Logements insalubres : Bezons agit !

Dans la nuit du 14 au 15 avril 2005 un incendie se déclara à l’hôtel social Paris-Opéra, entraînant 25 morts, dont 10 enfants. Quelques mois plus tard, l’incendie du boulevard Vincent Auriol à Paris coûtera la vie à 17 personnes, dont 14 enfants. Quelques jours après, un autre incendie causera la mort de 7 personnes, dont 4 enfants, rue du Roi-Doré. Et le 14 juin dernier, un immeuble de 24 étages comptant 120 logements sociaux brule en plein Londres.  Des centaines d’enfants, de femmes et d’hommes sont pris au piège d’un bâtiment sans système anti-incendie adéquat. Le bilan, toujours provisoire, fait état de plus de 80 morts. A Bezons, à partir du 1er janvier 2018, propriétaires et bailleurs privés devront passer par les services municipaux de la mairie pour obtenir l’autorisation de louer ou de renouveler un bail , sous peine d’amendes.

L’état de délabrement ou les normes de sécurité et d’évacuation précaires, voire même inexistantes de ces immeubles, que ces personnes occupaient, reflètent  le mépris que les propriétaires de ces logements ont pour leurs locataires.  Seul le gain compte !   Toutes ces victimes, étaient dans leur très grande majorité des personnes pauvres. A Londres, la tour Grenfell en feu est située dans l’un des quartiers les plus riches de Londres, au pied de Notting Hill, un concentré géographique de fortunes locales et étrangères.

Tous ces drames sont au carrefour de plusieurs problématiques : la pauvreté, les discriminations racistes au logement, la spéculation immobilière, le manque de logements et bien sûr l’exploitation par les « marchands de sommeil », qu’il s’agisse de propriétaires véreux isolés, d’entreprises sans scrupules ou de logements piteusement gérés par l’État. Dans des villes aussi riches que Paris ou Londres, de nombreux appartements restent vides, mais les mises en attente de relogement sont longues et propices à tout un tas de charlatans et de scélérats s’enrichissant de la misère et du racisme.

Alors quelles conséquences devons-vous tirer de ces tragédies du mal-logement ?  A Londres,  Il a fallu ce drame pour que les autorités et la municipalité soient obligées de reconnaître que d’autres tours à travers la ville sont aussi des brasiers en puissance. Mais ce n’est malheureusement que la partie émergée de l’iceberg. Combien de familles vivent dans des taudis, dans des logements insalubres ou dangereux ? Combien de personnes font les frais de la spéculation immobilière, de la propriété privée, en Grande-Bretagne comme en France. Combien n’ont même pas un toit alors que des millions de logements restent vides à travers l’Europe ? Alors que nos gouvernements respectifs réduisent un peu plus chaque année les crédits à la construction.  Le dernier rapport sur Fondation de l’Abbé Pierre, sur  « L’État du mal-logement en France » fait état de plus de 3,5 millions mal logés ou même en errance. La 22e édition du rapport annuel sur « L’état du mal-logement » de la Fondation Abbé Pierre dessine le portrait d’une France fracturée par la crise du logement.

Quatre millions de personnes sont sans abri, mal logées ou sans logement personnel. Outre ces situations les plus graves, 12,1 millions de personnes sont touchées à des degrés divers par la crise du logement. Effort financier excessif, précarité énergétique, risque d’expulsion locative, copropriétés en difficulté, surpeuplement… au total, sans les doubles comptes, près de 15 millions de personnes sont touchées, à un titre ou à un autre, par la crise du logement. Les Français sont 44 % de plus qu’en 2006 à se priver de chauffage à cause de son coût. 42 % de plus à subir un effort financier excessif pour payer son logement. Résultat, le nombre de personnes modestes ayant eu froid à leur domicile pour des raisons liées à la précarité s’est accru de 25 % entre 2006 et 2013. Le nombre d’expulsions locatives avec le concours de la force publique a atteint son record en 2015, avec 14 363 expulsions, un chiffre en hausse de 33 % par rapport à 2006.

Aller plus loin dans l’encadrement des loyers, aller vers plus de transparence dans l’attribution des logements sociaux, revoir la fiscalité sur l’immobilier, bloquer les expulsions et construire 250 000 logements sociaux par an en France sont les solutions préconisées par la Fondation mais également par la confédération nationale du logement (CNL) qui réclame également la création d’un service public du logement et l’application stricte de la loi SRU (qui oblige les communes à compter 25% de logements sociaux). Et la logique est simple : si l’offre de logements correspond à la demande en nombre, en qualité et en diversité, et si les loyers sont abordables, l’habitat indigne ne trouve plus preneur.

C’est aussi pourquoi lors du Conseil municipal du 28 juin dernier, j’ai fait adopté un dispositif prévu par la loi Alur (Accès au logement et un urbanisme rénové) qui donne aux communes le droit de délivrer un permis de louer et de sanctionner les propriétaires louant sans ce dernier. À partir du 1er janvier 2018, propriétaires et bailleurs privés devront donc passer par les services municipaux  pour obtenir une autorisation préalable de mise en location ou de renouvèlement de bail  Cette mesure permettra de lutter contre le logement insalubre et les marchands de sommeil.  Environ 400 logements, dits insalubres, sont recensés dans notre ville. A ce chiffre s’ajoute les marchands de sommeil qui louent à des tarifs prohibitifs des logements souvent indignes et trop petits par rapport au nombre d’occupants. La ville avait déjà mis en place des mesures de contrôles d’habitations faisant l’objet d’un signalement. Mais sur les 60 % de signalement, seuls 10 % aboutissent à une procédure d’insalubrité relevant de la compétence de l’État. Là encore, et entre autre, les postes de fonctionnaires attachés à ces fonctions font défaut !  Mais avec cette mesure, plus aucun logement situé dans un immeuble sous le coup d’un arrêté d’insalubrité ou de péril ne pourra être loué. Et si un logement est mis en location alors qu’un avis défavorable a été émis, le propriétaire est passible d’une amende allant de 5 000 à 15 000 €.

 

 

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