L’ART DE PARLER POUR NE RIEN DIRE !

Ça a duré 120 minutes ! Au cours d’une longue intervention télévisée le Premier ministre a livré le menu détail sur l’après confinement. Mais il a surtout saisi l’occasion de faire le service après-vente de la gestion gouvernementale de crise laissant une série d’interrogations sans réponse. Toujours de l’enfumage !  La prestation d’Edouard Philippe ce dimanche soir m’a mis en mémoire un sketch du regretté Raymond DEVOS « Parler pour ne rien dire ». Je ne résiste pas d’ailleurs à vous mettre le lien en fin de cet article pour que vous puissiez profiter de ce magicien des mots.

En effet, ceux qui attendaient de la conférence de presse du Premier ministre de ce dimanche des précisions sur les modalités du déconfinement, annoncé pour le 11 mai par Emmanuel Macron, ont vu leurs espoirs rapidement douchés par Edouard Philippe. Car les détails du plan n’étaiten pas pour cette fois. Comme toutes fois antérieures d’ailleurs !  Lors de cet exercice de « clarté, d’explication », selon sa formule, l’hôte de Matignon s’est contenté d’en égrainer les grands « principes ». A savoir : « préserver la santé des Français » et « assurer la continuité de la vie de la nation ».  «  Nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire », a martelé le Premier ministre tandis que Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, a fait part du bilan chiffré de l’épidémie. Le nombre de décès s’élève désormais à 19 718 (dont 395 en 24 heures), 30 610 malades sont hospitalisés (dont 890 nouveaux patients en 24 heures, mais avec un solde négatif de 29) et 5 744 sont en réanimation (dont 137 admissions en 24 heures, avec un solde négatif de 89).

Edouard Philippe s’est lancé dans le service après- vente de la gestion gouvernementale de la crise. Augmentation du nombre de places en réanimation de 5000 à 10 500, production et importation des masques chirurgicaux et FFP2, rapatriement de 160 000 Français depuis l’étranger, respect du confinement (13,5 millions de contrôle et 800 000 infractions constatées)… A l’en croire, tout serait presque parfait. Pourtant, les changements de pied et retards pris notamment sur le matériel (masques, gants, tests, mais aussi médicaments de réanimations et respirateurs) sont légion…Seules annonce réellement concrète, celle faite par le ministre de la Santé, Olivier Véran sur le rétablissement, à partir de ce lundi, d’un « droit de visite pour les familles », « très encadré », dans les Ehpad ainsi que dans les établissements qui accueillent les personnes en situation de handicap. Pour l’avenir, en revanche, rien de précis. Le quotidien à partir du 11 mai « sera différent mais nous retrouverons la liberté à laquelle nous sommes attachés », a déclaré le premier ministre qui en a profité toutefois pour annoncer « une crise économique qui ne fait que commencer » et qui « sera brutale ».

C’est autour de trois grands « axes » qu’Edouard Philippe et Olivier Véran ont présenté les « hypothèses » de travail quant au déconfinement, à nouveau justifié dimanche par la nécessité de faire repartir l’économie : « respect des gestes barrières », « tester vite et massivement » ceux qui ont des symptômes ou ont eu un contact avéré, « isolement des porteurs du virus » ( ???) . « Nous allons apprendre à vivre avec le virus », a martelé Edouard Philippe. Ce qui passera par la « prévention ». A défaut de masques chirurgicaux ou FFP2, pour lesquels le ministre de la Santé a reconnu que perduraient des « tensions » dans l’approvisionnement, le port d’un masque « grand public », qui « répondra à des normes » (lesquelles, on n’en sait rien), sera et probablement rendu « obligatoire » dans les transports publics lors du déconfinement. Prévention qui passera aussi par l’augmentation des tests, notamment virologiques (PCR), avec un objectif de 500 000 tests par semaine d’ici le 11 mai. Sachant qu’on en est encore loin… Mais surtout, le chef du gouvernement a insisté sur la « responsabilité individuelle » de cette prévention. « Nous allons tous être acteurs de ce déconfinement ».

Enfin, sur la délicate question du retour à l’école, les zones d’ombre du « déconfinement progressif », annoncé par Emmanuel Macron, ne sont pas levées. Seule assertion : « les écoles n’ouvriront pas partout le 11 mai. » Le gouvernement dit réfléchir à plusieurs scenarii, dont une réouverture des écoles « par territoire », en commençant par les zones les moins touchées par le Covid, ou encore par « moitié de classe ». Rien de concret, donc, si ce n’est que « c’est localement que des solutions seront trouvées ». Ce nouvel exercice de transparence n’a peut-être, au final, fait que renforcer ce sentiment que le gouvernement continue de naviguer à vue.

Prenez plaisir à écouter ce mémorable sketch de Raymond DEVOS « Parler pour ne rien dire » en cliquant sur ce lien :  http://www.guidedereenchantement.com/2020/03/parler-pour-ne-rien-dire.html

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