Pour un service public postal au service des territoires et des populations

Déclaration des élus communistes sur le Poste, Marie-Hélène Amiable, Gilles Leproust  et Martial Passi, membres du bureau de l’Association des maires de France

Entreprise publique détenue à 100% par l’État, La Poste est une entreprise qui reste prospère : malgré une baisse continue de la fréquentation des bureaux et du volume du courrier (de 6% par an), le groupe améliore ses performances en 2015, avec un chiffre d’affaire supérieur à 23 milliards d’euros (en hausse de 4%), et un bénéfice de 635 millions d’euros (ce qui représente une hausse exceptionnelle de 23,9%). En dépit de ces bons résultats, La Poste est engagée dans une politique de recul du service public, en réduisant le réseau postal (via les fermetures de bureaux et les réductions d’horaires d’ouverture), en supprimant des emplois (7200 emplois détruits en 2015), et ceci alors que l’entreprise a reçu 318 millions d’euros au titre du crédit impôt compétitivité emploi – CICE).

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le groupe améliore ses performances en 2015, avec un chiffre d’affaire supérieur à 23 milliards d’euros (en hausse de 4%), et un bénéfice de 635 millions d’euros (ce qui représente une hausse exceptionnelle de 23,9%

Cette politique « oublie » les missions essentielles qui constituent la raison d’être de cette entreprise publique. Elle entraîne une rupture de l’égalité territoriale et républicaine, et incompréhension et colère de la part des usagers et des agents. Le malaise social est profond. Sur fond de précarisation des emplois, de nouvelles techniques de management qui fragilisent les personnels. Les syndicats dénoncent l’absence de dialogue et les réorganisations successives, notamment la pause méridienne obligatoire envisagée.

La Poste est un service public de proximité, réseau de bureaux de poste est un élément structurant de l’égalité républicaine entre tous les territoires. Le recul actuel du réseau touche en premier lieu les usagers et les territoires les plus fragiles. Face à cela, les dispositifs de remplacement ne sont pas satisfaisants, qu’il s’agisse des points relais Poste-commerçant, et les agences postales communales (APC) et qui offrent un service minimaliste, ou qu’il s’agisse des Maisons de services au public, qui regroupent plusieurs opérateurs publics (Pôle emploi, La Poste, la CAF …).

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La Poste est engagée dans une politique de recul du service public, en réduisant le réseau postal en supprimant 7200 emplois en 2015, alors qu’elle a reçu 318 millions d’euros au titre du crédit impôt compétitivité emploi

Le contrat tripartite de présence postale territoriale est établi entre l’État, l’AMF et La Poste, en vue de garantir une présence postale territoriale minimale, conformément à la législation en vigueur dispose que dans chaque département, il ne peut y avoir plus de 10% de la population qui se trouve éloignée, à plus de 5 km ou 20 minutes en voiture, d’un point de contact de la Poste, dont le réseau est composé d’au moins 17 000 points de contacts. Ce contrat arrive à échéance en janvier 2017, et il nous revient aujourd’hui de trier les enseignements du présent contrat et surtout de l’améliorer pour les années à venir. Consacrant le rôle central des collectivités locales dans l’aménagement du territoire, il est essentiel de garantir le maintien de l’accord préalable des maires et des conseils municipaux avant tout changement de statut des points de contact. Afin de garantir une meilleure qualité du service public, il convient de modifier les commissions départementales de présence postale territoriale (CDPPT) : en ouvrant leur composition, et en intégrant des représentants du personnel, ainsi que des représentants de collectifs d’usagers.

Il faut également un changement d’orientation afin que les fonds de péréquation qui servent à financer les agences postales communales (APC) et les relais Poste-commerçant (RP), et donc à favoriser le mouvement de fermeture des bureaux de poste, soit réorientés vers le maintien, le développement et la modernisation des bureaux de poste, dans une optique plus large de réinstallation des services publics sur l’ensemble des territoires. Les services publics de proximité sont essentiels à la vie des territoires et des habitants car ils sont des lieux de rencontre et d’échange et ils sont la marque de la présence de l’État dans tous les territoires, notamment les plus fragilisés.

logo-de-la-posteÀ l’heure où la cohésion est menacée, les services publics assurent la mixité sociale et constituent un pilier du vivre-ensemble. En lien avec les mobilisations contre les fermetures de bureau de Poste qui se sont développées dans de nombreuses communes, l’Association des Maires de France avait refusé de signer en l’état ce projet de contrat. Les avancées obtenues nous semblent insuffisantes car elles ne modifient pas fondamentalement la volonté de la Poste de poursuivre dans cette logique. Nous avons donc voté contre ce projet de contrat de présence postale territoriale proposé entre l’État, l’AMF et la Poste car il ne répond pas, en l’état, à nos inquiétudes ainsi qu’à celles des usagers et des salariés. Nous regrettons que la majorité du bureau ait fait un autre choix.

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