Vivre à la rue… et y mourir

En 2012, l’Insee estimait à 140 000 le nombre de personnes sans domicile fixe, dont 30 000 à la rue. Depuis, le collectif «Les morts de la rue» enquête chaque année sur la mortalité de ces exclus. En 2015, 497 sans domicile fixe sont morts en France « dans la rue, un abri de fortune ou à l’hôpital », a dénombré le collectif, qui publie le 14 décembre son décompte annuel. Selon ce collectif, il ne s’agirait « que de la partie visible de l’iceberg ».

 

Parmi les 497 décès recensés en 2015, 454 (92%) étaient de sexe masculin, et 43 de sexe féminin.

Le collectif Les morts de la rue, qui s’attache à dénombrer les personnes mortes sans abri, grâce aux témoignages de riverains ou d’associations, a recensé 497 décès l’année dernière, auxquels s’ajoutent ceux de 88 « anciens de la rue ». Mais « le nombre réel de décès de personnes SDF est estimé à plus de 2.800″, affirme le collectif.

Parmi les 497 décès recensés en 2015, 454 (92%) étaient de sexe masculin, et 43 de sexe féminin. Ils sont morts à 49 ans en moyenne, soit plus 30 ans plus tôt que l’âge moyen de décès dans la population globale. Six morts étaient des mineurs de moins de quinze ans (dont les parents étaient tous étrangers). La mort achève un parcours de rue de dix ans en moyenne. Une séparation, une maladie, un parcours migratoire sont parmi les raisons fréquemment citées de perte du logement. Si les causes de décès sont connues dans seulement 55% des cas répertoriés par le collectif, 28% sont morts de causes violentes (accidents, agressions) et 27% de maladie. Ces personnes sans abri ont rendu leur dernier souffle sur la voie publique ou dans des abris de fortune (44%), dans un lieu de soins (37%) ou dans une structure d’hébergement (13%).

2048x1536-fit_archives-sdf-dans-le-froid-le-15-12-2009Si les SDF meurent davantage en hiver qu’en été, comme la population générale, cinq personnes (soit moins de 1% des décès) sont mortes d’hypothermie en 2015. Le collectif Les morts de la rue s’attache démontrer que plus que le froid, c’est la précarité qui tue : « Attribuer ces décès à des causes climatiques pourrait laisser penser qu’il s’agit d’une fatalité à laquelle nul ne peut rien. L’hiver, comme l’été sont immuables, alors que la situation précaire face au logement ne l’est pas : nous pouvons agir contre la précarité. Pas contre les saisons« . Le collectif insiste sur la nécessité de la prévention (suivi à la sortie de prison, suivi des jeunes issus du dispositif d’aide sociale à l’enfance, etc.), l’importance de trouver des solutions d’hébergement et de les pérenniser quelle que soit la saison et d’accompagner les personnes, au-delà de leur entrée dans l’hébergement.

Seuls  20 à  27% des SDF sont addicts à l’alcool.

Aucune étude exhaustive n’a été menée sur cette question, mais l’épidémiologiste de l’association, Maya Allan, s’est basée sur plusieurs sources et estime qu’«il n’est pas clair que les SDF consomment plus que la population générale, il faut donc nuancer ces considérations et vraiment poser la question». Elle s’appuie sur une étude de l’Insee («SDF 2001») selon laquelle 52% des SDF déclarent ne jamais boire, un taux qui est de 46% dans la population générale. L’addiction existe, mais elle concerne entre 20 et 27% des SDF selon une autre étude (SAMENTA).

 

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