PERQUISITION, TOUT LE MONDE NE S’APPELLE PAS BENALLA

Tout le monde n’a pas la chance de s’appeler Benalla et d’être un petit protégé du président des riches et des très riches. Mardi, aux aurores, une fouille a eu lieu chez Jean-Luc Mélenchon, au siège de la FI, du PG et chez différents cadres du mouvement, qui dénonce une « police politique ». C’est vrai que contrairement à Benalla, cette fois les policiers n’ont pas attendu que l’intéressé trouve ses clefs !

C’est l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions qui intervient, selon une source proche du dossier citée par l’AFP, dans le cadre de deux enquêtes préliminaires ouvertes par le parquet de Paris. La première porte sur les emplois présumés fictifs d’assistants au Parlement européen. La seconde concerne les comptes de campagne de la présidentielle. Pour la France insoumise, pas de doute, il s’agit d’une « opération d’intimidation politique ». Dans une des vidéos postées sur les réseaux sociaux pendant la perquisition, Jean-Luc Mélenchon souligne la collision des agendas. « Voilà le début du nouveau ministre de l’Intérieur (Christophe Castaner) et du ministre de la Justice (Nicole Belloubet), dénonce-t-il. Voilà ce qu’ils sont en train de faire dans tout le pays, pour intimider et faire peur. »

Le député souligne également le deux poids deux mesures, citant l’absence d’intervention chez les cadres LaREM après le signalement sur les comptes de campagne d’Emmanuel Macron, ou les circonstances des perquisitions dans l’affaire Benalla. « Cela correspond à une logique qui a lieu un peu partout dans le monde, une espèce de judiciarisation des rapports politiques », ajoute le chef de file des Insoumis. Toujours dans la même vidéo, il appelle ses partisans à « résister », à ne pas « obéir aux ordres illégaux, immoraux, inacceptables » et à se rassembler devant le siège de la France insoumise.

C’était chose faite dès 11 h 30. Une conférence de presse s’improvise dans la foulée sur le trottoir de la rue de Dunkerque, à Paris. Le coordinateur de la FI, Manuel Bompard, annonce alors son intention de porter plainte après avoir été « violenté, agressé » lors de l’intervention des forces de l’ordre. « J’ai été attrapé par un policier par le cou et le bras », précise le candidat aux européennes. Les parlementaires et militants forcent ensuite le passage pour entrer dans leur siège. « La République c’est moi », lance notamment Jean-Luc Mélenchon à ce moment-là, arguant à plusieurs reprises d’une « faute de procédure ». En effet, les responsables administratifs de la France insoumise et de l’association l’Ère du peuple (qui a également son siège au 43, rue de Dunkerque) n’ont pas été autorisés à assister aux opérations et aucun procès-verbal n’a été délivré. Après plusieurs heures de perquisition, la police quittera les lieux sans que les responsables de la FI ne sachent ce qui est emporté.

Des voix se sont élevées à gauche après les perquisitions chez la France insoumise. « La mise en scène d’une opération policière contre un parti de l’opposition, la FI, est indigne de la part du pouvoir, qui avait plus d’égards pour M. Benalla », a notamment réagi Benoît Hamon (Génération. s). Les organisations représentatives des magistrats se sont inquiétées voilà quelques jours d’une reprise en main de la justice par l’exécutif. « Nous n’osons pas imaginer que ces événements en soient la manifestation. La lumière doit être faite dans les meilleures conditions démocratiques », ont demandé les députés communistes.

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