Plan pauvreté, le nouveau gadget de communication du président des riches

Reporté d’abord pour cause de foot puis pour cause d’affaire Benalla (qui n’est pas finie d’ailleurs), le plan pauvreté du gouvernement doit être annoncé ce jeudi. Après sa sortie polémique sur «le pognon de dingue» consacré aux minima sociaux car «les gens sont quand même pauvres» et «les gens qui naissent pauvres restent pauvres», Emmanuel Macron, le président des riches  va tenter de convaincre, qu’il lutte contre la pauvreté alors que son programme se résume à « Cure d’austérité pour les classes populaires et cadeaux pour les capitalistes ».

C’est avec un grand sourire, preuve de son mépris et de son cynisme, que la ministre de la santé annonce en juin le report du plan pauvreté pour cause de Coupe du monde de football

Reporté de mois en mois depuis mai dernier, le plan pauvreté d’Emmanuel Macron sera enfin présenté ce matin au musée de l’Homme. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le chef de l’État joue gros dans l’affaire. Au plus bas dans les sondages, il mise sur cette journée pour tenter de corriger son image de « président des riches » et donner une coloration plus sociale à ce début de quinquennat où tous les sacrifices ont été demandés aux plus précaires. L’entreprise de communication ne va pas être simple.

Ils et elles de plus en plus nombreux à fouiller les poubelles et à glaner sur les marchés pour pouvoir se nourrir. Parmi eux, de plus en plus de retraités et de jeunes.

Depuis son élection, l’empilement des mesures « pauvrophobes », pour reprendre l’expression de Benoît Hamon, donne le vertige. Baisse des dotations aux collectivités sur les budgets politiques de la ville, coup de massue sur les contrats aidés jugés inefficaces, diminution de l’indemnisation chômage, baisse de 5 euros des APL (aides au logement), hausse de la CSG pour les retraités, ponction sur le secteur HLM… La liste est déjà longue. Sans parler du vocabulaire suintant le mépris, dont cette dernière mise en scène élyséenne qui montrait, début juillet, un Macron en train de déplorer le « pognon de dingue » mis dans les minima sociaux.

Bref, jusqu’ici, aucun signal favorable pour les 8,8 millions de personnes vivant, en France, en dessous du seuil de pauvreté (1 026 euros mensuels pour une personne seule). Que peut, malgré tout, ce nouveau plan ? Mené dans le cadre d’une concertation avec les associations de lutte contre la pauvreté, il devrait avoir pour axe principal de s’attaquer à la « reproduction de la pauvreté ». Et proposera une longue série de mesures ciblant en priorité les enfants et les jeunes (lire encadré). Parmi les annonces clés que le président fera demain, l’une concerne notamment le versement unique et automatique des allocations à partir de 2019. Une mesure technique qui devrait faire diminuer le nombre de cas de non-recours aux droits mais qui ne dit rien sur le montant des budgets que l’État consacrera à l’ensemble des aides. Tout comme plane le doute sur le financement global du plan. Le chiffre de quatre milliards d’euros étalés sur le quinquennat est avancé. « Mais ce serait un budget moindre que celui alloué par le gouvernement Hollande, c’est insuffisant », prévient Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité.

32 ans qu’ils existent !!! Et chaque année les Restos du Cœur accueille de plus en plus de personnes démunies. Ce sont 135,8 millions de repas qui ont été distribués par l’association lors de la saison 2016-2017. Les Restos du Cœur ont malheureusement largement franchi la barre d’un milliard de repas servis depuis leur création…

Sur le fond, le scepticisme règne. Et c’est bien normal. Et, quelle que soit la teneur du plan annoncé, personne n’est dupe du double jeu du chef de l’État dans cette affaire. « On peut souhaiter aider les personnes à trouver du travail mais si parallèlement vous supprimez les contrats aidés et que vous réduisez massivement les hébergements d’urgence pour les familles, cela ne tient pas », tacle le président du Samu social, Éric Pliez. En réalité ce plan, ne sera gadget de plus de communication saupoudré de misérabilisme, un pansement sur une jambe de bois. Le risque de ce plan est qu’il découpe en tranches la question de la pauvreté alors qu’elle relève de l’ensemble des ministères mais surtout de changer de système.  « Le gouvernement ne s’attaque pas aux causes de la pauvreté, souligne Laurence Cohen, sénatrice PCF. C’est un double discours permanent. D’un côté, il fait les poches des plus pauvres avec ses économies de 57 millions d’euros sur quatre ans, dont 20 millions pour 2018, dans les centres d’hébergement. Il coupe les moyens des associations. Il détricote le droit du travail. De l’autre, il fait sa rentrée avec son plan pauvreté. C’est une opération de communication pure et simple. ». Et pour qu’un plan pauvreté ait de l’impact, il faudrait commencer par garantir un système de protection sociale solidaire. Et ça ce n’est pas du tout  au programme du président des riches.

Enquête du Secours Populaire : intensification de la pauvreté en France.

L’intensification de la pauvreté en France en 2018 poursuit une tendance inquiétante. Plus d’un tiers des Français y a été confronté comme les chiffres du nouveau baromètre Ipsos-SPF le montrent et ils sont nombreux à redouter l’avenir difficile réservé à leurs enfants. Voir ci-dessous, les éléments de l’Enquête du Secours Populaire.

POUR LIRE L’ENQUÊTE DU SPF, CLIQUEZ ICI : barometre_ipsos_spf-juin_2018

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