UNE FOIS LES CAMERAS DE TELEVISIONS ÉTEINTES…

La situation de crise sanitaire dramatique s’accompagne d’une crise économique dont on peine encore à mesurer l’ampleur des effets. Mais elle s’accompagne aussi d’une crise sociale majeure qui ne fait que commencer.

Il ne fait aucun doute qu’Emmanuel Macron annoncera, lundi soir, la prolongation du confinement bien au-delà de la date du 15 avril, date à laquelle personne ne croyait, le gouvernement moins que quiconque quand il n’a cessé de se revendiquer de la transparence. Sauf que le confinement est pertinent à la condition de pouvoir en sortir. Quels moyens, quelles priorités ? Ce sont les réponses à ces deux questions que l’on attend. La situation de crise sanitaire dramatique s’accompagne d’une crise économique dont on peine encore à mesurer l’ampleur des effets. Mais elle s’accompagne aussi d’une crise sociale majeure qui ne fait que commencer. Près de 6 millions de salariés au chômage partiel et pour lesquels une indemnisation à 100 % devrait être la règle « quoi qu’il en coûte »  ; des millions de salariés, en plus bien entendu des soignants et des professions directement engagées auprès des malades, contraints de travailler dans des conditions qui devraient être sévèrement contrôlées. C’est bien de s’adresser aux joggeurs avenue Foch, mais qu’en est-il des directions d’entreprise, de grande surface, quant aux moyens qu’elles mettent en œuvre pour protéger leurs salariées et salariés ?

Le conseil scientifique alertait aussi, hier, sur la situation « des classes sociales les plus populaires qui ne peuvent, objectivement, pas passer deux mois enfermées dans leur appartement », avec ce qu’on sait de la situation des élèves les plus modestes, des situations familiales tendues. Cela implique, on l’a dit, des moyens sans aucune mesure avec ceux jusqu’alors déployés. Masques, tests de dépistage, en laissant de côté la piste inquiétante et sans doute largement illusoire du traçage. Et cela implique que ces moyens doivent être tournés, de manière absolument prioritaire, vers les populations les plus menacées. Ce n’est pas seulement une question de justice sociale, c’est le chemin indispensable pour que des enfants retournent à l’école, pour que le virus soit circonscrit. C’est un levier indispensable pour en sortir au plus vite. Mais pour l’heure Macron et ses acolytes sont en campagne de notoriété, comme passer quelques heures dans les villes de Pantin et de La Courneuve, en bande et sans masque, au moment même où la Seine-Saint-Denis affrontait une mortalité galopante.  Mais une fois les caméras de télévisons éteintes, la solitude reprend toujours ses droits et le malheur son rythme routinier. Car, une fois de plus, pour ne pas  déroger à leur tradition, ils y sont  venus les mains vides. Lassante habitude d’où, légitimement, germent les colères…

 

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