Affiche de la CGT sur les violences des CRS : un débat de bas étage

republique-manifestation-demonstrators-clash-with-crs-riot-policemen-near-the-place-de-la-republique-after-the-cancellation-of-a-planned-climate-march-ahead-of-the-world-climate-change-conference-2015-in-paris_5474724« Un pouvoir qui matraque la jeunesse est faible et méprisable« , c’est le titre d’un article pétition, signé par plus de 300 personnalités et publié ce matin-même dans le quotidien Libération (voir PDF joint à cet article). La vielle, une affiche de la CGT dénonçant les violences policières a déclenché une polémique instrumentalisée par la droite, son extrême-droite et une partie du PS. Pourtant, la police des polices admet elle-même qu’il y a bien un problème avec l’attitude de certains agents…

violencemaximumSi l’affiche du syndicat CGT avait été moins joliment réalisée, avec sa très graphique giclée de sang, elle aurait sans doute moins fait parler d’elle. Car, en soi, sa dénonciation des violences policières qui émaillent le mouvement contre la loi El Khomri est plutôt évidente. Pas de quoi s’étonner, alors que les réseaux sociaux sont remplis depuis plusieurs semaines de photos et de vidéos montrant la police dans ses œuvres, jusqu’au récent coup de pied administré par un CRS à une jeune femme de 24 ans. Bref, la police tabasse à tout va, c’est un fait, et la polémique qui entoure l’affiche de la CGT n’a clairement pas lieu d’être.

manif_17mars4-ae6ac« C’est un débat de bas étage qui vise à décrédibiliser le mouvement social et notre syndicat, résume Stéphane Paturey, secrétaire général adjoint d’ Info’com CGT. Vous ne trouvez pas étonnant que cette polémique idiote tombe alors que nous sommes en plein congrès national ? » Le vice-président du Front national (FN), Florian Philippot, et le à peine moins à droite Éric Ciotti (« Les Républicains ») ont été les premiers à s’offusquer. Suivis de près par Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, qui s’est dit « choqué ». En bon soldat du gouvernement, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, s’est également emparé de l’affaire pour évoquer une prétendue « gauchisation » de la CGT, surtout coupable de son opposition à la loi El Khomri. « Le PS et le gouvernement sautent sur l’occasion pour caricaturer la CGT, au lieu de répondre sur le fond aux problèmes posés par leur politique, relève Baptiste Talbot, secrétaire général de la fédération services publics, interrogé pendant le congrès à Marseille. C’est pas nous qui nous gauchisons, c’est le PS qui se droitise ! »

Derrière la manipulation anti-syndicale, il y a aussi l’atavisme aveugle qui pousse certains politiques à vouloir défendre les forces de l’ordre coûte que coûte. Pourtant, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) elle-même reconnaît qu’il y a un gros problème. Fin mars, elle a décidé de se doter d’un outil statistique pour justement quantifier les violences policières. Cette initiative vise, selon l’IGPN, à recenser « les blessures sérieuses, les blessures graves et les décès de particuliers survenus à l’occasion de l’exercice des missions de la police nationale ». Et a été lancée dans la foulée de la remise du rapport accusateur de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) en mars. L’association a étudié 85 affaires de violence policière sur une période de dix ans et déplore la grande clémence dont jouissent les agents mis en cause. Sur cette période, un seul cas a donné lieu à une peine de prison ferme, les autres débouchant sur du sursis, y compris lorsque des policiers étaient coupables d’homicide.

 

Tonfa Punisher

Une tête de mort emblème du « Punisher » sur la matraque d’un policier pendant les manifs Loi Travail. Le personnage du Punisher est un ancien soldat du corps des Marines, vétéran du Vietnam dans les comics. Son credo: la vengeance et la justice personnelle. Une philosophie aux antipodes, bien sûr, du code de déontologie de la police nationale.

« La question, c’est qui dirige la police aujourd’hui », pointe Anthony Caillé, de la CGT police. Le syndicaliste s’interroge sur l’absence d’instruction donnée par la hiérarchie pour calmer ses troupes déployées à Paris. « Pourquoi les lycéens qui se tenaient tranquilles à Nation, après la manif du 9 mars, se sont fait charger ? Et à l’inverse, on laisse le champ libre à d’autres pour casser des trucs ? », souligne Anthony Caillé. Selon lui, « tout semble fait pour casser le mouvement ».

POUR LIRE L’ARTICLE-PETITION PARU DANS LIBÉRATION CLIQUEZ ICI : SKMBT_28316042113060.

Vous pouvez aussi signer la pétition sur : stoprepression.unblog.fr

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