LA DÉROBADE DE MACRON FACE A LA COLÈRE DES MAIRES.

La Dérobade, excellent livre de  Jeanne Cordelier publié en 1976 dont le réalisateur  Daniel Duval fit en 1979 une  adaptation cinématographique,  toute aussi brillante, avec Miou-Miou dans le rôle principal.  La dérobade c’est aussi une action d’esquiver une difficulté, de se soustraire à une obligation, à un devoir, à une promesse. C’est une reculade.  Le terme parfaitement approprié pour définir la reculade du président des riches et des très riches face aux maires de France.

Emmanuel Macron, qui s’était engagé l’an passé à se rendre chaque année au congrès de l’Association des maires de France (AMF), n’ira pas. Encore une promesse non tenue. Mais nous en avons l’habitude et la lassitude. Il recevra à l’Élysée ceux qui voudront s’y rendre. Jacqueline Gourault, la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, dont le titre à rallonge est inversement proportionnel à sa marge de manœuvre, s’efforçait hier de botter en touche en opposant les maires, qu’elle assure rencontrer sur le terrain, à l’AMF, « qui exprime moins d’envie de dialoguer avec le gouvernement et semble dans une posture plus politique ».

Alors que plus de 10 000 maires sont réunis depuis mardi 20 novembre à la Porte de Versailles, ce n’est pas vraiment mettre de l’huile dans les rouages grippés des rapports entre l’exécutif et les élus locaux. Rappelons aussi l’épisode de « BalanceTonMaire », il y a quelques semaines, où des élus de la République en marche invitaient à dénoncer ceux qui n’avaient pas appliqué la baisse de la taxe d’habitation. On peut entendre dans ces conditions cette question de François Baroin, le président de l’AMF, laquelle regroupe des maires de tous bords : « Les élus locaux sont-ils rangés dans la catégorie des corps intermédiaires bloquants d’une société repliée sur elle-même ? »

Le souverain Macron ici en compagnie d’un des grands patrons de France, adepte de la casse du Code du travail, Carlos Ghons. Ce dernier, PDG de l’alliance Renault-Nissan, a été arrêté lundi 20 novembre au Japon, sur la base de soupçons de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux au titre de ses fonctions chez le constructeur nippon. Une déchéance brutale pour cette star mondiale du CAC 40 et de l’automobile qui se croyait intouchable.

À bien y regarder, il semble que oui. La pression financière exercée sur les communes est une mise en cause de la démocratie. Comment une ville comme Bezons,  a qui les gouvernements Hollande et Macron ont volé près de 8 millions d’euros peut-elle maintenir l’ensemble ses services publics et prendre en charges ceux  que l’État lui délègue, sans concertation, sans moyens financiers supplémentaires ?  Quels choix pour une commune quand elle est conduite à gérer l’austérité contre les attentes des citoyens ? C’est sans doute le but recherché et c’est l’une des raisons qui font que près de 50 % des maires ne veulent pas se représenter. En réalité, pas plus qu’il ne veut répondre aux gilets jaunes, le président de la République ne veut entendre les élus les plus proches des citoyens avec la volonté d’imposer sa politique avec son clan de fidèles et sa majorité parlementaire de godillots, contre l’opinion et les élus s’il le faut. Son absence, Porte de Versailles, plus qu’une promesse non tenue, a les allures d’une provocation. Décidément en Macronie le respect ne s’applique que pour les banquiers, les spéculateurs, les grands patrons, les plus riches…que pour le pognon !

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