L’impertinence d’un collégien et la désacralisation de la politique

Pour un peu, on croirait voir un remix du fameux sketch des Inconnus sur les jeunes de banlieue : «  Hé, Manu, Tu descends  ? ». Et même si ce collégien a fait preuve d’impertinence envers le Monarque Macron, j’y vois toute fois une excellente humiliation publique pour ce président toujours méprisant pour…les derniers de cordée !

Cela se passe à la fin de la commémoration de l’Appel du 18 juin au Mont-Valérien. Le président de la république réprimande un collégien qui l’apostrophe d’un familier «  Ça va Manu ?  ». Une interpellation d’autant moins appréciée par l’ancien banquier des Rotchilds que le jeune homme venait d’entonner l’Internationale qui proclame qu’«  il n’est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun… » ! La remise en place est aussi directe de la part du chef de l’État, qui rappelle à son jeune interlocuteur la solennité du moment et lui intime de l’appeler «  Monsieur le Président ou Monsieur  » – ce que fait d’ailleurs le jeune homme.

Toutefois l’attitude de ce garçon reflète moins une insolence scandaleuse que la désacralisation plus générale de la politique. Et la faute n’est pas celle d’un adolescent mais bien de ce même président dont les dérapages verbaux et méprisants sont déjà trop nombreux et révélateurs. Lui aurait le droit de traiter d’autres de « fainéants », « d’illétrés », » « de foutre le bordel ». Il  précisera d’ailleurs sa pensée idéologique très à droite en opposant, parmi ceux qu’on croise dans les gares, « ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien » et tout dernièrement «  le pognon dingue  dépensé en aides sociales ». Malvenu et provocateur de la part de celui qui, avec son épouse, n’hésite pas à dépenser 500.000 euros de vaisselles pour que nos majestés de l’Elysée se restaurent en toute dignité. Ou bien encore lorsqu’il utilise le 14 juin dernier, le Falcon présidentiel entre la Roche-sur-Yon, en Vendée, et Rochefort en Charente-Maritime. Soit 110 km ! Le tout dans  un contexte politique et social pourtant occupé par les restrictions budgétaires et les propos polémiques du chef de l’Etat sur le montant et l’efficacité des aides sociales.

C’est vrai qu’avant lui, il y a eu les « sans dents » de François Hollande et le « casses-toi pov’ con » de Nicolas Sarkozy.  Pour susciter le respect, encore faut-il exercer sa fonction de façon respectable, sans mépris ni suffisance. Ce qui n’est pas le cas de Macron qui n’utilise que l’arrogance, le cynisme voire même l’humiliation. C’est vrai qu’il n’est pas le Président de tous les Français. Il est celui du microcosme, de l’oligarchie : celle du monde des affaires, celle des médias, celle des politiciens arrivistes, des riches et des très riches. « Lorsque ceux qui commandent ont perdu la honte, ceux qui obéissent perdent le respect » énonce un dicton dont j’ai oublié l’auteur.

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