MACRON, POPULAIRE OU POPULISTE ?

Coups de fil au polémiste d’extrême droite, condamné pour propos racistes, Éric Zemmour, puis à ce qui existe de pire comme humoriste  misogyne et vulgaire,  réouverture du Puy du Fou en court-circuitant le gouvernement et tout en maintenant l’interdiction de ré-ouverture des théâtres, salles de spectacles et cinémas… Le président de la République, en plus de développer toujours plus le fait du prince, deviendrai-il un réactionnaire pure jus ?

Nous voilà donc définitivement édifiés quant à la conception macroniste de la France populaire. C’est un conseiller qui a vendu la mèche afin de justifier la récente frénésie téléphonique du président de la République : « Entre un Bigard, un Zemmour ou un Philippe de Villiers, il y a un lien : la France populaire. » Vous avez bien lu. Pour convaincre un gilet jaune du bien-fondé des politiques menées depuis 2017, il faut donc converser avec un humoriste, militant viriliste et bistrot. Pour reconquérir les personnels de santé, rincés par des années de désinvestissement public, essorés par des semaines sur le pont de la pandémie et décorés d’une médaille de pacotille, appelons donc un essayiste rance et raciste. Pour consoler un salarié de l’industrie automobile ou d’ADP qui voit s’écorner son contrat de travail au moment où rentre l’argent public dans les caisses de son employeur, promettons-lui qu’il pourra s’éduquer à la vision gauloise et maurrassienne de l’histoire en terre chouanne, sous le regard de Philippe Marie Jean Joseph Le Jolis de Villiers de Saintignon, vicomte de son titre. Voilà qui sonne bien populaire  !

On pourrait y discerner du mépris. Il y en a, comme dirait l’autre. Une bonne dose bien chargée, à l’aune de ce à quoi nous a habitués le chef de l’État, jamais avare en la matière. Mais il y a surtout de la petite tactique au service d’une stratégie : allons chasser sur ces terres afin qu’elles ne soient pas le terreau d’une alternance. Le pari est fait qu’à gauche la jachère est durable. La réaction en piqué du chef d’escadrille Castaner après les propos de Camélia Jordana sur les violences policières en dit aussi long que les coups de fil passés depuis le Château aux représentants désignés volontaires de la France populaire : la République en marche est devenue le parti de l’ordre. Il ne manque plus que Michel Onfray. Patience…ça va bientôt venir ! Ce dernier s’apprête d’ailleurs à sortir un magazine dénommé… Front populaire.   Décidément cela fait beaucoup d’insultes envers ces millions de françaises et francais qui en 1936, après de longues semaines de grève, obtinrent de belles conquêtes sociales dont les 15 premiers jours de congés payés.

Populaire. Que le mot semble leur faire peur pour qu’ils tentent ainsi de le dénaturer en l’affublant de vieilles guenilles identitaires qui, tel un épouvantail, seraient supposées éloigner le « spectre invisible de la Bastille », dont parlait Victor Hugo, le seul qui fait vraiment trembler la Macronie. L’hôte de l’Elysée cherche donc à jouer la carte « populaire » pour ne pas dire…populiste. Quant à l’acteur Vincent LindoN, qui dans une remarquable intervention vidéo sur Medipart a proposé la création d’une taxe « Jean Valjean », sorte de nouvel ISF, il n’a pas été appelé par Macron. Et il ne le sera jamais !

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