Assemblée nationale : des députés LREM prêts à coupon le cordon ?

Un an après le tsunami provoqué par La République en marche (LREM) aux élections législatives, plusieurs élus LREM sont aujourd’hui tentés par l’idée de constituer un nouveau groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. Le vote du projet de loi asile et immigration, les questions environnementales et bien sûr l’affaire Benalla ont entamé l’unicité apparente du groupe parlementaire de la majorité.

François-Michel Lambert et Paul Molac, deux anciens membres d’EELV, sont très critiques sur la politique du souverain Macron, en particulier sur les questions environnementales.

Chaque mois, ou presque, des députés LaREM annoncent leur volonté de créer un nouveau groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, afin de porter « une autre voix » que celle de la majorité. François-Michel Lambert et Paul Molac, deux anciens membres d’EELV passés chez Macron, se sont relancés dans ce projet en ce mois d’août. À leurs yeux, l’action du gouvernement est actuellement insuffisante face à « l’urgence écologique ». Voilà pourquoi ils espèrent bien réunir les quinze élus nécessaires à la naissance d’une formation dès la reprise des travaux législatifs, en septembre. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’eux, ou d’autres, se fixent cet objectif. La création de ce qui serait demain le huitième groupe parlementaire de l’Assemblée est même devenue une véritable arlésienne.

Tous les députés LREM ne sont donc plus d’accord pour brouter les mêmes discours, répondre aux ordres et bêler en cœur

Dès leurs premiers pas au Palais Bourbon sous l’étiquette LaREM, certains ont essayé. En juin 2017, l’ancien premier ministre Manuel Valls, d’abord, a voulu constituer un groupe autour de lui. François-Michel Lambert, déjà, mais aussi des non-inscrits et des radicaux comme Olivier Falorni et Sylvia Pinel, ancienne ministre de François Hollande, sont tentés. Tout comme d’autres soutiens de Macron et quelques élus nationalistes corses. Mais cet attelage technique, hétéroclite, ne sait pas comment se placer par rapport à la majorité, ne parvient pas à s’entendre sur une véritable ligne politique et explose après avoir réuni 13 élus. Le projet renaît en janvier 2018. Après l’adoption d’un premier budget aux dépens des plus démunis et au profit exclusif des plus riches, certains anciens socialistes font mine de s’interroger. Jean-Michel Clément propose alors la formation d’un groupe de « centre gauche », qui accompagnerait la majorité de façon complémentaire, sans lui être hostile.

La majorité macroniste s’est déjà fissurée à trois reprises un an seulement après avoir été élue !

Le 22 avril, Jean-Michel Clément vote contre la loi asile et immigration, et quitte le groupe LaREM. Il tente alors de créer le sien, et sollicite les 14 marcheurs qui se sont abstenus sur le texte. Mi-mai, rebelote. Si des non-inscrits sont de nouveau de la partie, dont Sylvia Pinel et Jean Lassalle, des membres du groupe UDI-Agir (également composé d’anciens LR ayant voulu se rapprocher de Macron) sont cette fois-ci tentés par l’aventure, dont les centristes Philippe Vigier et Charles de Courson. « Techniquement, on a les 15 », assure même Bertrand Pancher. Ce membre du groupe UDI-Agir et adhérent du Mouvement radical social-libéral (MRSL), créé en décembre 2017 afin de rassembler le Parti radical et le Parti radical de gauche, est alors pressenti pour devenir le président de ce huitième groupe, qui n’a finalement pas vu le jour. Et pour cause : à ce jour, la majorité des élus qui hésitent à franchir le pas disent à chaque fois ne pas vouloir siéger dans l’opposition, et finissent par renoncer.La fuite de quelques élus LREM vers un nouveau groupe parlementaire ne constitue pas un danger immédiat pour le parti d’Emmanuel Macron, qui de toute manière conservera la majorité absolue au sein de l’Assemblée nationale. Cependant, force est de constater que le groupe n’est plus aussi uni qu’à ses débuts et que des fissures commencent à apparaître entre ses membres, notamment sur le contenu des textes étudiés ainsi que sur la manière dont sont menés les débats et sur la démocratie au sein même du parti, ce qui pourrait remettre en cause la capacité du gouvernement à faire passer ses lois.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s