EN MARCHE, LA FRANCE = EN HAUSSE LE CAC 40

Avec 52 milliards au premier semestre, en hausse de 26,5 %, les bénéfices des 40 principales sociétés cotées ne se sont jamais mieux portés. De quoi contredire l’argumentaire sur la casse du Code du travail menée au nom de « l’emploi ».

Le « coût du travail » et les « rigidités » du marché du travail seraient la cause du chômage en France ? Mieux que des discours, les résultats du CAC 40 au premier semestre apportent un éclairage utile sur la question. Avec 52 milliards d’euros engrangés depuis janvier, en hausse de 26,5 % par rapport au premier semestre de l’année dernière, les bénéfices des 40 principales sociétés cotées ne se sont jamais mieux portés. À tel point qu’ils sont en passe d’exploser le sommet de 2007, année de tous les records pour les profits avec 95 milliards. Cette année le résultat net des groupes pourrait crever le plafond des 100 milliards d’euros, un niveau jamais égalé.

D’ores et déjà, les grands groupes ont accumulé en six mois un trésor équivalant à plus de deux tiers de la totalité de leurs profits de l’an dernier. La recette de ces entreprises : restructuration et réduction des coûts, notamment salariaux. En d’autres termes : faire de l’argent sur le dos de l’emploi. Dans le détail, on observe une augmentation des bénéfices pour les trois quarts des sociétés du CAC 40, dont certaines affichent des taux de progression à trois chiffres. C’est le cas d’ArcelorMittal (+ 234 %, 8e avec 2,07 milliards d’euros de bénéfices) et surtout de Sanofi qui, en triplant ses profits (+ 200 %, 6,7 milliards d’euros), vole la tête du classement du semestre à Total, pourtant en bonne forme (+ 32,3 %, 2e avec 4,35 milliards). Parmi les autres stars du top 10 des superprofits, Renault et le Crédit agricole (+ 58,5 % chacun, respectivement 5e avec 2,4 milliards et 6e avec 2,2 milliards), LVMH (+ 23,8 %, 7e, 2,1 milliards) et L’Oréal (+ 37,7 %, 9e, 2 milliards) affichent aussi de belles progressions, tandis que BNP Paribas (– 1,9%, 3e, 4,3milliards) et Axa (+ 1,9%, 4e, 3,3 milliards) sont quasi stables.

« Quand on écoute les patrons du CAC 40, on entend les mots: très bon premier semestre, chiffres records, carnet de commandes en hausse, confie un expert au journal les Échos. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu un tel enthousiasme.» De quoi contredire l’argumentaire du premier ministre qui prétend, dans le Journal du dimanche, qu’il n’y aurait d’autre voie pour «attaquer le chômage» que l’octroi de «plus de souplesse au droit du travail» ­ en réalité, la casse des droits collectifs des travailleurs par ordonnances ­ et la baisse du «coût du travail» par la «baisse des cotisations». Or, la bonne recette c’est non seulement l’augmentation des salaires, mais aussi par le réinvestissement de l’argent détourné par la finance dans les capacités de production. Ce serait très bon pour l’emploi Monsieur Macron ! Mais vous avez préféré l’inverse en livrant le Code du travail aux injonctions du  Medef et des financiers.

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