ÉCOLE LE 11 MAI : C’EST LOIN D’ÊTRE RÉGLÉ

Le gouvernement Macron a fait le choix de ne pas tenir compte de l’avis du  Conseil scientifique  qui était favorable à ce que les crèches et établissements scolaires restent fermés jusqu’en septembre. Ce gouvernement a donc décidé, seul, d’ouvrir les écoles le 11 mai. A titre personnel je suis contre. Mais un maire ne peut prendre une telle  décision seul.  J’ai donc décidé de concerter. C’est pourquoi dès demain mardi 5 mai, je consulterai les associations de Parents d’élèves de notre commune, les représentants syndicaux des agents municipaux et l’Inspecteur d’Académie. Car les Ville, sur les épaules de qui reposent en grande partie les opérations qui vont ou non permettre le retour à l’école, ont par la force des choses une approche plus réaliste et surtout plus responsable. Et de plus, il s’agit de nos enfant cette fois !

Car cette décision dictée par Macron est difficilement applicable en bien des aspects. Ré-ouvrir demande d’abord des garantis et surtout du temps. C’est le cas, côté enseignant du protocole sanitaire national fixant les conditions de reprise des cours (Document de 63 pages publié avec deux jours de retard !) . Ce texte édicte des dizaines de règles pour chaque circonstance de la vie scolaire. La version définitive retire l’obligation de port du masque « grand public » (lavable) pour les adultes en élémentaire.  Son port demeure obligatoire en maternelle et, dans les autres niveaux, seulement dans  « les situations où les règles de distanciation risquent de ne pas être respectées » : entrée et sortie des classes, récréation… Le masque demeure optionnel pour les élèves d’élémentaire et prohibé en maternelle.  Ce protocole contient utant de détails, voire d’incohérences apparentes qui amènent à se demander si le gouvernement ne serait pas prêt à alléger les contraintes de sécurité sanitaire pour pouvoir à tout prix tenir son objectif politico-économique de réouverture des établissements – et y mettre le maximum d’élèves, le plus tôt possible.

Le lavage des mains reste prescrit après tout éternuement, avant et après tout passage aux toilettes ou en récréation, après tout contact avec des objets ou surfaces potentiellement contaminés. Une condition qui sera impossible à respecter dans la plupart des établissements,  Aussi l’usage de gel hydrocalcoolique est-il rendu possible, mais  « sous la surveillance d’un adulte ». Cela suffira-t-il ? Dans les petites classes, les enseignants se demandent, mi-ironiques, mi-atterrés, comment il sera possible de travailler avec des enfants qui ne pourront se passer le matériel pédagogique, les crayons, les pinceaux, les livres…Une distance de 1 mètre minimum entre toute personne devra être respectée en toute circonstance. Ce qui implique non seulement de réaménager les salles de classe, mais aussi de flécher des parcours dans les établissements afin d’éviter les croisements, mais aussi de différencier les horaires des entrées et des sorties (et ceux des récréations). Un beau casse-tête à prévoir pour coordonner cette organisation. Les familles seront de leur côté tenues de prendre la température de leurs enfants chaque matin, et les laisser à la maison dès que celle-ci atteint ou dépasse 37,8°C.

Les collectivités locales sont elles aussi confrontées à la difficulté de faire passer dans la réalité les prescriptions concernant leurs domaines d’intervention. Le ménage et la désinfection devront être assurés deux fois par jour dans chaque établissement, et plus encore pour toutes  « les zones fréquemment touchées » comme les poignées de portes, rampes, sanitaires, supports pédagogiques… Même casse-tête pour la restauration. Le protocole recommande de  « privilégier la restauration en salle de classe sous la surveillance d’un adulte, sous forme de plateaux ou de paniers repas. » Mais il n’exclut ni la possibilité de demander aux élèves d’apporter leurs repas, ni la réouverture des cantines. Dans ce dernier cas il fixe même nombre de conditions précises : ne pas partager les couverts, ne pas partager un pichet à eau…Nous demeurons donc dans la mécanique des approximations, marque de fabrique de ce gouvernement face à la crise et des mensonges qu’il profère, s’érigeant en en certificateur de la bonne information et du meilleur remède. Après avoir montré au peuple comment se laver les mains, voici qu’il nous demande de le croire et d’envoyer nos enfants à l’école. Raison de plus pour ne pas le croire. “Dans le doute abstiens-toi.”, conseillait Phytagore.

 

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