a plus le droit. La censure populaire massive peut soutenir les motions parlementaires dans une multiplicité d’actions. Et le vote du 15 mars, à l’occasion des élections municipales, peut être le moyen d’une puissante censure de gauche dans les urnes.

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